Publié le 10 Sep 2013 - 19:53
AFFAIRE TAHIBOU NDIAYE, NOMINATION DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR, ÉCONOMIE

 Ibrahima Fall descend Macky Sall

 

 

Le candidat malheureux de la présidentielle, Ibrahima Fall, a décerné hier une très mauvaise note au régime de Macky Sall dont il pointe la mauvaise gestion de la traque des biens supposés mal acquis.     

 

Aphone depuis quelque temps, Ibrahima Fall, leader de Taxaw Temm, n’a pas été tendre avec le régime de Macky Sall lors de sa conférence de presse, hier à Dakar. Le candidat malheureux à la présidentielle 2012 a fortement dénoncé la «mauvaise gestion» qui caractérise la traque des biens mal acquis et qui, à ses yeux, se fait à la tête du client. Il en veut pour preuve le cas de Tahibou Ndiaye, ancien directeur du cadastre. «Cette personne avait été arrêtée pour avoir détenu illicitement 8 milliards. Alors que l’on s’attendait à ce qu’il soit traduit devant les tribunaux, il a été contraint de transiger (pour) 3,6 milliards. Où sont passés les 4,4  milliards restants ?» se demande l’ancien ministre de l’Education. Ce dernier invite l’Etat à tirer au clair  cette affaire car «un voleur est un voleur». «D’abord, il (Tahibou Ndiaye) devait être traduit en justice - je n’ai rien contre lui -, ensuite, il doit verser tous les 8 milliards qu’il aurait détournés», déclare M. Fall qui craint que cette affaire ne serve de mauvais exemple pour les jeunes et les fonctionnaires. «C’est comme si on disait à quelqu’un : vole, demain, si on t'attrape, tu vas rembourser la moitié. Et tu garderas le reste.» Pour lui, «la justice doit se faire en toute équité. Ce que l’on voit n’augure rien de bon».

Autant l’ancien ambassadeur du Sénégal aux Nations-unies est pour l’«éthique» et la «transparence», autant il est hostile aux «manipulations de politique politicienne» qui sous-tendent la proposition d’inéligibilité pendant 10 ans, d’un homme politique condamné pour détournement. «Je suis d’accord pour le principe de l’inéligibilité ; ça existe dans d’autres pays. Mais l’objectif de cette proposition est d’écarter des adversaires potentiels aux élections locales et présidentielle», constate-t-il.

 

Le ministre de l’Intérieur récusé

Par ailleurs, le leader de Taxaw Temm a récusé Abdoulaye Daouda Diallo, nommé à la tête du ministère de l’Intérieur du fait de son appartenance politique. «Le ministre de l’Intérieur est le patron des gouverneurs, préfets et sous préfets et c’est lui qui a en charge  l’organisation des élections. A ce titre, il ne doit être d’aucun parti politique». Or, indique-t-il, le successeur du général Pathé Seck est un responsable de l’Alliance pour la République, parti au pouvoir ; ce qui a toujours été décrié. «Abdou Diouf a été contraint de nommer au ministère de l’Intérieur le général Cissé (Lamine), rappelle M. Fall. Ce dernier a organisé des élections transparentes, et Diouf les a perdues. C’est ce qui est arrivé avec Abdoulaye Wade. On attend la même chose de Macky Sall.»

Ibrahima Fall s’est aussi prononcé sur la situation économique du pays «morose». En comparaison avec le régime socialiste, M. Fall pense que l’actuel  est en train de «vendanger» l’économie en basant sa politique sur des emprunts obligataires. «Pendant 20 ans, des gens ont serré la ceinture pour redresser l’économie. En 2001, les bailleurs de fonds avaient effacé la dette du Sénégal. Depuis cette année, on ne fait que contracter et payer des dettes. Ce qu’on appelle : Suul bukki, Sulli bukki. Cela n’avance pas le pays», affirme le leader de Taxaw Temm.

 

«Mon regret, c’est d’avoir fait confiance à des politiques qui n’ont aucun sens de la parole donnée»

L’autre constat, dit-il, c’est l’absence de structures financières qui puissent accompagner les Pme-Pmi dont «la plupart sont fermées». Il se réjouit de la mise en place de la Banque nationale de développement économique (BNDE) qui, selon lui, va pallier ce manquement. Tirant les leçons de sa débâche à la présidentielle de 2012, ce candidat indépendant dit n’avoir qu'un seul regret : «C’est d'avoir faire confiance à des politiques qui n’ont aucun sens de la parole donnée. Je ne serai pas à nouveau avec eux avec la certitude que demain, ils ne respecteront pas leur parole.»

Pour l'heure, M. Fall compte transformer en parti politique son mouvement Taxaw Temm et annonce sa participation aux élections locales de 2014.

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