Publié le 26 Nov 2016 - 03:04
MENAGES SENEGALAIS

La violence physique prédomine dans les couples

 

Dans une étude intitulée ‘’Les violences basées sur le genre dans les ménages : représentations, connaissances, prévalences et prise en charge’’, parue en avril 2015, le Groupe d’études et de recherche genre et société (Gestes) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis a interrogé 1200 individus  (600   hommes   et   600   femmes)  choisis  selon un échantillonnage aléatoire stratifié qui a permis la couverture de toutes les régions du Sénégal. Les  données  analysées  dans  ce  rapport  proviennent  de  deux outils  de collecte : des guides d’entretiens et un questionnaire. Les guides ont été administrés à des personnes ressources travaillant sur les VBG (violence basée sur le genre) et des victimes.

L’étude révèle ainsi que les types de violences fréquemment observés au sein des ménages sont d’ordre verbal (46,5%), physique (27,6%) et psychologique (12,5%). ‘’La répartition selon le sexe montre quatre catégories de formes de violences dont  souffrent  plus les femmes que les  hommes : violence  verbale  (49,5%),  physique (28,4%),  sociale (5%)  et  sexuelle (2,4%).  Il  arrive  que  les  hommes  subissent  ces formes  de violence mais avec un pourcentage largement inférieur à  celui  des  femmes’’. ‘’La violence physique est le type de violence conjugale le plus répandu dans les couples sénégalais. L’atteinte à l’intégrité physique du partenaire ou de la partenaire au sein des ménages est une réalité reconnue par les enquêtés. (…) Même si la majorité des deux sexes reconnaissent cette réalité, elle est plus fréquente chez les femmes avec une différence de 5%’’.

‘’Cette perception, même si elle ne peut être liée de manière catégorique au fait que les hommes sont souvent les auteurs de VBG, la construction sociale des rapports sociaux de sexe dans la société sénégalaise met souvent la femme dans une position de victime. En plus, certaines pratiques, qui peuvent être considérées par les femmes comme des actes portant atteinte à leur intégrité physique, renvoient pour les hommes à des pratiques qui s’inscrivent dans la norme des rapports au sein des couples’’, analysent les rédacteurs. Selon qui ‘’cette représentation analysée sous l’angle de l’approche structurelle explique la prolifération du phénomène. Pour rompre avec celle-ci, une déconstruction sociale est nécessaire autant auprès des femmes que des hommes’’.

En effet, les données de l’enquête révèlent que les ménages sénégalais sont encore très majoritairement  sous  le  contrôle  des  hommes qui représentent  85,4%  des  chefs  de ménage, alors  que  seules 12,3%  des femmes occupent ce statut. ‘’Le  contrôle des ménages par les  hommes  participe  à maintenir les rapports de pouvoir au  sein des ménages et  limite  l’autonomisation  des  femmes pour revendiquer  certains droits  nécessaires à la prévention et la lutte contre les VBG’’, renseignent les chercheurs. Qui font remarquer que, pour 58,8% des hommes et 54,3% des femmes, les VBG qui se produisent au sein du couple ne doivent pas être exposées dans l’espace public.

Autre enseignement, en cas de VBG au sein des ménages, seuls 48% des  femmes et 44,7% des hommes affirment que la femme  doit  porter  plainte  quand  elle  est  victime  de  violence , alors  que  52%  des femmes et 55,3% des hommes pensent le contraire. Il ressort aussi de l’étude que les VBG sont confinées dans la plupart des cas dans la sphère domestique. L’enquête auprès  des  ménages  a  montré  que 52,1% des  cas  de  VBG se  sont  produits  dans l’espace domestique et 42,3% à l’extérieur du domicile.

 

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