Le désarroi de F. P. Diallo
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Il y a un mois, à Sinthiou Malème, une jeune fille a été victime d'un viol. Aujourd'hui, elle a appris qu'elle est enceinte et s'inquiète pour son avenir et s’interroge sur son enfant à naître.
F. P. Diallo est une jeune fille en classe de terminale, domiciliée au village de Sinthiou Malème. Le 18 octobre dernier, sa vie a basculé. Elle a même frôlé la mort. Vers 21 h, cette nuit-là, elle se rendait à la boutique, au quartier Tigo, lorsqu’arrivée dans un endroit sombre, comme c'est le cas dans plusieurs ruelles du village, un homme armé d’un couteau l’a prise par derrière, terrassée et étranglée. Elle s’est débattue, mais n’a pu rien faire face à la force de son violeur, qui a réussi à lui arracher les habits, avant de la violer. "Il m'a déviergée et a gâté ma vie, sans que je ne puisse faire quelque chose. Je ne pouvais pas crier. Il m'a étranglée et m'a blessée avec son couteau au pied", confie-t-elle.
Son bourreau, après avoir satisfait sa libido, a pris la poudre d'escampette, la laissant dans un état piteux, près du coma. Mais, dans sa fuite, le violeur a laissé sur les lieux sa pièce d'identité qu'il a perdue lors de la bagarre avec la victime.
Le corps perclus, incapable de marcher, elle s’est mise à crier de toutes ses forces, lorsqu’elle a été libérée. Ses multiples cris de détresse sont parvenus aux voisins qui ont accouru à son secours. Elle a d'abord été acheminée chez elle, avant d'être évacuée d'urgence à l'hôpital où un certificat médical avec une ITT de 30 jours lui sera délivré. Elle a déposé alors une plainte à la brigade de gendarmerie.
Grâce à la carte nationale d'identité retrouvée sur les lieux du crime, l'auteur a rapidement été identifié. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Sinthiou Malème ont retrouvé sa trace et l’ont arrêté. Il croupit actuellement à la Maison d'arrêt et de correction (Mac) de Tambacounda où il attend son jugement.
"Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire à mon enfant ?"
Quant à la fille âgée de 22 ans, qui doit faire cette année la classe de terminale, son avenir est hypothéqué. Elle se trouve dans un état psychologique traumatique. Pire, elle est sortie de cette incidence avec une grossesse d'un mois. La demoiselle Diallo se demande ce qu'elle va devenir. Elle s'interroge aussi sur l'avenir de cet enfant qui va naître.
"Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ?", se demande-t-elle. La jeune fille entend néanmoins garder l’enfant car, dit-elle, il n'est en rien responsable des circonstances de sa procréation.
Selon Sadou Diallo, encore très affecté par le viol de sa fille, celle-ci était très ambitieuse et avait beaucoup de projets. Aujourd'hui, ses études sont remises en cause. Célibataire avec une grossesse, son avenir s'annonce incertain et compliqué, ajoute-t-il. N'ayant trouvé de soutien, ni de la part des autorités encore moins des défenseurs de la cause féminine, il dit s'en remettre à Dieu.
Sokhna Dieng, maman de la victime, invite la justice à faire son travail et que le prévenu soit mis hors d'état de nuire. Selon elle, aucune mère ne doit endurer cette situation.
La population de cette localité, encore sous le choc, déplore le manque d'éclairage dans les quartiers. Selon elle, cette situation aurait pu être évitée, avec de l'éclairage public. Les habitants interpellent les autorités locales et invitent les forces de l'ordre à effectuer des patrouilles inopinées et fréquentes pour dissuader certains criminels.
BOUBACAR AGNA CAMARA