Publié le 28 May 2013 - 22:00
BRAS DE FER POUVOIR / OPPOSITION

 Le contrôle de la famille libérale en toile de fond

Sur les genoux après la présidentielle du 25 mars 2012, le Parti démocratique sénégalais semble reprendre du poil de la bête au moment où ce qui en reste est l'objet de rudes batailles entre héritiers présomptifs du wadisme.

 

Le Parti démocratique sénégalais a choisi depuis quelque temps la radicalisation comme mode d’opposition au régime de Macky Sall. Requinqués par la mobilisation notée lors de la marche du 23 avril dernier à Dakar, les libéraux dont certains des dignitaires sont poursuivis dans le cadre de la traque des biens supposés mal acquis, veulent manifestement reprendre l’initiative. Mais surtout imposer leur propre agenda à l’actuel pouvoir qui, face à une demande sociale pressante, semble être dans une posture vulnérable.

 

Le modus operandi semble réussir au Pds. Qui a décidé de battre le macadam chaque mois, conformément aux recommandations de son leader, Me Abdoulaye Wade, pour exiger la libération de Karim Wade. Pour ce faire, le Pds compte à chaque fois placer la barre très haut pour mieux mettre la pression sur le pouvoir. D’où l‘idée d’organiser une marche dans la banlieue. Une initiative qui n’a pas prospéré puisque l’Etat s’y est opposé pour motif de «trouble à l’ordre public».

 

Mais en off, une haute autorité de la République, qui s’est confiée à EnQuête, avait redouté un «piège» de la part des libéraux. «Vouloir organiser une marche à travers les artères du marché zinc (à Pikine), c’est la meilleure manière de brûler le pays. Et ça, nous n’allons pas l’accepter», dit-elle. Si le Pds a décidé de se plier à la décision du préfet de Dakar pour être «légaliste»(?), ce n’est pas le cas à Mbacké. Le choix de se défouler dans un bastion du pays mouride réputé être redevable à l'ancien président de la République, n’est pas fortuit. Cherchant sans doute à marquer les esprits des autochtones, il fallait pour Bara Gaye, leader de l’Union des jeunesses travaillistes libérales(UJTL), toucher une certaine fibre religieuse et sociale en agitant une question sensible comme celle de l’homosexualité.

 

Mais même avec son placement en garde-à-vue à la Dic, l’ancien ministre conseiller de Wade aura réussi un coup politique par lequel il peut entrevoir d'accéder enfin à cette légitimité qu’il n’a jamais obtenue auprès d’une frange importante des jeunes libéraux après que son élection à la tête de l'Union des jeunesses travaillistes libérales eut été fortement appuyée par son mentor, Karim Wade.

 

Dans cette quête de leadership, Oumar Sarr le coordonnateur semble prendre de l’avance sur ses «frères» pour avoir réussi à narguer les forces de sécurité le temps d’une journée avec sa traversée de la frontière sénégalaise pour la Mauritanie alors qu’il est frappé d’interdiction de sortie du territoire. Selon un observateur de la scène politique, ce regain brutal de tension entre le pouvoir et l’opposition est dans la logique de la perspective de «contrôle de la famille libérale». «Autant Idrissa Seck et Macky Sall veulent récupérer ce qui reste du Pds, autant ceux à qui Wade a confié le parti veulent en hériter une fois pour toutes», ou simplement, durablement. «Sans en donner l’impression, chacun veut s’appuyer sur la grande famille pour consolider son parti et conserver le pouvoir, s’agissant de Macky Sall, ou conquérir le pouvoir pour ce qui est des autres», poursuit-t-il.

 

DAOUDA GBAYA

 

 

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