Publié le 11 Feb 2026 - 13:26

Tensions à l’UCAD

 

La Coalition Fagaru, « Les Sentinelles de la République », a exprimé, ce 10 février 2026, sa « plus vive indignation » face à la situation qu’elle qualifie d’« alarmante » dans les universités sénégalaises, particulièrement sur les campus sociaux. Dans une déclaration rendue publique à Dakar, l’organisation condamne fermement l’intervention des forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) et affirme avec « force et clarté » son opposition à toute répression dans les espaces universitaires. « L’université est, par essence, un sanctuaire du savoir, de la pensée critique et de la liberté.

Elle ne saurait être transformée en champ d’intervention sécuritaire », soutient la coalition. Fagaru replace les tensions actuelles dans un contexte social marqué, selon elle, par le non-paiement des arriérés de bourses, le dysfonctionnement ou la fermeture des restaurants universitaires et une précarité croissante des étudiants. La mobilisation en cours serait ainsi « le cri d’alarme d’une jeunesse abandonnée » et non un simple mouvement d’humeur.

Les événements survenus lundi à l’Ucad sont jugés « d’une extrême gravité » par la coalition, qui fait état de dizaines d’interpellations, de plusieurs blessés graves, de destructions de biens personnels et du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. FAGARU dit s’incliner devant sa mémoire et présente ses condoléances à sa famille ainsi qu’au peuple sénégalais.

...Pointant la responsabilité du gouvernement, l’organisation estime que l’envoi de forces d’élite lourdement armées pour faire face à des étudiants désarmés constitue « une faute grave » et appelle au respect des franchises universitaires. Elle exige le retrait immédiat des forces de l’ordre des campus sociaux. Tout en dénonçant « une escalade inacceptable », la coalition plaide pour un dialogue « sincère » entre les autorités et les étudiants. Celui-ci devrait, selon elle, s’accompagner de mesures concrètes : paiement immédiat des arriérés de bourses, réouverture effective des restaurants universitaires et prise en charge des blessés. Fagaru interpelle également les autorités sur la cohérence entre les discours et les actes, rappelant que l’année 2026 a été proclamée « année de la jeunesse et de l’emploi ». « On ne peut célébrer la jeunesse tout en la réprimant », souligne la coalition. Enfin, elle rappelle le rôle historique de la jeunesse estudiantine dans les luttes démocratiques au Sénégal et appelle à « la dignité, au respect et à la justice » pour les étudiants.

Section: