Publié le 11 Feb 2026 - 11:38

Adha dénonce une “répression meurtrière” 

 

L’Action pour les droits humains et l'amitié (Adha) est montée au créneau après les violences survenues sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), qui ont coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public hier, l’organisation condamne avec fermeté ce qu’elle qualifie de « répression meurtrière » et exige l’ouverture d’une enquête indépendante. Selon Adha, l’intervention des forces de l’ordre sur le campus constitue une « violation flagrante des principes fondamentaux des droits humains ». L’organisation se dit particulièrement indignée par le décès d’Abdoulaye Ba, présenté comme un jeune étudiant « sans lien avec les actes de violence ».

D’après des témoignages évoqués dans le document, l’étudiant aurait été brutalisé dans sa chambre, un espace que l’ONG estime « inviolable ». Pour l’organisation, si ces faits sont confirmés, ils constitueraient de graves atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité humaine. « Rien ne peut justifier qu’un étudiant perde la vie sous les coups dans un campus universitaire », affirme Adha, rappelant que l’université ne saurait être assimilée à un « terrain d’opérations sécuritaires ».

...Face à la gravité des événements, l’ONG exige l’ouverture immédiate d’une enquête « indépendante, impartiale et crédible », qu’elle souhaite voir confiée à la Gendarmerie nationale, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et sur les violences signalées. Elle demande également que « toutes les responsabilités, à tous les niveaux », soient établies et que des sanctions, y compris pénales et administratives, soient prises contre les auteurs et les commanditaires présumés. Adha va plus loin en appelant à des démissions au sein de la chaîne de commandement ayant, selon elle, permis ou couvert cette intervention policière.

Elle rappelle que la protection des étudiants relève de la responsabilité de l’État et estime que « criminaliser la revendication et militariser les campus » sont des dérives incompatibles avec les principes d’un État de droit. L’organisation exprime enfin sa solidarité à la famille d’Abdoulaye Ba, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, tout en réaffirmant son exigence de vérité et de justice. « Plus jamais un étudiant ne doit mourir pour avoir été étudiant », conclut le communiqué.

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