Publié le 24 Apr 2026 - 12:28

Un ASP écroué à Tambacounda

 

Un agent de sécurité de proximité (ASP), identifié sous les initiales S. A. Ba, a été déféré devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tambacounda avant d’être placé en détention, il y a quelques jours. Il est poursuivi pour complicité de faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que pour obtention indue de documents administratifs sénégalais. Selon des informations concordantes, l’arrestation du suspect remonte au jeudi 16 avril, à la suite d’une opération menée par les éléments du Bureau de surveillance, d’interpellation et de filature (BSIF), agissant sur instruction de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de Tambacounda. Le mis en cause a été interpellé dans la commune de Ndame, dans le département de Koumpentoum.

L’enquête a été déclenchée après un signalement portant sur deux extraits de naissance jugés suspects. Les investigations menées par les services compétents ont conduit à l’envoi de réquisitions à la mairie de Ndame et au tribunal d’instance de Koumpentoum. Les résultats ont confirmé l’existence d’extraits de jugement d’autorisation d’inscription de naissance établis au profit de deux individus, A. Ba et F. Diallo, suivis de leur transcription dans les registres d’état civil de l’année 2024. Poursuivant leurs investigations, les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de S. A. Ba, en début d’après-midi du 16 avril.

...Affecté à l’état civil de la commune de Ndame depuis 2017, après sa formation, il était chargé notamment de la transcription des documents administratifs, de la production d’actes d’état civil et du montage de dossiers pour les audiences foraines. Lors de son audition, le suspect a reconnu avoir confectionné frauduleusement ces documents pour le compte d’un ressortissant guinéen, identifié comme A. Ba, moyennant la somme de 35 000 FCFA.

Il a également admis avoir transcrit des extraits de naissance dans les registres officiels sur la base de jugements obtenus frauduleusement lors d’une audience foraine tenue le 28 novembre 2024 à Ndame, à partir de fausses déclarations. Dans ses aveux, S. A. Ba a indiqué que le commanditaire ne disposait d’aucun document prouvant une origine sénégalaise et que les pièces produites reposaient sur de fausses identités. Il a précisé que ce dernier lui avait fourni des photocopies de pièces d’identité appartenant à des tiers, notamment celles d’un chef de village et d’un autre individu, censés servir de témoins.

Auditionnés à leur tour, les personnes citées ont catégoriquement nié toute implication, affirmant que leurs identités avaient été usurpées et qu’elles ne s’étaient jamais présentées devant le tribunal pour participer à une audience foraine. Le mis en cause a par ailleurs révélé que son commanditaire lui avait demandé de poursuivre ces pratiques en obtenant d’autres extraits de naissance et des certificats de nationalité selon le même procédé frauduleux, une requête qu’il dit avoir refusée. Initialement prévu pour être jugé cette semaine, le dossier a finalement été renvoyé à une date ultérieure, fixée à la semaine prochaine. Cette affaire relance la question de la fiabilité des procédures d’établissement des actes d’état civil, notamment dans le cadre des audiences foraines.

Section: