Publié le 22 Nov 2016 - 19:09
CIRCULATION ET DIFFUSION DES ŒUVRES THEATRALES

Plaidoyer pour la création d’une confédération Afro-Arabe 

 

Des professionnels de la scène prennent actuellement part aux 18e journées théâtrales de Carthage qui se tiennent à Tunis. Au terme des  rencontres professionnelles tenues au siège du théâtre national tunisien El Halfaouine, il a été proposé la mise sur pied d’une confédération Afro-Arabe.

 

La 18e édition des journées théâtrales de Carthage s’est ouverte samedi passé à Tunis et se poursuit jusqu’au 26 de ce mois. Dans le cadre de cette session sont organisées des rencontres professionnelles qu’accueille le siège du théâtre national tunisien El Halfaouine. Tribune a ainsi été offerte à la cinquantaine de directeurs de festivals, représentants d’ONG spécialisées dans le développement du dialogue interculturel et programmeurs invités de parler des écueils auxquels ils font face. Ce qui les a poussés d’ailleurs à proposer la création d'une confédération afro-arabe pour le théâtre.

Car la diffusion des œuvres théâtrales en Afrique et dans le monde pose très souvent problème. Alors que le théâtre est un art majeur mais qui souffre d’un manque criard de moyens ici en Afrique Noire comme dans le Maghreb. Conscients de cela, les participants à ces rencontres professionnelles ont fait des propositions allant dans le sens de renforcer les bases économiques des compagnies ainsi que la formalisation des troupes qui demeurent un impératif, surtout en Afrique subsaharienne.

En outre, avec cette confédération, l’objectif est de créer une passerelle entre les créateurs arabes et africains. Ce qui facilitera la circulation des œuvres. Mais également, elle permettra de mettre fin aux stéréotypes entre les Arabes et les Africains.

Par ailleurs, parlant des difficultés auxquelles ils sont confrontés, le directeur des journées théâtrales de Carthage a parlé des siens. Lassaad Jamoussi dit subir des pressions et vivre des querelles mesquines. Face à ces dernières, lui l’intellectuel et l’artiste ne peut plus faire face. C’est pour cela qu’il a décidé de déposer sa démission au lendemain de la présente édition des journées théâtrales de Carthage. C’est ainsi qu’a été rappelée la proposition de mise en place d’un conseil supérieur de la culture qui va élire les différents directeurs des festivals dont les journées théâtrales de Carthage.

Déclaration de Carthage

Ces rencontres professionnelles étaient une occasion de présenter la déclaration de Carthage pour la protection des artistes en situation de vulnérabilité. Elaborée en 2015 par un groupe d’artistes, d’universitaires et de militants tunisiens pour les droits des artistes, ladite déclaration est le fruit d’une initiative de la session précédente des journées théâtrales de Carthage. Elle est la résultante d’un constat : ‘’les artistes, sont de plus en plus exposés à des actes intolérables portant atteinte à leur intégrité physique et morale, les privant du droit de créer librement, notamment dans les pays instables et dans les zones de conflits armés’’. C’est pour cela que le texte de la Déclaration mentionne ‘’qu’il est tout aussi nécessaire qu’urgent de consacrer une “Déclaration” appelant à la “protection des artistes persécutés, en situation de vulnérabilité, d’insécurité et de précarité, en situation périlleuse, dans les zones à risque et dans les zones de conflits armés, de prendre les mesures appropriées et d’instituer des mécanismes spécifiques pour assurer cette protection’’.

Et si le texte qui va être soumis aux Nations unies pour qu’il soit entériné a été présenté aux invités des journées théâtrales de Carthage, c’est pour que ceux-là soient les relais dans leurs pays. En effet, ‘’il est attendu de chaque pays la constitution d'un réseau pour le suivi de cette déclaration et la liberté de circulation des artistes et des créations dans l'espace Afro-Arabe, un autre chantier pour la société civile culturelle que le ministère de la Culture et de la Communication, à travers la direction des Arts, soutiendra’’, lit-on sur la page facebook du directeur des arts actuellement à Tunis, Abdoulaye Koundoul.

B. BOB

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