Publié le 1 Dec 2020 - 22:30
CÉLÉBRATION DE SES 40 ANS DE CRÉATION

Kalidou Kassé change de démarche artistique

 

Surnommé ‘’Le Pinceau du Sahel’’, Kalidou Kassé occupe une place centrale dans l’histoire de l’art au Sénégal.  Il est célébré pour ses 40 ans de création. A l’occasion de cette fête, le peintre adopte une nouvelle démarche.  

 

Kalidou Kassé a réussi son pari qui est de fêter ses 40 ans de carrière ‘’comme un jeune artiste qui a 20 ans’’. Il a effectivement montré qu’il est capable de se régénérer. Au musée des Civilisations noires où se déroule, pendant un mois, une série de manifestations, dans le cadre de cet anniversaire, ''Le Pinceau du Sahel'' expose des œuvres qui témoignent d'un changement radical d’approche plastique. À travers une exhibition intitulée ‘’Giss giss bu bes’’ (une nouvelle vision, en wolof), au-delà des personnages filiformes, du tissage, des couleurs éclatantes, etc., qui font sa marque de fabrique, le peintre de renom entraîne son public dans un univers galactique (couleur bleue) avec une série de radioscopie, de radiographie. Ce qui relève de l’expérimentale et qui est propre à la médecine.

Ainsi, ce grand plasticien, qui n’aime pas se répéter, s'inscrit dans une nouvelle démarche pour changer de paradigme. ‘’C’est une nouvelle œuvre de Kalidou Kassé qui est totalement différente de ce que nous savions de lui. Tantôt, elle est abstraite, tantôt, on sent les êtres filiformes disparaître  avec des couleurs qui sortent de la gamme de ce que Kalidou Kassé avait l’habitude de nous faire voir. Donc, ‘Giss giss bu bes’, c’est une vision sociale, une vision plastique’’, a indiqué le directeur artistique de l’évènement, El Hadj Malick Ndiaye, vendredi dernier, lors du vernissage de cette exposition.

En effet, derrière ce changement de démarche esthétique et d’orientation plastique de M. Kassé, il y a un diagnostic d’une société en crise avec la pandémie et l’émigration irrégulière. Lequel diagnostic devrait permettre de soigner les maux. ’’Nous faisons face à tellement de fléaux que le monde va à la dérive. Avec ses atrocités humaines, on se demande si les êtres sont normaux. Il est important de radiographier les têtes, de les scanner pour savoir ce qui se passe, parce que nous sommes malades. On sait qu’il y a quelque chose qui nous fait mal, mais on ne sait pas de quoi il s’agit’’, a expliqué l’artiste.

En outre, il aborde, entre autres, des sujets liés à l’environnement.  ‘’Par exemple, dit-il, à Dakar, chacun construit comme il veut. Il faut redéfinir les espaces. Qu’il ait un espace de respiration où il n’y a que des arbres. Cet écosystème qui déteint sur notre environnement et sur notre santé.

‘’Giss giss bu bes’’ est ainsi ‘’une invitation pour que nous construisions, ensemble, un nouveau futur sur la base de nouveau model’’. En effet, l’objectif principal de cet évènement, c’est le partage d’un bilan à mi-parcours, pour affronter le futur. Comme aime le rappeler le directeur artistique M. Ndiaye, ‘’dans l’histoire de chaque artiste, il existe un temps où faire le point devient vital pour la poursuite de l’itinéraire, surtout en tant de crise’’.

Ainsi, une trentaine de toiles dont deux tapisseries sont présentées aux amoureux de l’art dans cet espace symbolique du musée des Civilisations noires.  

En parlant de la carrière de Kalidou Kassé et de son engagement, le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, dit qu’il ne peut distinguer le citoyen de l’artiste qui impressionne par sa capacité à s’intéresser aux sujets les plus sensibles comme celui des enfants. ‘’Votre action place l’art au centre de la vie et porte les couleurs du Sénégal aux quatre coins du monde. Vous faites partie de ces artistes qui se soucient de leur société, de leur communauté’’, a indiqué M. Diop.

Pour sa part, le directeur général de la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS), Mamadou Bocar Sy, a estimé que Kalidou Kassé, l’un des précurseurs de l’art contemporain du Sénégal, est un ‘’condensé de plusieurs facettes’’. Pour lui, Kassé est un ‘’homme de culture, un humaniste, un entrepreneur et un pédagogue. Il a participé activement au renforcement du patrimoine culturel du Sénégal et de l’Afrique, et continue à positiver notre image dans le monde’’. La BHS était surtout présente à la célébration des 40 ans de création de Kalidou Kassé, parce qu’elle, également, fête ses 40 ans de financement et de logement. Et M. Kassé est membre du Conseil de fondation de cette banque qui a reçu en octobre 2019 son décret de reconnaissance d'utilité publique.

BABACAR SY SEYE

Section: 
LITTÉRATURE – AMOUR, TRANSPARENCE, CONFIANCE, CONTRÔLE… « L’Équilibre du cœur » suscite réflexion
20 ANS D’AFRICULTURBAN Le hip-hop sénégalais sur le piédestal
FESTIVAL REKK Le Sénégal s'enrichit d'un nouveau festival
RESTITUTION ARTISTIQUE AU GRAND-THÉÂTRE : Théâtre-forum et playback à l’honneur
TRANSPOSER L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE EN MILIEU PROFESSIONNEL... Sokhna Diaw développe le concept Teranga esprit
FEMMES INVISIBILISEES - RECITS OUBLIES : Le pari de PluriElles
16E EDITION DAK’ART : Enfin la date connue !
DISPARITION D’UNE ICONE : Seni Awa Camara, la sculptrice de la terre s’en est allée
TANIT D’OR JCC 2025 : Liti-Liti, une déclaration d’amour à l’humain
EXPOSITION ‘’TES VUES / MA VIE’’- FOLIE SUR LES RESEAUX SOCIAUX L’artiste Boubacar Diallo invite à l’introspection
COPIE PRIVÉE ET DROITS D’AUTEUR : L’État donne le signal, les artistes attendent les actes
CULTURE : Thiès accueille les trésors retrouvés du champ de bataille de Samba Sadio (1875)
Dalifort Hip Hop
50 ANS DE CARRIÈRE DE SOULEYMANE FAYE : Célébration d’un demi-siècle d’art et de sagesse sur scène
RENTRÉE SCOLAIRE 2025/2026 : L’U2PF mise sur l’égalité des chances
LIVRE – DJEMBERÉ, CELLE QUI CHANGE TOUT : Une résiliente face au chaos institutionnel et social
PROLIFÉRATION DES MÉDIAS ÉTRANGERS : Péril sur la souveraineté
ACCES 2025 : Le musique africaine rencontre le monde à Pretoria
TROISIEME EDITION FESTIVAL JOTAAY JI : Dakar a vibré aux voix du féminisme 
BARRIÈRES À L’AUTONOMISATION DES FEMMES : La plaidoirie de l’AJS