Bataille au cœur de la zone industrielle
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La Direction régionale de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (Descos) a sommé, via des convocations, 10 des 36 chefs de garage et les mécaniciens installés dans la zone industrielle de Thiès, à vider les lieux sous peu. Les mis en cause refusent de partir, sous prétexte de disposer de papiers légaux et dénoncent une tentative d’accaparement des terres.
Dix chefs de garage sur 36 ont reçu, avant-hier, de la Descos, des convocations auxquelles ils doivent répondre ce mardi. Mais avant de se rendre à Mbour pour faire face aux hommes du commandant Ndiaye, ces derniers, membres du Regroupement du réseau des vrais artisans de l’automobile de Thiès (Revaat) ont fustigé hier, au cours d’un point de presse, une tentative d’accaparement des terres par des autorités en charge de la question foncière à Thiès.
Les mécaniciens de Thiès risquent aussi d’être déguerpis, comme ce fut le cas il y a cinq ans. Sauf que cette fois, ils n’entendent pas lâcher les 2 500 m2 qu’ils occupent de façon provisoire. D’après le conseiller technique du Revaat, les mécaniciens ne vont pas quitter les lieux pour permettre à un groupe d’opérateurs économiques de s’y installer. Mieux, a-t-il ajouté, cette tentative de bradage ne va pas prospérer. ‘’Le lot n°15, titre foncier 1367/TH de l’État, constitue aujourd’hui un réel problème. Ce site accueille des milliers de mécaniciens qui ont été verbalement transférés par le maire de la commune de Thiès-Ouest, Alioune Sow, depuis plus de 5 ans. Ils ont été déguerpis de la gare routière. Ce jour-là, il y avait toutes les autorités de ce pays. Moi-même, j’ai participé à l’aménagement de ce site. J’avais loué un grader pour tout élaguer et installer les mécaniciens. Après leur installation, les mécaniciens ont aussitôt entamé une procédure en vue d’être régularisés sur le site. A notre grande surprise, il y a des gens qui ont commencé à brandir des papiers leur octroyant des parcelles de 2 000 m2 à l’extrémité de la parcelle n°1. Et c’est regrettable’’, a expliqué Mor Fall.
Poursuivant, il a indiqué que les mécaniciens ont été surpris de recevoir ces convocations (à quatre reprises, avant celles de mardi prochain) au niveau de la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (Descos) sise dans le département de Mbour. Lors de ces entrevues, Mor Fall a affirmé que les éléments de la Descos ont menacé de les mettre en prison, s’ils ne quittent pas les lieux au plus vite.
La signature du patron des domaines et le niet des mécaniciens
Pour tirer cette affaire au clair, les 36 chefs de garage membres du Revaat et attributaires du lot n°15/parcelle n°3 ont décidé de saisir le chef du Bureau des domaines de Thiès pour une demande de régularisation d’occupation. Une requête à laquelle accéda le conservateur des droits et de la propriété foncière de Thiès. Le 18 mai 2020, Djiby Sy leur a délivré une attestation d’attribution de la parcelle n°3, comme l’indique un document du Centre des services fiscaux de Thiès consulté par ‘’EnQuête’’. Dans le texte, il n’est point mentionné la superficie des 2 500 m2 brandit par les plaignants. Par contre, les mécaniciens, qui disent être déjà attributaires des 2 500 m2 pour occupation provisoire, veulent encore plus. Tous les 36 chefs de garage affirment être dans une ‘’légalité totale’’ et désirent obtenir chacun 300 m3 dans la zone où ils sont installés. D’ailleurs, ils l’ont proposé au préfet Moussa Diagne qui a loué cet acte.
Cependant, rien de concret allant dans ce sens n’a été décidé. En revanche, les mécaniciens qui soupçonnent un complot ‘’sur leurs terres’’, entre les autorités en charge du domaine et les nommés Dièye et Dia, affirment qu’ils ne vont pas céder à la pression. ‘’Au mois de mars, on était au cœur de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Les mécaniciens étaient retenus dans leurs maisons à cause de l’état d’urgence. Aujourd’hui, on leur dit qu’ils ont perdu leurs garages. Personne ne va nous déguerpir de cette zone. Il y a un jeu, parce qu’au lieu d’octroyer une superficie aux mécaniciens, les autorités ont décidé de leur donner une simple parcelle n°3 et le reste, elles vont pouvoir faire du ’tong-tong’. C’est ça la vérité’’, a fulminé le conseiller technique du Regroupement du réseau des vrais artisans de l’automobile de Thiès (Revaat).
Mais, affirme-t-il, cette fois, ils vont attendre de pied ferme tous ceux-là qui tenteront de se mettre en travers de leur chemin.
GAUSTIN DIATTA (THIES)