Publié le 23 Jan 2015 - 07:18
LIBRE PAROLE

Halte au bradage des terres de la commune de mbadakhoune ! 

 

A la suite d’une rencontre entre le Maire et les Imams de la Commune de MBadakhoune, des promesses fermes d’allocation de terrains ont été faites à ces derniers par le premier magistrat de la ville.  Des conseillers et des citoyens indépendants n’appréciant pas la mesure, ont décidé ainsi d’alerter les représentants de l’Etat et prendre l’opinion publique à témoin.

Des questions se posent d’abord sur l’opportunité et la nécessité de telles allocations  de terres à des religieux. En tant que leader  d’opinions et religieux un iman peut solliciter une affection de terres comme tous les autres citoyens de la commune mais cela doit se justifier. La question qui se pose est de savoir si c’est à usage d’habitation ou de daaras ou  autres motifs non encore connus.

Alors, si les Imans expriment des besoins de construire des daaras à l’heure de la modernisation des daaras on pourrait légitimement penser à les aider au niveau local par l’allocation de terres dans leurs villages respectifs. Cependant aujourd’hui il est clair qu’en promettant de leur donner des terres il n’y a qu’un site qui est vue c’est le site de Niolanéme qui est à quelques encablures de la ville de Kaolack et c’est là où le bât blesse.

Comment expliquer affecter un terrain à un Imam qui habite à 5 ou même  10  kms de Kaolack et pire encore à tous les Imams. Un autre point non moins important est le nombre d’imams qui serait éligible. Si on prend la définition d’imam dans la zone c’est toute personne qui dirige la prière dans une mosquée qu’elle soit grande ou petite, en paille ou en briques et fonctionnelle. Dans ce cas, un village comme Mbadakhoune aurait au moins 15 imans si on y rajoute les hameaux  et un autre village comme Ndour Ndour pas moins de 6 Imams et pour l’ensemble de la commune pas moins de 100 imams et si on respecte le parallélisme des formes il faut faire allouer des terrains es aux membres de l’église qui seraient moins nombreux.

Dans tous les cas il faut savoir qu’en décidant de céder des terrains à des imams on n’est plus dans la politique de bonne gouvernance mais plutôt dans une politique de corruption qui ne dit pas son nom, doublée d’une politique de bradage des terres et cela ne doit pas passer. Les représentants de l’état sont là et doivent veiller à l’application des textes. Si on veut faire plaisir à des Imams  on peut le faire mais non en leur donnant des terrains à vendre, car c’est de cela qu’il s’agit.  Il y’a déjà parmi ces imams certains qui se sont dénudés en comptabilisant ces terres et en cherchant des acquéreurs potentiels. Cela ne passera pas. Cette politique de complaisance sur l’affectation des terres doit cesser.  Après les imams, nous dit-on,  ce sera au tour des chefs de quartiers (ou villages) ce qui est une autre aberration et ensuite au tour des conseillers. Alors gérer une commune est-ce tout simplement affecter des terres à tu et à toi ? Si c’est de cette manière que le premier édile compte refaire sa quasi inexistence base politique, alors bonjour les problèmes.  

Nous savons que les populations de Niolanéme  et de Sare Mbana ou sengaz ne se laisserons pas faire, eux dont les terres sont au centre de cette convoitise et qui n’ont ni terrain pour abriter un marché, ni un dispensaire, encore moins un terrain de football.

Monsieur le premier magistrat, il y’a un volet social qui vous permet de faire plaisir à qui vous voulez, mais n’utilisez pas les terres de la commune pour des actions de complaisance. Ne ressemblez pas à vos prédécesseurs. L’Acte 3 de la Décentralisation se veut une rupture avec les pratiques de mauvaise gouvernance et  de gestion, particulièrement des terres. A bon entendeur, salut !

Samba Niang,

Responsable APR

Mbadakhoune 

Section: 
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal
APPEL HSF POUR 40 MIGRANTS SÉNÉGALAIS EMPRISONNÉS EN MAURITANIE “Ils meurent à petit feu”
MOBILITÉS HUMAINES- SPORT ET CULTURES : Une coupe du monde raciste, xénophobe et discriminatoire !
CONCILIER LES AMBITIONS SOUVERAINES DU PEUPLE AVEC LES EXIGENCES DE RIGUEUR DU FMI Un exercice cornélien pour le nouveau gouvernement ?
De la nécessité d’une réforme de l’enseignement à la nécessaire rééducation de l’intelligentsia au Sénégal