Publié le 12 May 2013 - 12:15
DIFFÉREND ENTRE IDY ET MACKY

 Les dessous d’une brouille

 

Les sorties au vitriol de Idissa Seck contre le régime de Macky Sall s’expliquerait par le fait que ce dernier se montrerait de moins à moins ouvert à ses alliés de Benno Bokk Yaakaar. Au point que d'autre ''compagnons'', tel Ousmane Tanor Dieng sont en train de danser sur la même musique que Idy. 

 

''Interdire une marche au Sénégal au 21e siècle, c’est totalement inacceptable''. En dénonçant la mesure d’interdiction de la marche des libéraux prise par le pouvoir, en marge de la cérémonie d’installation, mercredi, du Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, maintient la cadence de le plantage de banderilles contre le régime de Macky Sall. M. Seck n’entend apparemment plus accorder de répit au successeur de Wade au motif que ''ses erreurs s’accumulent de jour en jour''.

 

Le leader de Rewmi, qui semble avoir adopté depuis quelques temps la posture d’un ''opposant au pouvoir'' ne rate pas d’occasion pour critiquer l’action du gouvernement du Premier ministre Abdoul Mbaye. Cette attitude d'un allié - officiellement s'entend - n'est évidemment pas du goût des partisans de Macky Sall qui y voient ''un manque de loyauté'' vis-à-vis du président de la République. Mais le maire de Thiès se défend de ne ''décrire que la situation difficile du pays'' tout en exhortant le gouvernent à ''accélérer la cadence''.

 

Mais le problème entre les deux anciens responsables libéraux est en réalité moins lié aux déclarations médiatiques et médiatisées d'Idrissa Seck qu'à une absence de communication entre les leaders de la coalition Benno Bokk Yakaar dont est (encore) membre le leader de Rewmi. ''Depuis plusieurs mois, confie une source digne de foi, Idy n’a pas rencontré Macky Sall. En décembre dernier, son directeur de cabinet Mor Ngom l’appelé au téléphone pour lui dire que le président souhaiterait lui parler et qu’il allait le rappeler. Ce qu’il n’a pas fait à ce jour. Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’on aide Macky Sall ?''.

 

Cette rupture de dialogue a été d’ailleurs confirmée par celui qui avait pour ambition de devenir le quatrième président du Sénégal avant d'être doublé par l'actuel locataire du Palais. ''Nous n’avons pas encore eu l’opportunité de nous rencontrer. Mais, vous savez, (Macky Sall) m’entend quand je parle'', a observé Idrissa Seck.

Pourtant, le président de la République, lui, se garde jusque-là de répondre à son allié politique et minimise : ''C’est son droit de critiquer, ça n’a aucune espèce d’importance pour moi'', a déclaré Macky Sall depuis les États-unis où il était en visite officielle. ''Ce qui m’importe c’est ce que je laisserai après mon mandat en terme d’infrastructures, dans le domaine de la santé, etc.'', a-t-il poursuivi. Pour notre interlocuteur, c’est faire preuve de mauvaise foi que de taxer Idy de ''déloyal'' alors qu’aucun espace de discussion n’est créé au sein de la mouvance présidentielle. ''Macky Sall a la chance d’avoir comme alliée d’éminentes personnalités politiques, il devait donc profiter de leur expérience plutôt que de les négliger'', croit savoir notre source.

 

De fait, cette brouille entre les deux anciens Premier ministres, dont les dommages collatéraux commencent à se faire sentir - limogeage du Dr Abdourahmane Diouf de la direction de la Sones - préoccupent au plus haut niveau certains familles religieuse. ''Lors d’une visite à Touba, Idy a été interpellé par un marabout commun à Macky Sall qui s’inquiétait de la dégradation de leurs rapports'', confie-t-on. Et ils sont de plus nombreux, les alliés de BBY a sortir de leur torpeur et à mettre la pression sur le régime de Macky Sall. La dernière en date, c’est celle du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng qui, la semaine dernière à Guet Ndar, a demandé le président Sall de ''respecter ses engagements'' de réduire les prix de denrée de première nécessité. Or l'amitié, le respect que se voue Idy et Tanor est un  secret de polichinelle. C'est à se demander jusqu'à quand, ce jeu de ''dupes'' entre alliés déclarés, aux agendas évidemment conflictuels ?

DAOUDA GBAYA

 

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