Publié le 17 May 2017 - 21:29
COTE D’IVOIRE – GAMBIE - TRACASSERIES AUX FRONTIÈRES CEDEAO

Les solutions de Macky Sall et Akufo-Addo

 

Les chefs d’Etat sénégalais et ghanéen ont profité hier d’un point de presse conjoint au Palais pour parler des grandes questions de la communauté ouest-africaine, dont son géant malade, la Côte d’Ivoire.

 

Après une première série de visites chez ses voisins immédiats : Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Togo, le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a déclaré vouloir se présenter à ses homologues leaders ouest-africains dans le but d’assurer d’intenses coopérations bilatérales. Mais la situation chez son voisin de l’ouest l’inquiète au même titre que le Président sénégalais. Addo : ‘’Quand quelque chose se passe dans un pays, c’est toute la sous-région qui en est affectée. Les gens ne diront pas que c’est la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, ils diront l’Afrique de l’Ouest. Je suis heureux des efforts que fournit le gouvernement de Ouattara pour mettre fin à cette histoire. Il semble que les mutins ne soient intéressés que par leur argent, ils n’ont pas d’agenda politique’’, a relativisé Nana Akufo-Addo. 

La Présidente en exercice de la Cedeao, Ellen Johnson Sirleaf, a sorti un communiqué le lundi et a dépêché à Abidjan le président de la Commission, Marcel Alain de Souza. Après avoir regretté la situation, le Président Macky Sall a demandé aux mutins ivoiriens d’aller à la table des négociations.  ‘‘C’est très regrettable puisque nous avons des pays et des économies fragiles. La Côte d’Ivoire est la tête de pont au sein de l’Uemoa et la troisième économie de la Cedeao après le Nigeria et le Ghana. C’est un pays important pour nous, pour la sous-région.

C’est un appel que je lance ici à l’ensemble des membres des Forces de défense et de sécurité de rejoindre les casernes et à continuer les discussions avec le président de la République de Côte d’Ivoire et son gouvernement, pour que les questions posées soient réglées dans le cadre de négociations normales comme dans une République. C’est dans la discussion que les solutions seront trouvées.  Le Président Ouattara y est disposé. Nous lui apportons tout notre soutien'', a déclaré Macky Sall. Toutefois, à la mi-journée d’hier mardi, les soldats ivoiriens mutinés, par la voix d’un de leurs chefs, Cissé Fousseni,  ont annoncé qu’ils acceptaient un accord avec le gouvernement sur le versement des primes restantes et convenaient dans le même temps de regagner leurs casernes, d'après le Monde Afrique. Ceci après que le ministre ivoirien de la défense, Alain-Richard Donwahi, a annoncé avoir trouvé un accord avec les mutins lundi soir.

Quant au règlement pacifique de la crise postélectorale gambienne, le président Sall a salué l’option de la continuité adoptée par Akufo-Addo alors nouvellement élu et le fait d’avoir détaché un contingent ghanéen qui est toujours sur place.  ‘‘Nous sommes heureux d’être ensemble dans cette coalition où le Sénégal a fourni le plus d’hommes pour rétablir les conditions de transfert de l’autorité et à la légalité de prévaloir après l’élection de Adama Barrow’’.

Jeu d'équilibre

Dans un réquisitoire très panafricain, déclarant que l’Afrique des précurseurs, Kwamé Nkrumah et Léopold Sedar Senghor, ‘‘est très proche d’être  réalisée’’, le président ghanéen a réitéré la place essentielle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. ‘‘L’importance de la Cedeao ne peut être ignorée. C’est un désir commun d’apporter la prospérité, d’unir nos idées. Le temps est venu de travailler ensemble pour briser ce cycle de pauvreté pour amener la prospérité’’, a-t-il déclaré.  Mais les nombreuses tracasseries administratives sur les personnes, biens, et capitaux, aux frontières des différents pays de cet espace communautaire, sont un véritable frein à l’intégration.

 ‘‘Le problème que vous posez est réel. Nous sommes conscients qu’il y a des barrières aux frontières et dans les pays. La solution durable est que nous devons travailler sur le renforcement des moyens de communication entre pays africains et sur le développement du transport aérien et du transport ferroviaire à la fois. Lorsque nous aurons réussi ces transafricaines, il y aura moins de tracasseries aux frontières. Nous travaillerons à éradiquer ces phénomènes. Ce qui prendra du temps, il ne faut pas se voiler la face’’, a commenté Macky Sall. Mais, ajoute-t-il, l’exigence sécuritaire est un paramètre important à prendre en compte. ‘‘La contrainte qui nous limite dans cette libre circulation sont les impératifs de sécurité qui nous obligent à procéder aux contrôles à la frontière. Les malfaiteurs circulent librement et profitent des facilités qu’offre la communauté pour passer d’un pays à l’autre. Il nous faut donc combattre les barrières administratives, la corruption, et assurer les fonctions de sécurité transfrontalière’’, a conclu le président Sall.

OUSMANE LAYE DIOP

 

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