Publié le 18 Nov 2017 - 23:21
ZIMBABWE ROBERT MUGABE

Situation politique toujours confuse au Zimbabwe

 

 

Vendredi, Robert Mugabe a fait sa première apparition publique depuis le coup de force militaire de mercredi. Le président a assisté aux côtés du chef d'état-major à une remise de diplômes dans une université d'Harare. Une opération qui permet à l'armée de montrer que l'état de droit prévaut encore au Zimbabwe. Mais dans les faits, la situation politique semble dans une impasse puisque Robert Mugabe refuse de démissionner.

 

Selon la Constitution du Zimbabwe, le vice-président succède au président en cas de démission. Un scénario catégoriquement refusé par Robert Mugabe jeudi dernier.

Autre solution, un gouvernement de transition pourrait prendre le relais de l'armée, le temps d'organiser des élections. Une option qui pourrait contenter le vice-président, Emmerson Mnangagwa, fort du soutien de l'armée et des anciens combattants de l'indépendance. Mais là encore, il faut la démission du président en poste.

Appel à manifester samedi à Harare

Reste donc à destituer Robert Mugabe. Cette procédure est prévue par la Constitution, si les deux tiers du Parlement en font la requête. Mais sept jours doivent s'écouler entre la demande de destitution et le vote. Et sept jours, cela peut paraître long quand on maquille un coup d'Etat.

Inutile d'essayer de saper la légitimité de Robert Mugabe au sein de son parti, la Zanu-PF. Les statuts du parti ne prévoient pas de procédure de destitution. Néanmoins, huit des dix sections provinciales de la Zanu-PF réclament son départ à la retraite. Le ton est moins modéré lorsqu'il est question de la « cabale » de la première dame, Grace Mugabe. Des militants demandent aussi qu’on fasse un procès au ministre Jonathan Moyo, son éminence grise. Sur les réseaux sociaux circule une vidéo qui aurait été inimaginable il y a quelques jours encore : un militant du parti dans une rue de Bulawayo invite les passants à manifester contre Robert Mugabe.

Reste donc cet appel à manifester ce samedi après-midi dans les rues d'Harare, lancé par le chef des anciens combattants de la guerre d'indépendance du Zimbabwe, Christopher Mutswanga, et la société civile. La manifestation est autorisée par la police. Si le peuple se montre nombreux dans les rues et que des membres de la Zanu-PF se déplacent, il sera difficile pour Robert Mugabe d'asseoir sa légitimité.

Christopher Mutswanga: «La partie est terminée, achevée, finie»

Les « War Vets », pourtant autrefois piliers du régime, sont devenus ces dernières années critiques du régime. Les anciens combattants sont environ 30 000, mais au-delà de leur nombre, c’est surtout l’aspect psychologique de ce soutien qui est important. C’est grâce à eux et l’armée que Robert Mugabe a réussi à se maintenir aussi longtemps au pouvoir.

« Nous soutenons l'armée du Zimbabwe. Elle est encore une fois entrée dans l'histoire du pays. Les militaires ont pris la décision importante d'arrêter les éléments perturbateurs du gouvernement. C'est une intervention militaire judicieuse et complètement pacifique. Ils se sont bien occupés du vieil infidèle qui avait perdu le contrôle de sa femme cinquantenaire (...) Les généraux ont fait un travail formidable pour le peuple du Zimbabwe. Entre aujourd'hui et demain, nous lançons un avertissement important à Mugabe, à sa femme et à toute personne qui serait toujours à ses côtés. La partie est terminée, achevée, finie. Nous ne patienterons pas plus longtemps. »

Quel rôle pour la SADC dans la crise au Zimbabwe ?

L’organisation régionale, réunie d’urgence jeudi au Boswana, a appelé à un sommet extraordinaire sur le Zimbabwe. Aucune date n’a été fixée. Pour l’instant, l’organisation a simplement appelé le Zimbabwe à rester dans le cadre de la Constitution. Une annonce qui fait grincer des dents dans le pays où une pétition a commencé à circuler pour demander à la SADC de se mêler de ses affaires. Vendredi soir, environ 40 000 personnes l’avaient déjà signée. Elles ne veulent pas d’une sortie de crise négociée mais du départ immédiat de Robert Mugabe, qualifié de « dictateur ».

Pour Hardlife Mudzingwa, de la société civile, la SADC n’a jamais rien fait pour les Zimbawéens et ne doit pas intervenir pour sauver Robert Mugabe : « La SADC se conduit comme une clique autour de quelqu’un qui a été violé, lui disant de pardonner le violeur sous prétexte qu’il fait partie de la famille. Mais les Zimbabwéens sont victimes depuis trop longtemps. Et le sentiment général est que la SADC ne doit pas intervenir. Dans le passé, sa conduite a été déplorable. L’organisation a totalement failli à son devoir de faire respecter la démocratie, alors que les Zimbabwéens étaient victimes de violence à chaque fois qu’ils manifestaient. C’est pour cela que les gens ne veulent pas de la SADC, ne veulent pas qu’elle bloque ce qui est en train de se passer. »   

RFI

 

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