Publié le 1 Feb 2017 - 13:02
DÉPENSES PUBLIQUES D’ÉLECTRICITÉ DE L’ÉTAT

30 milliards par an pour un parc de 7000 abonnements

 

L’Agence pour la maîtrise et l’économie d’énergie veut faire baisser la facture d’électricité de l’Etat qui est estimée à 30 milliards de F Cfa par an. Pour y arriver, l’Aeme veut mettre fin à toutes les niches de gaspillage.

 

L’Etat est le plus grand consommateur d’électricité. Il reste le premier client de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec). Ses dépenses publiques dans ce domaine sont estimées à 30 milliards de F Cfa. Ce qui représente 10% du chiffre d’affaires de la Senelec. Une manne financière jugée très élevée, si l’on sait que les services publics ne comptent que 7000 polices, soit en valeur relative 0,6% de la clientèle de Senelec. L’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme), qui a fait ce constat à travers une étude qu’elle a partagée hier au cours d’un Comité régional de développement (Crd), voit mal comment moins de 1% du parc d’abonnés peut générer 10% du chiffre d’affaires de la Senelec qui compte plus d’un million d’abonnés.

Mais la réponse est très vite trouvée par le gouverneur de la région de la Dakar. Mohamed Fall, qui a présidé ce Crd, explique que cette forte consommation d’électricité par les services publics est liée à un certain nombre d’anomalies dont les ‘’occupations illégales et irrégulières’’, les ‘’branchements non conformes’’… La région de Dakar totalise, à elle seule, 1 669 abonnements soit 24% du total des polices de l’État. Rien que pour la capitale sénégalaise, les structures publiques payent 17 milliards de F Cfa, c’est-à-dire 59% des dépenses publiques d’électricité.

En effet, le directeur technique de l’Aeme, Daouda Gassama, qui a fait la présentation sur les dépenses publiques d’électricité de l’Etat, renseigne que parmi les manquements qui font grimper la facture de l’Etat, il y a des locaux administratifs occupés par des tiers au frais du contribuable, des fraudes d’électricité par des bénéficiaires non ayants droit, surtout dans les écoles publiques, les postes de santé… En 2014, informe toujours M. Gassama, l’Etat a payé 19 millions de F Cfa de factures pour 26 polices non utilisées. Cela s’explique, dit-il, par le fait que des services de l’Etat quittent des lieux sans pour autant résilier les contrats.

Niches de gaspillage

En outre, parmi les niches de gaspillage, il y a l’éclairage public dans les collectivités locales. D’après le directeur technique de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’électricité (Aeme), dans beaucoup de communes, des lampes sont allumées en plein jour, alors qu’il suffit juste de disposer d’une horloge astronomique qui ne coûte pas plus de 50 000 F Cfa pour que les lampes s’allument chaque jour à partir de 19h et s’éteignent automatiquement à 7h. Mais, il y a une autre donne qui explique que, dans beaucoup de collectivités locales, les lampes publiques soient allumées en plein jour. Selon le maire de Pikine Nord, Amadou Diarra qui a participé à ce Crd, il y a un vol récurrent du petit matériel installé dans les postes de courant. Ainsi, il demande à l’Etat d’aider les communes dans ce sens.

Ainsi, l’Aeme dont la principale mission est de ‘’faire la promotion de l’utilisation rationnelle de l’énergie dans l’administration, les ménages, les industries’’, veut faire baisser la facture d’électricité de l’Etat. D’après son directeur général, Birame Faye, son objectif est de faire baisser de 15% cette facture qui se chiffre à 30 milliards de F Cfa par an dont 22 milliards sont consommés par la seule administration centrale.

C’est dans ce cadre, dit-il, que l’Aeme a lancé le programme Sar-Del (Analyse, suivi et réduction des dépenses d’électricité du secteur public). Grâce à ce projet, les agents de l’Aeme ont su découvrir des erreurs de facturation, des consommations estimées par la Senelec et qui sont, pour la plupart, en défaveur du client. Autre manquement constaté par l’Aeme, le building administratif qui est en construction depuis 2014 continuait à payer une facture mensuelle de 12 millions de F Cfa, alors que l’entrepreneur qui avait en charge les travaux avait pris son propre abonnement. Un écart que l’Aeme impute à la Senelec.

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

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