Publié le 11 Dec 2020 - 15:28
ABDOULAYE DIOUF SARR SUR L’INTRODUCTION D’UN VACCIN

‘‘Le Sénégal n’a pas choisi Moderna’’

 

On en sait un peu plus sur la probable vaccination de masse contre le coronavirus. Face à la presse hier, Abdoulaye Diouf Sarr a précisé que le choix du Sénégal sera un vaccin homologué par l’Organisation mondiale de la santé. Le ministre de la Santé en a profité pour mettre en garde les récalcitrants contre les mesures barrières.

 

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale veut clore le débat sur le vaccin contre la Covid-19. Face à la presse, Abdoulaye Diouf Sarr a soutenu que cette question n’est pas seulement agitée au Sénégal, parce qu’à moyen terme, la solution à la pandémie est de trouver un vaccin. Cela dans un contexte où une deuxième vague frappe l’Europe et beaucoup de pays africains.

Le seul espoir réside donc, pour le moment, dans un vaccin contre le virus.  Mais les pouvoirs publics sénégalais n’ont pas encore fait un choix définitif. ‘’Le Sénégal n’a pas choisi Moderna. Il n’y a pas de choix. Nous sommes dans une alliance et le vaccin que nous allons choisir, dans ce cadre-là, sera le vaccin homologué par l’OMS. Il est important que les choses soient claires à ce sujet-là’’, précise le ministre.

Selon le chef du département Santé, le Sénégal est dans ce qu’on appelle l’Initiative Covax. Il s’agit de 170 pays constitués en alliance pour saisir toutes les opportunités du vaccin futur. Ce, en droite ligne de l’alliance de l’OMS avec Gavi, qui est le partenaire en matière de vaccination avec l’Unicef. Le Sénégal fait partie des 56 pays à revenus intermédiaires. ‘’Il faut savoir que nous sommes dedans et nous ne sommes pas dedans en étant isolés. Nous sommes dedans, dans le cadre d’une alliance et elle a pour lead l’Organisation mondiale de la santé’’, clarifie Diouf Sarr. Lequel souligne que, dans l’histoire de la vaccination, il y a toujours eu ce problème. Il y a toujours un débat. C’est l’exemple du vaccin du papillome virus (HPV, vaccin contre le col de l’utérus). Il y a, rappelle-t-il, tout un débat, mais aujourd’hui, tout se passe bien.

Pour ce vaccin, Diouf Sarr soutient que, naturellement, il y a débat. Et à chaque fois qu’ils ont été confrontés à cela, ils ont développé des stratégies pour anticiper cette discussion qui revient souvent. Même si le choix du vaccin n’est pas encore fait, la réflexion sur les groupes cibles est en cours. La première idée avancée est de sécuriser la ligne de front. C’est-à-dire le personnel de santé, les personnes âgées, les Sénégalais qui ont des comorbidités et les enfants. ‘’Le vaccin n’est pas encore là, mais dans la boite noire, il y a une stratégie qui est en cours. Ceci est un élément très connu par la Direction de la prévention et par les spécialistes en la matière. C’est la détermination des groupes cibles. La réflexion en perspective de ce vaccin est de dire : si on l’a, qu’est-ce qu’on va faire ? Avec qui aller d’abord ?’’, explique-t-il.

Doutes sur la deuxième vague

S’agissant des contestations sur l’existence de la deuxième vague, le ministre déclare qu’il faut se rendre à l’évidence et constater qu’il y a une situation nouvelle. Parce qu’à la 45e semaine de la lutte contre cette pandémie, informe-t-il, ils ont vu un phénomène exceptionnel se produire. ‘’Cette courbe qu’on a vu se casser sur un plancher, a un peu frémi. Nous avons vu effectivement qu’il y a eu un décollage, là où on avait des cas, puis 45 et tout de suite vers 70. Donc, on s’est dit qu’il y a des choses qui commencent à se passer. A la 46e semaine, on a vu la courbe décoller davantage pour aller à 92 cas, puis la semaine qui suit 192 et la semaine d’après 468 cas. A ce niveau, il n’y avait plus d’équivoque’’, renseigne Abdoulaye Diouf Sarr.

A l’en croire, si le pays est confronté à une deuxième vague, cela est dû à deux points essentiels. D’abord, parce que nous n’habitons pas dans une île ; nous sommes dans un environnement. Cet environnement, c’est l’international, la sous-région et, partout, cette vague a renoué. Le second aspect qui est le plus déterminant, c’est le relâchement. ‘’Il faut le reconnaitre, il y a eu un relâchement sur les mesures barrières. Elles doivent être rapidement reprises, surveillées et il ne doit plus y avoir de tolérance à ce niveau, si on veut conserver les acquis. Il faut prendre toutes les dispositions pour faire respecter les mesures barrières. La première disposition doit être d’abord de la co-construction. On développe tout un processus pour que nous puissions participer à la guerre nationale. Si chacun gagne le virus à son niveau, nous gagnerons au niveau national’’, revendique-t-il.

’Nous ne laisserons pas des récalcitrants remettre en cause toute une stratégie’’

Avec, les personnes réticentes, le ministre ne compte pas y aller du dos de la cuiller. ‘’Nous ne laisserons pas ces gens remettre en cause toute une stratégie. S’il le faut, on ira jusqu’à des mesures contraignantes pour régler ces questions. Après cela, il y a toujours des poches de défiance. Ce sont des récalcitrants qui sont dans le déni et n’acceptent pas que le virus est là’’, prévient Abdoulaye Diouf Sarr.

Le ministre souligne, par ailleurs, que la communication et le portage par les communautés, l’approche communautaire au Sénégal ont été extrêmement déterminants dans la mise en œuvre des mesures barrières. C’est pourquoi il prévient qu’ils ne pourront plus faire l’économie de tolérance sur ces mesures barrières.

‘’Il est important que ce portage communautaire, la surveillance de l’application et de la mise en œuvre de ces mesures barrières soit de mise. La mesure barrière la plus essentielle, c’est le port systématique du masque. Si nous appliquons une discipline nationale en la matière, nous pouvons retourner à un niveau plancher de la pandémie et se stabiliser autour de 10 à 15 cas. Etant entendu que nous voulons toujours que le nombre de cas tende vers zéro. En étant réalistes, nous considérons que nous continuerons à gérer et apprendre à vivre avec le virus’’, dit-il. 

VIVIANE DIATTA

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