Publié le 6 May 2025 - 18:18
JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE À DAKAR 2025

Le MJGS interroge sur l’impact de l’IA sur la liberté de la presse

 

Samedi dernier à Dakar, le Mouvement des jeunes journalistes gabonais au Sénégal (MJGS) a organisé, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une conférence sur le thème ‘’L’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse’’. Un sujet d’actualité qui a suscité un grand intérêt auprès de la diaspora gabonaise et des jeunes professionnels des médias sénégalais.  

 

Le samedi 3 mai dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le campus 3 de l’Institut d’entrepreneurship et de gestion (Iseg) a accueilli un événement consacré à la réflexion critique sur l’irruption de l’intelligence artificielle (IA) dans le champ médiatique. Organisé par le MJGS, cet échange d’envergure visait à éclairer les multiples enjeux soulevés par l’usage croissant de l’IA dans les pratiques journalistiques. Pour marquer l’importance de cette problématique, le choix du parrain s’est porté sur le journaliste gabonais, consultant en communication et président de l’Association des professionnels de l’information et de la communication (Apic Gabon), Dorian Ondo. À ses côtés, deux autres intervenants de qualité ont enrichi les discussions, à savoir le journaliste et consultant en culture artistique et multimédia à la RTS, Yann-Michaël Onanga Imalet et Emmanuel Bakaka, ingénieur en informatique, spécialisé en réseaux et télécommunications.

À cet effet, leurs interventions croisées ont permis de poser un regard à la fois critique, éthique et prospectif sur l’avenir de la liberté de la presse à l’ère des technologies intelligentes.

L’événement, qui s’est tenu dans une ambiance à la fois studieuse et festive, a rassemblé un public nombreux. Parmi les personnalités présentes, la présence du conseiller culturel de l’ambassade du Gabon au Sénégal, Boukal Oumare Backo, les présidents d’associations gabonaises au Sénégal et bien d’autres personnalités de la communauté gabonaise au Sénégal.

Après l’exécution de l’hymne national du Gabon, le vice-président du MJGS, Alvin Obiang, a souligné dans son discours toute l’importance de tenir un événement de cette envergure. ¨La Journée internationale de la liberté de la presse est un moment fort pour nous journalistes, communicateurs et citoyens engagés pour la vérité¨, a-t-il dit en insistant sur le fait que le 3 mai n’est pas une date anodine. ¨Elle symbolise un combat mondial pour défendre ce droit fondamental : celui d’informer et d’être informé librement. La liberté de la presse est un pilier de toute démocratie. Sans elle, il n’y a ni transparence, ni justice, ni participation citoyenne réelle. C’est elle qui permet à la vérité de circuler, aux peuples de s’exprimer et aux gouvernants d’être tenus responsables de leurs actes", a-t-il insisté.

D’après le vice-président, ce que le MJGS voudrait, c’est porter une voix nouvelle dans l’espace médiatique gabonais et africain. Une voix libre, engagée, formée aux enjeux du numérique, de l’éthique et de la vérité. Il déclare : ¨Nous voulons créer des passerelles entre le savoir acquis ici et les réalités de notre pays d’origine. Nous voulons nous positionner comme acteurs du changement, au service d’un journalisme plus responsable, plus proche des citoyens, plus résistant face aux menaces de l’intelligence artificielle mal utilisée, de la censure et de la manipulation. Un message qui trouve écho auprès des panélistes présents à cet événement qui ont également mis en avant la pertinence de cette conférence.

Pour le journaliste Dorian Ondo, la responsabilité est un pilier fondamental dans la pratique du journalisme. ¨Concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle dans ce domaine, il est essentiel de placer la responsabilité au centre des préoccupations, car l'IA, en journalisme, pourrait donner l'illusion d'une trop grande facilité¨, a-t-il souligné.  

Toutefois, selon lui, l’intelligence artificielle pourrait constituer une solution face au syndrome de la page blanche, notamment lorsqu’il devient difficile d’attaquer son sujet.

Si c’est une issue face au syndrome de la feuille blanche pour M. Ondo, il faut remettre sur la table le fait que le journalisme ne meurt pas, mais qu’il se réadapte en fonction de l'avancée de l’évolution humaine.

Un point sur lequel le panéliste Emmanuel Bakaka est revenu. D’après lui, il serait temps que les journalistes fassent confiance à l’IA, car le monde évolue et on doit s’adapter. Dans le même esprit, le public s’est également dit édifié par la richesse des discussions et s’est réjoui de la pertinence des échanges, qui peuvent témoigner ainsi de l’impact positif de l’événement. ¨Nous avons été édifiés à l’issue de cette conférence, car je crois que nous en sortons enrichis¨, a lancé le vice-président du Conseil des Gabonais au Sénégal, Greg Nzambé.

Ainsi, cette rencontre a permis au Mouvement des jeunes journalistes gabonais de faire entendre sa voix sur les défis que rencontre la profession, tout en valorisant l’engagement associatif. Pour clôturer la soirée en beauté, l’humoriste Kerane Mounguengui a fait valoir son talent à travers des textes aiguisés, qui ont plongé la salle dans une ambiance de satisfaction et de bonne humeur. La cérémonie s’est achevée par la projection du film documentaire ¨Une transition vue de l’exil¨, réalisé par Rick Christian, qui retrace les grands événements politiques du Gabon entre 2023 et 2025, qui a également inclus la cérémonie d’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema, tenu le 3 mai dernier, au Gabon.

Thécia P. NYOMBA EKOMIE

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