Publié le 2 Apr 2012 - 11:51
CONTRIBUTION

Première dame et stigmatisation

 

Dans l’euphorie de la victoire souhaitée quand même par l’écrasante majorité des Sénégalais, un commentaire est passé qui m’a particulièrement ému. Et je ne suis peut-être pas le seul. « Enfin du curaay au palais présidentiel » « Enfin une diongama » se sont exclamés des journaux, « Enfin une Sénégalaise bon teint comme première dame », a commenté le présentateur du JT du soir de la RTS, le même jour.

 

Loin de nous l’idée de penser que ces différentes sorties aient un quelconque relent xénophobe, mais la stigmatisation est sans équivoque. Ces commentaires laissent penser que toutes ces premières dames qui ont défilé au palais de la République de Colette Senghor jusqu’à Viviane Wade en passant par Elisabeth Diouf n’étaient que des Sénégalaises factices. Rien à voir avec Marème Faye Sall, une diongama du Sine qui va embaumer le palais et ses environs de bon ninmali.

 

Que se passerait-il passé si aux Etats Unis, au départ prochain de Barack Obama, un journaliste du New York Times ou de ABC saluait le retour à la maison blanche d’une Wasp (White, Anglo-Saxon, Protestant) à la place d’une Noire, l’actuelle 1ère dame américaine, Mme Michelle Obama ? Imaginez un peu qu’un journal français salue une équipe de France de football composée uniquement de toubabs... On voit d’ici la levée de boucliers outrée des « citoyens du monde » d’ici et d’ailleurs. Parfois la stigmatisation n’est pas consciente.

 

Ibrahima MBENGUE, Bargny

mbengmbor@yahoo.fr

 

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