GRÈVE DES TRANSPORTEURS ROUTIERS, LE 25 DECEMBRE
Les syndicalistes dénoncent les ‘’arnaques’’ sur la route

L’Intersyndicale du secteur des transports et l’Union des routiers du Sénégal comptent manifester leur mécontentement à travers une grève, le 25 décembre. Ils dénoncent des tracasseries routières qu’ils subissent.
L’Union des routiers du Sénégal et l’Intersyndicale du secteur des transports décident de faire grève le 25 de ce mois. En conférence de presse hier, le secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal, Gora Khouma, a dénoncé les tracasseries dont les routiers sont victimes, avant d'exiger une réglementation des postes de contrôle. Ils veulent des hommes de loi sur les routes et non des hommes de tenue. Car ces derniers exigent le respect du drapeau national et l’homme de loi ne fait que ce qui est dicté par la loi. ‘’Nous subissons des tracasseries venant de la douane, de la police et de la gendarmerie. A chaque fois que nous tenons de réunions avec les commandements de la police, de la gendarmerie et de la douane, la hiérarchie révèle des sanctions, mais c’est insuffisant. Il faut corriger ceux qui ne font pas leur boulot comme il faut’’, dit Gora Khouma. Selon lui, ‘’le président de la République Macky Sall cautionne tous ces manquements et est le seul responsable’’.
‘’On n’a pas affaire avec les maires qui signent les arrêtés pour interdire le stationnement des gros-porteurs, ni avec un ministre des Transports, on a affaire avec le président de la République. Le 25 décembre est notre jour d’indépendance. Nous appelons tous les routiers pour que la grève soit respectée. Nous sommes pour le contrôle, mais pas un contrôle d’arnaque’’. Gora Khouma renseigne que même les camions frigoristes sont concernés par la grève.
L’autre souci est le manque de parking. Dans ce sens, le secrétaire général du Syndicat des acteurs du transport national et transnational, Pape Mamadou Ndiaye, révèle qu’ils subissent des sabots, alors qu’il n’y a pas assez de parkings. C’est pourquoi Gora Khouma déclare qu’ils sont ‘’prêts pour que les parkings soient payants’’.
‘’Le ministre doit respecter sa parole’’
Compte tenu de la situation, le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Ndiouga Wade, invite le ministre à respecter sa parole. Il l’invite au dialogue. Le secrétaire général du Syndicat national des gros-porteurs et transports en commun du Sénégal, Pape Diallo Niang, signale que cela fait trois mois qu’ils envoient des signaux au gouvernement. ‘’Le nouveau ministre des Transports, Mansour Faye, avait demandé du temps, un mois, pour étudier le dossier, sachant que la grève était prévue le 25 novembre. Il avait écrit noir sur blanc qu’il allait intervenir. Et depuis lors, il n’a pas réagi’’, fait remarquer M. Niang.
Lors de sa dernière sortie, souligne-t-il, le ministre a dit que les postes de contrôle vont être augmentés, alors que c’est ce que les transporteurs dénoncent. ‘’Donc, on peut en déduire que ce dernier n’est pas en mesure de satisfaire nos revendications, c’est-à-dire les tracasseries routières’’, dit-il.
Pape Diallo Niang de dénoncer les nombreux faux policiers et douaniers. ‘’Cela est fréquent, parce qu’ils savent que c’est un moyen de s’enrichir vite. Nous disons non. Et entre eux, les forces de l’ordre, la gendarmerie et la police, se bousculent les postes de contrôle. Ils se chamaillent tous les jours. Ce qu’ils font ce n’est pas dans l’intérêt général, mais personnel. Ils préfèrent tout le temps aller dans la circulation. S’il n’y a pas d’infraction, ils demandent 1 000 F CFA. C’est ignoble’’, fulmine-t-il. Avant d’affirmer que les chauffeurs font partie de la vague des jeunes qui prennent les pirogues. ‘’Ils s’adonnent à cela à cause des tracasseries’’, affirme-t-il. Il donne en exemple le policier Amoul Yakaar qui a été décoré pour sa droiture.
Le secrétaire général du Syndicat des acteurs du transport national et transnational, Pape Mamadou Ndiaye, pointe, lui, la non-réglementation des postes de contrôle. ‘’Ils nous arnaquent. C’est pour cela que nous avons créé l’Intersyndicale et nous appelons tout le monde à adhérer au mouvement de grève’’, dit-il. Le jeune syndicaliste prend à témoin toute la population sénégalaise. Maintenant, fulmine-t-il, ‘’nul n’est épargné. Celui qui ne respecte pas et celui qui respecte la charge des 35 t pour les camions, est victime de tracasseries. Trop, c’est trop’’, martèle celui qui estime que les règles de la CEDEAO sont violées, car il n’est plus permis plus de trois postes de contrôle sur la route. ‘’Il y a plus de cinquante points de contrôle. Le pire, si le chauffeur commet une infraction, il doit écoper d’un reçu d’amendement forfaitaire, puisque c’est vers l’international. Mais les forces de l’ordre préfèrent l’attestation. Alors que l’attestation doit être délivrée lorsqu’il ne peut pas payer. Pire, la brigade se trouve parfois à un kilomètre du poste’’, dénonce-t-il.
Aida Diène
Section: