Publié le 22 Mar 2021 - 22:36
VIOLENCES À PIKINE

Des pierres et des bombes à gaz mettent fin à l’AG de BBY

 

L’Assemblée générale de la coalition BBY de Pikine s’est terminée, hier, en queue de poisson. Une bagarre a éclaté entre des militants de l’APR.

 

A l’heure de la violence, les trains des formations politiques n’arrivent jamais en retard. Des scènes d’une violence inouïe ont été enregistrées, hier, à Pikine où la coalition Benno Bokk Yaakaar avait battu le rappel des troupes, le temps d’une assemblée générale. S’inscrivant dans une longue tradition de violences, leur raout organisé dans l’enceinte de la mairie de la ville de Pikine s’est terminé en coups de poing, jets de pierres et usage de bombes à gaz.

Et pourtant, il y avait du beau monde. Outre le ministre de l’Environnement et du Développement durable Abdou Karim Sall, initiateur de la rencontre, étaient présents le coordinateur départemental Abdoulaye Thimbo, le député Awa Niang, les maires de la commune de Pikine-Ouest Pape Gorgui Ndong et de Yeumbeul Nord Daouda Ndiaye, etc.

Au moment où le ministre était en train de lire son discours, un groupe de jeunes, membres de l’APR active, qui sont hostiles au maire de Pikine, ont fait irruption. Sentant le danger, les proches d’Abdoulaye Thimbo se sont interposés. L’un d’entre eux a usé d’une bombe à gaz, pour en asperger les nouveaux arrivants. Ils ne se sont pas laissé faire. Ils ont répliqué par des jets de pierres. Ce fut le sauve-qui-peut. Les femmes, en nombre, ont pris leurs jambes à leur cou. Les coups de poing ont fusé de partout. Les gardes du corps ont formé une ceinture de sécurité autour de leurs patrons. Il en a été ainsi pendant plus d’une heure, en l’absence des forces de défense et de sécurité.

Devant ce tohu-bohu, militants et responsables ont vidé les lieux, laissant les commentaires aller bon train et une institution balafrée.

Face à ce fiasco, le président du parti Convention citoyenne Néneene, Modou Guèye, membre de la coalition BBY, n’a pas mâché ses mots. A ses yeux, ce qui s’est passé n’est que la résultante des graines de la division, semée par certains responsables du département. ‘’Qui sème la division, récolte ce qu’on a vu, aujourd’hui. Malheureusement, les responsables que nous avons ne sont pas à la hauteur des attentes du président de la République. Je suis désolé de le dire, car je ne peux pas être dans ces considérations. Nous responsables, nous devons nous unir, unir nos forces. Pour cela, nous devrons être humbles, unitaires et rassembleurs. Ce qu’on n’a pas, malheureusement, aujourd’hui, dans le département de Pikine. Ces images que l’on voit ne reflètent pas l’image de Pikine, sa jeunesse. Nous voulons l’unité. Nous voulons travailler aux côtés du chef de l’Etat. Il nous faut être plus responsables’’, déclare M. Guèye avec dépit.

Abdou Karim Sall offensif contre Sonko

Dans son discours avant la bagarre, le ministre Abdou Karim Sall s’était attaqué à Ousmane Sonko. ‘’Sonko nous dit, dans une de ses déclarations, que la peur a changé de camp. N'est-ce pas là un aveu de taille que la peur, au moins, était dans son camp. Eh bien, je vous confirme que la peur est toujours dans son camp, pour la simple est bonne raison que notre ami a toutes les raisons d'avoir peur. Quand on vous accuse d'un crime aussi grave que le viol et tout ce que vous avez comme ligne de défense est de faire croire à un complot, c'est parce que vous avez perdu la sérénité. La peur est donc bien dans votre camp’’, a-t-il martelé.

Avant d’ajouter qu’ils ne vont plus accepter, qu'à chaque fois qu'un avocat décide de défendre un autre Sénégalais, parce que n'étant pas convaincu qu’Ousmane Sonko est blanc comme neige, sa maison soit saccagée puis brûlée. Qu'à chaque fois qu'un groupe de presse ne prend pas fait et cause pour lui dans une affaire qui l'oppose avec un autre citoyen sénégalais, que ses locaux soient saccagés et les véhicules des journalistes brûlés. Qu'à chaque fois qu'une presse en ligne décide d'être à égale distance des parties dans l'affaire qui l'oppose à Adji Sarr, que ces journalistes fassent l'objet de menaces de mort et soient pourchassés comme des malpropres. ‘’Qu'à chaque fois qu’Ousmane Sonko n'a pas d'intérêt personnel dans un business, demande à ses partisans de le mettre à genoux. Qu'un honnête citoyen ne partage pas sa vision, que ses biens soient détruits, que sa maison soit saccagée et brûlée, et qu'il fasse l'objet d'injures à longueur de journée dans les réseaux sociaux. Enfin, nous ne pouvons plus accepter que d’honnêtes citoyens sénégalais continuent de vivre dans la terreur qu’Ousmane Sonko veut nous imposer’’, promet-il.

CHEIKH THIAM

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