Publié le 4 Feb 2014 - 23:24
CANDIDATURES INDÉPENDANTES, ACTE 3, CUMULS, CNRI

L’UNIS charge Macky Sall

 

Les revirements du chef de l'Etat, son «dilatoire» au sujet de la Cnri, l'exclusion des indépendants pour les locales, entre autres griefs, ont été dénoncés hier par l'Union des indépendants du Sénégal (UNIS) au cours d'une conférence de presse.

 

‘’Nul ne doit être obligé d’être associé à un parti avant de postuler comme conseiller municipal.’’ C’est la conviction défendue par l’Union des indépendants du Sénégal (UNIS). En conférence de presse, hier à son siège, son président estime en effet qu'«être membre d’un parti politique n’apporte absolument rien aux compétences nécessaires à un maire pour gérer et développer une collectivité locale».

Déplorant la non-implication des indépendants à la revue du code électoral, Amadou Guèye, membre fondateur du mouvement ‘’Ci laa bokk’’, demande aux autorités de rectifier le tir. Quitte à reporter de nouveau la tenue de ces joutes locales, dit-il.

‘’Des élections sans la possibilité pour un citoyen non-membre de parti politique de s’y présenter n’est pas une élection ouverte et libre’’, soutient ce membre du M 23. Il ne croit pas à ‘’l’idée’’ défendue par le ministre des Collectivités locales  selon laquelle ‘’le budget prévu ne permettra pas la participation des indépendants à ces joutes électorales’’.

Ce, d’autant que le président de la République, Macky Sall, dit-il, ‘’était favorable’’ à cette initiative. C’est pourquoi M. Guèye invite à un ‘’véritable consensus’’ autour de la question.

Ce même consensus doit prévaloir, d’après le leader de l’Unis, concernant l’acte 3 de la décentralisation dont il dénonce ‘’les cacophonies’’. L'union note, en effet, que ‘’la restructuration des communes d’arrondissement et territoires ait été abandonnée tout simplement parce que des maires ont menacé le président qui a reculé’’.

Or, relève-t-il, ‘’la seule appréciation’’ des politiciens sur la question ‘’est liée au maintien et au renforcement de leurs strapontins’’. Regrettant le ‘’manque de concertation’’ autour de l’acte 3 de la décentralisation, Amadou Guèye et ses camarades demandent que ‘’l’intégralité’’ du projet de réforme ‘’fasse l’objet d’une information publique complète’’.

«Cache-cache avec la Cnri»

Par ailleurs, ‘’les reculades’’ du pouvoir ‘’ sur le cumul des mandats électifs avec les postes de ministre, directeur général ou député sont aussi dénoncées par M. Guèye. Cette attitude, dit-il, ‘’marque une volonté de concentrer le pouvoir entre les mains de quelques acteurs politiques, notamment les politiciens des partis’’ et qui contribue à la ‘’mauvaise gestion’’ des affaires publiques.

Or, rappelle-t-il, ’’le Sénégal n’est pas une oligarchie organisée autour des politiciens qui sont les seuls à gérer le pouvoir aussi bien au niveau local qu’au niveau national’’.

Sur un autre terrain, l'Unis a fustigé le ‘’dilatoire’’ que  ‘’le président de la République fait’’ par rapport à la réforme des institutions ‘’en refusant  de recevoir (les) conclusions’’ de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI)  ‘’pour se déterminer’’.

‘’Ce cache-cache, explique-t-il, doit être tranché puisque ces réformes institutionnelles touchent aussi les candidatures indépendantes, la décentralisation, les mandats électifs, la réduction du mandat présidentiel, les rapports entre le président et le Premier ministre, la gouvernance judiciaire, etc’’. Mettant Macky Sall devant ses responsabilités,  le patron de l’UNIS déclare : ’’Si le pouvoir ne veut pas de ces réformes, qu’il se détermine et nous passerons à autre chose.’’

DAOUDA GBAYA

 

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