Publié le 19 Nov 2012 - 08:30
TOURNAGE D'UN FILM SUR AIMÉ CÉSAIRE

Le Sénégal ciblé par la scénariste Ozoua Soyinka

 

 

La poétesse martiniquaise, Ozoua Soyinka, principale scénariste d’un film consacré à l’œuvre d'Aimé Césaire (1913-2008), a annoncé que le Sénégal est parmi les pays choisis en Afrique pour le tournage du film ''Césaire l’Africain'', préparé pour le centenaire du défunt poète martiniquais, en 2013. ''C’est grâce à Léopold Sédar Senghor qu'Aimé Césaire a retrouvé sa partie manquante en Afrique. Et je suis là pour faire le pont entre l’Afrique et les Antilles, je suis aussi là pour préparer le centenaire d’Aimé Césaire, qui a pour thème +Toi et moi, tous unis pour un monde meilleur+'', a-t-elle expliqué dans un entretien.

 

Ozoua Soyinka est revenue sur les différentes étapes du film, de sa conception à sa réalisation. ''Au début, mon film s’appelait +Sur les pas d’Aimé Césaire, le chantre de la négritude+. Le scénario avait intéressé une télévision martiniquaise. Mais, après avoir bien apprécié le scénario, ils ont relevé un chant africain du poète qui n’était pas encore bien étudié'', a-t-elle dit. C'est la ''raison pour laquelle ils ont souhaité que nous retravaillions le chant en question. C’est aussi pour cette raison que le film a changé de nom pour s’appeler +Césaire l’Africain+, parce que Césaire a énormément œuvré pour l’Afrique'', a-t-elle fait savoir. Une bonne partie de l’œuvre de l'écrivain martiniquais est consacré à l'Afrique, selon Ozoua Soyinka. ''De +Cahier d’un retour au pays natal+ à son dernier livre, un livre d'entretiens avec Françoise Verges'', tous les écrits de Césaire font allusion à l'Afrique, selon elle. ''J’ai rencontré des hommes d’affaire sénégalais, qui ont dit ne pas retrouver une touche africaine dans les scénarii, malgré l’intitulé du film. Reconnaissant la véracité de leurs suggestions, je me suis dit qu’il faut ajouter le Sénégal au film'', a expliqué Ozoua Soyinka.

 

Elle souhaite, lors de ses repérages au Sénégal, ''rencontrer des spécialistes sénégalais de la poésie de Césaire tels que Mamadou Bâ et d’autres professeurs, qui lui ont été recommandés par Lilyan Kesteloot. ''Parmi ces spécialistes, il y en a qui ont régulièrement été en Martinique, à l'invitation d'Aimé Césaire, lors du festival de Fort-de-France. Pour moi, c’est important que ces gens, qui sont vivants et ont connu Césaire de son vivant, fassent partie du film'', a-t-elle ajouté. Elle souhaite aussi rencontrer des artistes, puisqu'il est prévu un chant artistique dans le film. ''Gorée, une partie qui m’a été imposée, sera aussi du film. C'est très important par rapport au départ des esclaves d'Afrique...'', a ajouté Soyinka. ''Un tel film peut symboliser la réconciliation entre l’Afrique, sa diaspora et les Antillais, qui ont été toujours mis en mal, les uns contre les autres'', a-t-elle commenté.

 

Le film ''est très important pour moi en tant que petite fille de personnes qui ont été déportées aux Antilles et par rapport à mon cheminement identitaire et spirituel. Il est important que je fasse ce retour, qui me permet de retrouver la partie manquante de ma personne en Afrique. C’est ce qui nous permet, comme le disait Aimé Césaire, +d’être debout et entier+'', a-t-elle encore dit.

 

Ozoua Soyinka a ajouté : ''Le Sénégal fait partie d’une étape de ma vie. Maintenant, je sais que le moment est venu pour moi de venir au Sénégal. Dans tous mes écrits, il y a l’Afrique, qui m’a beaucoup apporté en tant qu'Antillaise.''

 

Sophiane BENGELOUNE

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

Section: 
RESTITUTION, RECHERCHE ET NUMÉRIQUE : Les chantiers d’Abdou Simbandy Diatta
CULTURE : UNE PRÉCARITÉ QUI S’INSTALLE : Les animateurs culturels haussent le ton pour exiger leur intégration
WORK IN PROGRESS : À Dakar, l’art ralentit la ville
DIALAWALY FESTIVAL Dagana célèbre Ady Aïdara, gardien de la mémoire du Waalo
LE 14 JUILLET SOUS LE SIGNE D'UNE PAGE QUI SE TOURNE Christine Fages fait ses adieux au Sénégal
INFLUENCEURS CULTURELS : Les nouveaux critiques musicaux ?
DANS LA PEAU DU RECRUTEUR : Et si le secret d'un emploi se trouvait dans la tête du recruteur ?
LA GRANDE NUIT DU CONTE : Quand les contes rallument la mémoire collective
GRANDE NUIT DU CONTE : Le conte contre les écrans
INVITE PAR RADIO FRANCE INTERNATIONALE Mamadou Sellou à Avignon avec Dof
MUSIQUE : Les professionnels apprivoisent l’IA, sans lui céder la création
JUPI INVITE MASTERCLASS : Le cinéma s’ouvre à ceux qui n’ont pas de réseau
‘’JE SUIS UN OCÉAN NOIR’’ : Dakar accueille une exposition qui fait dialoguer mémoire, art et résilience
ÉCLAIRAGE PUBLICITAIRE : Atacs élève le niveau technique
LIMITATION DES MANDATS - ORGANE CONSULTATIF : La Sodav réforme sa gouvernance
BILAN SODAV 2025 : 677 millions FCFA collectés
PUBLICATION “MOSAÏQUE D’HUMANITÉ” Le regard lumineux d’une psychiatre sur le monde
CULTURE DES OGM AU SÉNÉGAL : L’absence de décret d’application freine toute régulation
TER FASHION WEEK : La mode prend le train de l’élégance à Dakar
THÉÂTRE JEUNE PUBLIC : Les acteurs plaident pour une meilleure reconnaissance