Publié le 27 Feb 2013 - 01:15
À PROPOS DE MONSIEUR MALICK GACKOU

Au nom de tous les miens

Dans l’histoire, à chaque fois qu’une révolution se produit, à chaque fois qu’une alternance démocratique intervient, il se trouve toujours parmi les acteurs des spéculateurs, qui se sont longtemps bercés de rêves dorés et qui pensent qu’il est maintenant temps pour eux de se servir à volonté et d’assouvir leur égo surdimensionné.

 

Ces philistins se retrouvent au niveau de toutes les sphères de l’Etat et ambitionnent de les coloniser à défaut de les phagocyter. Chacun d’eux a son ministre à défaut de l’être et leur collaboration fonctionne comme des vases communicants. Cela est souvent à l’origine des marchés de gré à gré et les prête-noms. C’est d’ailleurs pourquoi à l’époque des libéraux, à chaque fois qu’un ministre est démis de ses fonctions, «ses partisans» occupent la rue et exigent sa réintégration dans le gouvernement.

 

Nous pensions cette race en voie d’extinction, depuis le 25 mars 2012, mais voilà que de supposés porte-paroles de monsieur Malick Gackou, nous font comprendre qu’il n’en est rien. A défaut de pouvoir mobiliser, ils utilisent la presse pour intoxiquer la banlieue, fief politique du ministre démissionnaire. Nous comprenons qu’une agitation fébrile puisse s’emparer de leurs esprits perdus, car ils ont beaucoup à perdre, mais nous ne pouvons point leur permettre de manipuler la population de Guédiawaye.

 

Selon eux, on aurait mis des bâtons dans les roues de Gackou, uniquement parce qu’il est de Guédiawaye et qu’il en appuie les habitants. Nous avons longtemps hésité avant de nous décider à apporter la réplique à leurs contrevérités. Loin de nous l’idée de vouloir installer une polémique dont n’a nullement besoin Guédiawaye. Juste voudrions-nous rétablir la vérité des faits. «La vérité n’a nullement besoin d’être excessive, a dit le poète. Alors n’apportons point la flamme là où la lumière suffit.» Les vampires, nous le savons, se meuvent dans l’ombre et ne peuvent pas évoluer en dehors d’elle. Il est donc évident que la seule annonce d’une lumière possible les fera se rétracter terrorisés. Nous regrettons de devoir secouer leur sérénité, mais Guédiawaye est au dessus des ego des uns et des autres.

 

Quand nous entendons «les porte-paroles» de monsieur Gackou, présenter ce dernier comme un homme qu’on a longtemps combattu au sein du gouvernement, à cause de son amour pour Guédiawaye et des actes qu’il pose pour le rayonnement de la banlieue, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux propos d’Arthur Rimbaud : «C’est faux de dire : je pense. On devrait dire : on me pense. Pardon du jeu de mots. JE est un autre.» Un proverbe bien de chez nous le dit de manière encore plus limpide : «Tout ce que le petit maure dit, il l’a entendu sous la tente.» C’est d’ailleurs pourquoi nous ne pouvons croire que les «porte-paroles» ont exprimé leurs pensées, comme des hommes libres et indépendants, en parlant de Monsieur Gackou. C’est leur faire trop d’honneur.

 

«Qu'a fait monsieur Gackou pour Guédiawaye ?»

 

Après avoir indisposé ses camarades et gêné ses alliés par une démission fracassante, monsieur Malick Gackou veut nous faire accroire qu’il a agi ainsi par amour pour Guédiawaye. Cela nous rappelle le beau geste du cygne, s’ouvrant le ventre avec son bec pour nourrir ses petits affamés. Nous entendons tous les jours des lutteurs le remercier pour ses largesses à leur égard et des laudateurs chanter ses louanges, mais qu’a vraiment fait monsieur Gackou pour Guédiawaye.

 

Au moment où il adhérait au Guédiawaye Football Club, l’association était sur une bonne voie, alors que lui était un illustre inconnu dans le landernau politique. Il y a mis beaucoup d’argent certes, mais il a également beaucoup profité de sa position de président de GFC Pour affirmer son leadership. Tête de liste aux élections municipales de 2009, il a préféré la sinécure du Conseil régional alors que les populations de Guédiawaye s’attendaient à ce qu’il montrât de quoi il était capable afin de sortir le département de la morosité économique et sociale. Et plus grave encore, il a abandonné le GFC au lendemain de sa défaite face à Me Augustin Senghor pour la présidence de la Fédération sénégalaise de football. Qu’a vraiment fait monsieur Malick Gackou pour Guédiawaye ?

 

Au moment où il mettait treize millions pour que le lutteur Balla Gaye 2 vînt à bout de Modou Lô, le lycée Seydina Limamoulaye était sur le point de s’écrouler sur les élèves et le Centre de santé Roi Baudouin manquait de couveuses pour les bébés prématurés. Qu’a vraiment fait monsieur Malick Gakou pour Guédiawaye ? Des ordonnances médicales ont été achetés par ses soins, des factures d’électricité honorées grâces à ses largesses. Il a semé sur son passage «les bonnes actions», comme les cailloux du petit poucet, mais plus pour baliser son chemin vers le sommet que pour sortir les populations de Guédiawaye de la pauvreté. Qu’a vraiment fait monsieur Malick Gakou pour Guédiawaye ? Il passe pour un homme d’affaires très prospère, cependant nulle part à Guédiawaye une entreprise portant sa marque, qui permettrait de contribuer à la lutte contre le chômage.

 

 

Les erreurs politiques se payent cash, c’est connu. Chacun doit avoir le courage d’assumer les siennes et ne point actionner des «porte-paroles» afin de passer pour martyr. C’est véritablement se cacher derrière son petit doigt. De toute façon, les populations de Guédiawaye ont tellement avalé de couleuvres que l’espèce a complètement disparu sur toute l’étendue du territoire départemental. Elles sauront apprécier le moment venu qui est vraiment avec elles.

 

Papa Samba BADJI,

Conseiller municipal Ndiaréme-Limamoulaye

Guédiawaye, cellule de communication CCR Guédiawaye

 

 

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