Publié le 14 Mar 2012 - 11:13
"BIENS MAL ACQUIS"

Wade père et fils portent plainte contre Me Bourdon et Le Parisien

 

Le président Abdoulaye Wade et son fils Karim ont déposé mardi auprès du Tribunal hors classe de Dakar des plaintes contre Me William Bourdon, pour une interview au quotidien français Le Parisien, dans laquelle l’avocat parisien a indiqué que la procédure française dite des "biens mal acquis" pourrait être "élargie au président sénégalais", a appris l’APS de source proche du plaignant. Cette plainte vise aussi le quotidien français Le Parisien, annonce un communiqué de la Présidence de la République qui affirme qu’en raison du caractère diffamatoire de cette assertion, Me Wade a demandé à ses avocats, le bâtonnier Jean-René Farthouat et Me Rasseck Bourgi du Barreau de Paris qui se sont déplacés à cet effet, ainsi que Me François Sarr du barreau Dakar, de porter plainte. Le texte rendu public par Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole du président Wade, rappelle que la presse sénégalaise ''s’est fait l’écho d’un article et d’une interview donnée par l’avocat parisien, Me William Bourdon, publiés dans l’édition du vendredi 2 mars 2012 du quotidien français 'Le Parisien' et sur son site internet, aux termes desquels la procédure française dite 'des biens mal acquis' pourrait être 'élargie au président sénégalais'’’.

 

Des accusations similaires avaient été portées à l’encontre du président de la République en novembre 2009 et la procédure introduite devant le Tribunal de grande instance de Paris n’avait connu aucune suite. En effet, le plaignant s’était rétracté et avait adressé une lettre d’excuse au chef de l’Etat sénégalais, écrit l'APS. Le président Abdoulaye Wade avait en outre déclaré, dans un communiqué du 5 décembre 2009, qu’il n’était propriétaire en France et à l’étranger que d’un studio de quarante et un mètres carrés situé au 41, avenue des Ternes à Paris, acquis il y a plus de 28 ans alors qu’il était dans l’opposition. D’ailleurs pour couper court à toutes ces insinuations, Me Wade avait déjà donné mandat le 12 décembre 2009 à tous les maires de communes françaises, s’ils venaient à découvrir des propriétés lui appartenant en France, de les vendre et d’en verser le produit aux bonnes œuvres de leurs communes respectives.

 

Pour Serigne Mbacké Ndiaye, ''en soutenant et publiant l’allégation susvisée, à l’approche du second tour de l’élection présidentielle, les auteurs de l’article précité du Parisien et Me William Bourdon, ont obéi à des préoccupations électoralistes, voulant ainsi s’immiscer dans le déroulement de la campagne électorale''. De son côté, le ministre d’État Karim Wade, cité incidemment dans le même article, a déposé le même jour auprès du Doyen des juges d’instruction du Tribunal hors classe de Dakar une plainte similaire contre l’avocat William Bourdon et le quotidien français Le Parisien. William Bourdon agit au titre de ''Sherpa, une organisation à but non-lucratif créée en 2001 dont l’objet est de protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques'', notamment ''les biens mal acquis'' par des dirigeants africains.

 

Pour rappel, EnQuête s'était fait l'écho de l'article dans lequel Me William Bourdon, avocat de Transparency International France, révèle qu'il entend élargir la plainte à d'autres dirigeants, dont le Sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim. Interrogé par Le Parisien, Me William Bourdon a indiqué que son organisation travaille ''sur le patrimoine immobilier d'Abdoulaye Wade (…) et de son fils Karim''. L'avocat a ajouté que ''plusieurs éléments liés au climat de corruption du 2e mandat du président Wade font l'objet de vérifications. Elles pourraient déboucher sur une procédure judiciaire en France et à l'étranger''. Le Parisien notait que ce dernier ''posséderait un appartement estimé à plusieurs millions d'euros à l'angle de la rue Émile-Meunier et de la rue des Belles-Feuilles à Paris (XVIe arrondissement)''. Un arrondissement de richards. Les Wade tenteraient-ils ainsi de prendre les devant face à une telle menace qui touche les clans Obiang Nguema (Guinée Équatoriale), Bongo (Gabon) et Sassou-Ngesso (Congo Brazza) ?

 

(2e partie)

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