Publié le 20 Apr 2026 - 11:13

De la nécessité d’une monogamie constitutionnelle pour le président de la République

 

Le présent essai n’entend participer d’aucune polémique partisane. Il se situe résolument sur le terrain de l’analyse rationnelle, à l’écart des querelles oiseuses. L’intellectuel, en effet, n’a pas pour vocation d’alimenter le débat stérile, mais d’éclairer les problèmes collectifs en vue de leur résolution. S’interroger, réfléchir, conceptualiser puis « accoucher » d’idées constituent son labeur quotidien. Seule cette délivrance intellectuelle, comparable à l’issue heureuse d’une grossesse parvenue à son terme, lui permet d’accéder à la liberté d’esprit et au bien-être intérieur.

Ces considérations épistémologiques posées, nous aborderons la question suivante : la fonction présidentielle exige-t-elle, par nature et par nécessité budgétaire, que son titulaire soit monogame ?

Argumentaire

Le projet de réforme du code électoral actuellement débattu sur la toile gagnerait à intégrer une disposition nouvelle : l’obligation, pour tout candidat à l’élection présidentielle, d’être monogame. En d’autres termes, le président de la République devrait être, par la force de la loi électorale, un chef de l’État monogame.

Il convient de rappeler que la polygamie constitue, au Sénégal, un droit individuel reconnu à l’homme par le code de la famille. Cette prérogative, purement masculine — la polyandrie étant prohibée, permet à l’époux de choisir librement, au moment du mariage, un régime monogamique ou polygamique, sans que l’épouse ne puisse s’y opposer.

Or, l’entretien du président de la République étant intégralement assuré par l’État (logement, alimentation, blanchissage, soins, protection), ces avantages s’étendent à sa famille, c’est-à-dire à son ou ses conjointes ainsi qu’à ses enfants. Dans l’hypothèse d’un chef de l’État polygame, la charge publique se trouve donc démultipliée. Ce choix matrimonial, qui n’apporte aucune plus-value démontrée au rendement présidentiel, obère en revanche les finances publiques de manière significative.

Une extrapolation raisonnable permet d’estimer que l’entretien d’une seconde épouse et de ses enfants représente un coût annuel d’au moins 200 millions de francs CFA pour le budget de l’État, soit un milliard sur l’ensemble d’un quinquennat. Par ailleurs, la parenté sénégalaise étant notoirement budgétivore, la seconde belle-famille ne manquerait pas d’exercer une pression supplémentaire sur le Trésor public.

Proposition normative

Dès lors, se pose la nécessité de légiférer afin d’exiger que tout candidat à l’élection présidentielle, ou tout chef de l’État en exercice après 2029, soit monogame. Il est vrai qu’une loi ne saurait, en principe, remettre en cause un droit humain fondamental. Toutefois, le principe de nécessité budgétaire et d’intérêt général pourrait justifier une telle réforme, laquelle recueillerait vraisemblablement l’assentiment populaire.

Clausule
Honni soit qui mal y pense.
Par le retraité oisif

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