Publié le 18 Dec 2017 - 18:15
5e EDITION DU FESTIVAL THIAROYE 44

La culture contre l’oubli

 

La 5e édition du festival Thiaroye 44 a pris fin ce week-end. Soutenu par le Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu), l’évènement a reçu la participation de divers artistes dont Matador. Ces derniers ont été mis à contribution pour l’atteinte de l’objectif principal de cette manifestation : lutter contre l’oubli du massacre de Thiaroye 44.

 

‘’Mémoire contre l’oubli’’. C’était le thème de la 5e édition du festival Thiaroye 44 qui s’est tenue du 1er au 17 décembre dans cette partie de la banlieue dakaroise. Ainsi, pendant plus de 15 jours, le quotidien des populations de Thiaroye a été rythmé de concerts animés par des slameurs et rappeurs pour leur rappeler ce qui s’est passé le 1er décembre 1944 et qui a vu la mort de plusieurs soldats africains.

Mais il n’y avait pas que de la musique. Il y a eu du graffiti, des conférences sur divers thèmes, une randonnée multiethnique et pédestre, du théâtre, des activités de sensibilisation, etc. Pour clôturer en beauté, les organisateurs ont mis à contribution tous les artistes d’Africulturban, label dirigé par le rappeur Matador.

Ils se sont produits samedi soir en compagnie de leur mentor. Un choix qui répond à un besoin des organisateurs de miser cette année sur la culture pour vulgariser leur message. ‘’A travers les activités culturelles, on peut constituer une mémoire afin que les gens n’oublient pas ce qui s’est passé. Plusieurs productions artistiques peuvent être faites dans ce sens. Des artistes nous ont aidés d’ailleurs à cet effet. Nous pensons que tout cela va nous aider à constituer la mémoire de ces évènements. Nous nous appuyons sur les acteurs culturels pour réussir le pari de la communication’’, a soutenu le coordonnateur du comité de pilotage du festival Thiaroye 44, Abdoulaye Diouf, lors de la cérémonie de clôture qui s’est tenue samedi passé.

Pour lui, les gens ne parlent plus des évènements du 1er décembre 1944. Ce qu’il juge anormal. ‘’Nous avons pris la décision de changer les choses, d’où la mise sur pied de cette manifestation, il y a 4 ans. Depuis, l’évènement grandit à chaque édition et nous rapproche un peu plus de notre objectif’’, a poursuivi M. Diouf. D’ailleurs, la présente édition a reçu un appui du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu).

La question d’un probable bradage du camp de Thiaroye a été aussi au cœur des débats, lors de ce festival. Selon M. Diouf, eux aussi sont intéressés par le terrain, mais pour y construire un monument. Et cela permettra à toutes les familles des victimes de s’y recueillir. ‘’Nous lançons un appel aux autorités pour leur dire que même si elles prennent le camp de Thiaroye, qu’elles puissent y laisser une place pour constituer une mémoire. Cet endroit ne doit pas disparaitre. Nous voulons implanter quelque chose qui va symboliser les évènements de 1944’’, a souhaité Abdoulaye Diouf.

‘’Nous interpellons le chef de l’Etat’’

Présent lors de cette rencontre, le rappeur et slameur Matador a soutenu que si l’histoire est oubliée à cause de ces autorités, elles devront rendre compte à la future génération. Pour lui, Thiaroye 44 ne doit pas tomber dans l’oubli, car les victimes se sont battues pour la liberté et la dignité. ‘’C’est une injustice qu’on ne veut plus voir dans le monde. Je profite aussi de l’occasion pour interpeller le chef de l’Etat, car s’il laisse les gens continuer à morceler ce camp avec l’installation de centres et/ou de cités, demain, il aura des comptes à rendre. L’histoire s’est passée dans le camp militaire et elle ne concerne pas uniquement des Sénégalais. Donc, même si on alloue une partie de cet espace à des gens, on doit garder une autre qui va symboliser la mémoire des tirailleurs sénégalais. Nous allons nous battre pour cela. Nous allons aussi défendre ce camp pour garder le lopin de terrain dédié aux tirailleurs’’, a dit le boss d’Africulturban.   

CHEIKH THIAM

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