Publié le 15 Apr 2026 - 20:53
MASA 2026

Khadija Ndiaye, l’œil qui raconte l’Afrique

 

De Dakar à Abidjan, l’ascension d’une créatrice d’images au carrefour du numérique et de l’art, se remarque à la 14ᵉ édition du Marché des Arts du Spectacle africain. Dans les allées animées de ce rendez-vous panafricain incontournable, où se croisent artistes, producteurs, diffuseurs et créateurs venus des quatre coins de l’Afrique et de sa diaspora, une silhouette attire particulièrement l’attention : celle de Khadija Ndiaye. À la fois discrète et déterminée, la  vidéaste et photographe sénégalaise incarne une nouvelle génération de créateurs africains, connectés, polyvalents et résolumentvers l’avenir.

 

Sélectionnée au concours des jeunes créateurs de contenus africains organisé dans le cadre du Masa, Khadija Ndiaye s’impose comme l’une des révélations majeures de cette édition 2026. Une reconnaissance qui consacre un parcours singulier, à la croisée des sciences, du numérique et de la création visuelle. Pour Khadija Ndiaye, cela dépasse le simple cadre professionnel. Elle marque un véritable tournant. Au-delà de la visibilité qu’offre le Masa, ce concours s’affirme comme une plateforme de reconnaissance pour les jeunes talents africains du numérique. Dans un contexte où les contenus digitaux redéfinissent les modes de consommation culturelle, être sélectionnée parmi des centaines de candidatures venues de tout le continent constitue un signal fort. Celui d’un regard affirmé. D’une écriture visuelle qui capte, interpelle et s’impose.

Le parcours de Khadija Ndiaye ne suit aucun schéma classique. Titulaire d’une licence en agrobusiness, elle poursuit avec un master en ingénierie environnementale, spécialisé dans les mines, le pétrole et le gaz. Un univers technique, exigeant, loin des sphères artistiques. Mais derrière cette formation scientifique se dessine une autre réalité : une curiosité constante et une sensibilité esthétique affirmée. Très tôt, elle s’approprie les outils numériques, s’initie à la photographie et à la vidéo, apprend en autodidacte avant de renforcer ses compétences à travers des formations ciblées, notamment au Burkina Faso sur la promotion digitale, ainsi qu’avec l’Organisation internationale de la Francophonie sur les enjeux de découvrabilité des contenus. De cette double culture naît une signature singulière, mêlant rigueur et créativité.

C’est à Dakar que Khadija Ndiaye affine son regard. La capitale sénégalaise devient pour elle un laboratoire visuel. À travers ses publications sur TikTok et Instagram, elle capture des fragments de ville avec une esthétique soignée, presque cinématographique. Loin des représentations convenues, elle propose une lecture visuelle épurée, centrée sur la lumière, les textures et les ambiances. Lieux emblématiques, espaces contemporains, enseignes prestigieuses : chaque image traduit un souci du détail et une volonté de raconter autrement l’espace urbain. En 2023, sa trajectoire prend une nouvelle dimension lorsqu’elle rejoint le Grand Théâtre National de Dakar en tant que responsable de la communauté digitale. Une expérience qui lui permet de conjuguer création et stratégie, en mettant le numérique au service de la valorisation culturelle.

Sa participation au Masa à Abidjan s’inscrit dans cette dynamique d’ascension. Rendez-vous incontournable des arts africains, l’événement constitue un espace de rencontres, de diffusion et de professionnalisation pour les acteurs culturels du continent. À travers cette sélection, Khadija Ndiaye intègre un réseau de créateurs qui redéfinissent les contours de la production culturelle africaine.

 Le parcours de Khadija Ndiaye illustre une transformation plus large. Celle d’une génération hybride, à la fois créative et stratégique, qui maîtrise les outils numériques pour raconter ses réalités, valoriser ses cultures et toucher des publics sans frontières. À l’intersection des disciplines, ces nouveaux profils redessinent les codes et imposent de nouvelles écritures visuelles. Khadija Ndiaye en est aujourd’hui l’une des figures montantes.

Fatou Ba

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