Publié le 15 Nov 2024 - 18:41
LE SYNPICS ET CONI IA LANCENT UNE FORMATION

Vers une révolution technologique du secteur médiatique

 

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), en partenariat avec le Conseil international de l’intelligence artificielle (Coni IA), a lancé, hier à Dakar, une session de formation en intelligence artificielle (IA) destinée aux journalistes et techniciens de l’information au Sénégal.  En effet, cette session de formation qui compte 135 journalistes et techniciens se tient jusqu’au 15 novembre 2024.

 

La maison de la presse Babacar Touré, a accueilli, hier, la cérémonie d’ouverture destinée à une session de formation sur l’intelligence artificielle (IA). Selon le secrétaire général du Synpics, Bamba Kassé, ce programme de formation a déjà été déployé avec succès au Togo et en Côte d'Ivoire. ‘’On a eu vent de ce programme qui s'appelle Media Afrique et qui est déroulé par le Conseil international de l'intelligence artificielle (Coni IA) basé à Lomé. C'est 200 journalistes et techniciens qui ont été formés à l'intelligence artificielle au Togo et en Côte d’Ivoire. Nous, Sénégalais, nous avons un intérêt à ce que ce même programme vienne également dans notre pays’’.

Il a rappelé que cette formation vise à  fournir aux bénéficiaires des compétences essentielles pour l’utilisation de l’IA dans les pratiques professionnelles des journalistes. ‘’L’objectif de cette formation, c'est d'abord de mieux connaître ce qu’est l'intelligence artificielle, parce qu’on en entend parler. Ce sont des concepts qui sont là et malheureusement, si l’on ne les connaît pas bien, on ne peut pas les apprivoiser pour pouvoir les utiliser dans le cadre de notre travail’’’.

En outre, selon le SG du Synpics, cette initiative vise à fournir à 135 journalistes et techniciens des compétences essentielles pour l’utilisation de l’IA dans leurs pratiques professionnelles.  

Il a reconnu, au fil de son intervention, que l’arrivée de l’Internet a bouleversé les médias classiques au Sénégal. ‘’Quand Internet est venu  au Sénégal en 2000, les médias classiques l’ont snobé au point qu’aujourd'hui, ils sont dans un rattrapage continu’’, a-t-il dit.

Par conséquent, ne voulant pas vivre la même chose aujourd’hui, les journalistes sénégalais doivent  le plus possible savoir ce qu’est l’intelligence artificielle. ‘’Ils devront savoir ce qu’est l’IA,  bénéficier des avantages de l'IA et qu’ils puissent  l’utiliser pour éviter les pièges de la désinformation et des fake news’’. Autrement dit, il est important que les journalistes aient connaissance des limites et des implications de cette technologie pour en faire un usage conforme aux valeurs de transparence, de véracité et de respect du public. 

Dans le même sens, le représentant du Coni IA, Jérôme Ribeiro, soutient que grâce à cette formation, les journalistes et techniciens pourront faire parler de leurs talents. ‘’Les différentes clés de lecture vous seront données afin que vous ayez une compréhension claire de cet outil. Mais surtout, vous allez parler de vos talents. Des talents que vous avez au Sénégal, parce que le talent, vous en avez énormément’’, a-t-il dit aux apprenants du jour.

L’intégration de l'IA, une avancée pour rehausser la qualité du journalisme national et un facteur clé pour le fact-checking

L’intégration de l’IA dans le secteur de la presse sénégalaise n’est pas seulement une avancée technologique, mais c’est une formation d’une grande importance pour le public et pour le gouvernement, car elle permet d’améliorer des situations. Le directeur général du Bureau information et communication du gouvernement (Bic-gouv) Mame Gor Ngom, revient sur des maux comme le nivellement par le bas, de nouvelles orientations comme le fact-checking, ou des concepts comme l’éthique et la disponibilité de l’information. ‘’Cette formation permet d'empêcher ce qu'on appelle souvent le nivellement par le bas. C'est cette médiocrité ambiante, cette impression que les journalistes sénégalais sont nuls’’, selon le DG.

En effet, il explique que cette impression présente les journalistes sénégalais comme des acteurs des médias qui ne s'intéressent pas aux grandes préoccupations du moment. ‘’Donc, cette initiative vient à son heure, parce qu'elle permet d'améliorer un certain nombre de choses’’, se réjouit-il.  

Il souligne, par ailleurs, qu’en sa qualité de directeur général du Bureau d'information et de communication du gouvernement, son rôle et celui de son équipe sont de rendre disponible l’information. ‘’(...) On ne peut pas parler de l'IA quand les données ne sont pas disponibles. Il y a l'intelligence artificielle, mais avant l'intelligence artificielle, il y a l'intelligence tout court’’, ce qui signifie qu’il faut des données et des informations disponibles pour que l'IA joue vraiment son rôle. ‘’Nous allons jouer notre rôle pleinement pour que les journalistes aient l'information’’, a-t-il promis.

Il a souligné la pertinence de l’IA face au le fact-checking, en détectant les fausses informations et en permettant aux journalistes de se concentrer davantage sur l’analyse approfondie de sujets complexes. ‘’Cela empêche aussi un certain nombre de dysfonctionnements’’, a-t-il dit.  L’IA met en lumière l'importance du fact-checking, qui est une pratique ancrée dans la vérification et la triangulation des sources, qui constitue l'essence même du journalisme. Combinée à des outils comme Full Fact et Heliograf, déjà utilisés par certains médias pour automatiser cette vérification, cela permettrait aux journalistes de libérer du temps pour des enquêtes plus poussées. ‘’Donc, cette formation participe à écarter ces préjugés’’.

Néanmoins, il recadre son argumentaire, en mettant l’accent sur les limites et les risques de l’IA. ‘’Il y a des effets pervers, tout de même, parce que l'intelligence artificielle n'est pas parfaite. Elle a ses défauts et elle peut même causer d’énormes problèmes. Il faut l’utiliser avec beaucoup de prudence et de sérieux’’.

D’après lui, l’IA est une aide à la décision, car ce ne sont pas des machines qui décident à notre place.  Ça aussi, il faut qu'on le sache et surtout au niveau de l’Afrique. Il renchérit par des exemples comme la possibilité de perte d’emplois due à l’automatisation. Certaines fonctions risquent de se voir remplacées et cela affecterait le marché de l’emploi.

Mais il reconnaît que si l’IA est encadrée avec discernement et intelligence, elle peut améliorer considérablement la qualité de l’information.

THECIA P. NYOMBA EKOMIE

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