Publié le 18 Apr 2018 - 22:36
LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DES INFRASTRUCTURES DES TRANSPORTS TERRESTRES ET DU DÉSENCLAVEMENT

Ces marchepieds surélevés qui font très mal

 

Après la nourriture, la sécurité est le besoin fondamental de l'homme, nous ont enseigné nos maîtres et éducateurs.

En fait de sécurité, mieux vaut prévenir que guérir. C’est sans doute nanti de cette précaution que l'État sénégalais a instauré la Semaine Nationale de la Prévention Routière qui va du 12au 18 avril 2018.  Dans la même optique de prévention, la GMA adresse cette lettre ouverte au ministre des transports pour attirer son  attention sur un grand danger public : les marchepieds des Mercedes Benz appelés Ndiaga NDIAYE.

La Génération  Mentalité Alternance (GMA) est une association légale avec le récépissé numéro 13900  de mai 2009. Son objectif est de contribuer au développement culturel, civique et économique des sénégalais.

Les marchepieds des Ndiaga NDIAYE posent  une double insécurité : soit ils sont trop hauts, surélevés,   soit ils sont mal faits voire bricolés. Or qui fréquentent ces  car  et arpentent ses marchepieds ? La réponse coule de source : ce sont les populations les plus nombreuses et les plus vulnérables: les personnes à mobilité réduite, les hommes et femmes du troisième âge, les enfants...bref le peuple.

Tous ces citoyens et citoyennes sont donc exposés à un risque réel et permanent  d'accidents, de malaise de courbatures et même de chutes.

Dans un souci d'objectivité et un esprit de responsabilité, la commission de recherche de la GMA a fait un sérieux travail de terrain : des interviews d'apprentis et de « coxeurs », des rencontres avec les structures syndicales du transport. La conclusion est la même partout : par leurs hauteurs les marchepieds des ndiaga NDIAYE  sont des sources d'accident et d'inconfort pour des milliers de clients. Plusieurs citoyens nous ont confié avoir des problèmes de reins ou de genoux en montant ou descendant de ces marchepieds. Et cela est tout simplement inconcevable Monsieur le ministre .Nos chiffres montrent que ces marchepieds  ont des hauteurs compris entre 20 à 73 cm.  Il faut donc  passer  à un nivellement vers le bas. J'entends encore l'aveu terrifiant d'un grand leader syndicat : " j'ai vu une femme enceinte descendre d'un marchepied, si on vient me dire qu'elle a avorté, je ne dirais  pas le contraire. " D'autres témoignages font état de vieux qui tombent en descendant, ou d'autres citoyens qui se retrouvent  avec des égratignures ou des habits déchirés. 

Mieux les chauffeurs, apprentis et responsables syndicaux ont reconnu d'ailleurs  que  ces hauts marchepieds n'ont plus leurs raisons d'être. Car ils s'étaient conçus pour protéger les lames du car dans la traversée du " bac gambien" et dans les longs voyages  interurbains, avec de lourds chargements. Or l'écrasante majorité de ces bus n'assure désormais que le trajet urbain du genre" Fann sicap, Thiaroye keur  massar, Pikine colobane etc "

Au-delà des ses tristes constats et leurs explications, dans ses investigations, la GMA détient une solution idéale contre ce mal qui est l'objet de mille plaintes et frustrations au sein des masses concernées. Cette solution la GMA compte la partager avec vos services lors de notre rencontre, comme prévu dans votre réponse à notre demande d'audience.

Monsieur le Ministre, il est vrai que la circulation tue énormément, que des mesures sont annoncées par l'État. Mais prévention routière pour prévention, la GMA reste disponible pour étudier davantage ce phénomène qui ne devait plus exister dans un pays qui chante l’émergence. Et en guise de conclusion, Monsieur le Ministre méditons  ceci : le diable se trouve dans le détail. Notre pays, depuis des décennies,  se meurt sous le poids des mauvaises mentalités. Les mauvaises mentalités sont des prisons de longues durées souvent insensibles. Or négliger un fait qui menace et atteint  l'intégrité physique et psychologique de millions de sénégalais est incontestablement une des pires mauvaises mentalités. Cette forme de négligence  mine gravement le sentiment d'appartenance à un tout sociopolitique qu'on nomme Nation ou État.                                                                                                        

Merci et à bientôt et « citoyennement » vôtre Monsieur le Ministre.

Mamadou sanoussy Ba,                                                                                                                                Président de la Génération  Mentalité Alternance (GMA) 

 

Section: 
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel
De grâce ne nous faites pas ça !
SONKO MOY DIOMAYE - DIOMAYE MOY SONKO : C’est le difficile qui est le chemin
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions