Publié le 19 Sep 2012 - 22:53
ABSENCE DE CADRE JURIDIQUE

Ce qui encourage la contrefaçon au Sénégal

 

La contrefaçon est un véritable fléau qui gangrène notre économie. Mais l’environnement juridique n’autorise pas la douane à mener des répressions contre les contrefacteurs. Ce qui nécessite de parfaire le code des douanes pour mieux faire face au phénomène.

 

La douane sénégalaise compte ratisser large. Après la lutte contre le trafic de drogue pour lequel un atelier se tient depuis lundi à Dakar entre les douanes de la sous région, sur la “mutualisation du renseignement fluvial et maritime“, les soldats de l’économie veulent contrecarrer la contrefaçon, un autre fléau, qui menace l’économie du pays. Mais, pour combattre ce fléau, il est important de parfaire l’environnement judiciaire qui doit être mis à jour, selon le directeur général des douanes, Mouhamadou Makhtar Cissé. “C’est difficile aujourd’hui de réprimer parce que dans le code des douanes, la contrefaçon n’est pas interdite. C’est pourquoi nous ne pouvons pas le réprimer comme nous réprimons la contrebande. Il faut parfaire l’arsenal juridique, aller vers une réforme du code pour pouvoir faire de la contrefaçon un délit douanier“, soutient-il.

 

Pour mieux lutter contre la contrefaçon et le piratage, la douane sénégalaise a lancé hier, l’outil Interface public-membres (IPM), une initiative de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) en matière de lutte contre la contrefaçon. Aujourd’hui, la contrefaçon a embrassé tous les secteurs d’activités. Face à la complexité du problème, l’IPM va permettre à la douane et aux titulaires de droits d’identifier tous les objets contrefaits. “C’est difficile aujourd’hui de distinguer un produit contrefait. Parfois même, on a des problèmes pour faire la différence entre le produit contrefait et le vrai. L’IPM nous permet cet échange d’information, d’augmenter une base de données pour permettre aux services de répression que sont les douanes d’être à niveau pour pouvoir distinguer le vrai du faux“, explique M. Cissé.

 

La contrefaçon n’est pas un délit douanier

 

La seule manière de contrecarrer le fléau est, selon Mouhamadou Makhtar Cissé, de “porter des coûts décisifs aux entreprises de contrefaçons au profit de l’économie nationale“ dans la mesure où la contrefaçon n’est pas reconnue comme un délit de douane. “De façon générale, c’est la contrefaçon qu’il faut combattre. Ce n’est pas un délit de douane et les sanctions ne sont que la saisie, la destruction. Il n’y a pas de sanction au niveau douanier“, déplore-t-il.

 

Les entreprises sont appelées à adhérer à l’outil interface public-membres, pour donner le maximum d’information sur leurs produits. La meilleure manière de contrarier la contrefaçon, c'est de mener une forte sensibilisation soutenue par les dirigeants politiques, estime le Secrétaire général de l’OMD, Kunio Mikuriya. “L’IMP agit pour la protection des consommateurs. Il y a beaucoup de produits contrefaits qui entrent dans nos pays, notamment les faux médicaments, les fausses pièces détachées ou les produits cosmétiques. Il se pose vraiment un risque sur la santé et la sécurité des consommateurs. Il faut un cadre juridique qui pourra permettre aux douaniers de travailler convenablement dans la lutte contre ce fléau“, assure M. Mikuriya.

 

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

 

Section: 
SAINT-LOUIS - TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : Une seconde centrale solaire de 40 millions d’euros inaugurée à Bokhol
COOPÉRATION ÉCONOMIQUE : Bassirou Diomaye Faye reçoit la nouvelle cheffe de mission du FMI
LIQUIDATIONS DOUANIÈRES DANS LE SUD : La barre des 5,7 milliards FCFA franchie en 2025
RÉMUNÉRATION SUR LA COPIE PRIVÉE : Diomaye Faye donne l’ordre d’appliquer la loi
ECONOMIE - SENEGAL : Le PIB progresse de 0,8 % au troisième trimestre 2025, porté par le secteur secondaire
TAXE EXPORTATION ARACHIDE : Le Gouvernement cède face au mal paysan
TAUX DE CHÔMAGE DANS LE MONDE : 186 millions de chômeurs attendus en 2026
Convention Cosec-Ageroute
Investissement du fonds mondial au Sénégal
Politique sectorielle
RELATIONS AVEC LE FMI : Bassirou Diomaye Faye reçoit le Directeur du département Afrique du FMI
DÉFIS LIÉS À LA SANTÉ EN AFRIQUE La demande de Bassirou Diomaye Faye aux dirigeants africains
PUBLICATION RAPPORTS ARCOP 2022-2023 : Principaux enseignements
CLIMAT ET POLITIQUE Un cocktail délicat
VIE CHÈRE, LIBERTÉ PUBLIQUE, JUSTICE…. : Le Fdr marche ce 31 octobre
POLITIQUE SOCIALE ET POUVOIR D’ACHAT Ousmane Sonko annonce la baisse des prix de l’électricité et des carburants
GREEN ACADEMY 2025 : 20 jeunes formés pour la souveraineté alimentaire au Sénégal
NOUVEAU PROGRAMME : Le FMI est là !
TRANSPARENCE DES FINANCES PUBLIQUES : Quand le FMI alertait sur le niveau de la dette et les dysfonctionnements du système
Financements systèmes de santé