Publié le 7 Feb 2025 - 15:32

Il est temps de dire la vérité aux Sénégalais : toute la vérité, rien que la vérité.

 

Démocratie et État de droit sous le magistère du duo Diomaye-Sonko

La reddition des comptes, la responsabilité et la transparence sont des piliers fondamentaux du concept d’accountability. Elles interrogent le pouvoir, le leadership, le contrôle, la responsabilité individuelle et collective, ainsi que les mécanismes d’évaluation de la performance dans les institutions. Plus largement, cette exigence de rendre compte s’inscrit dans une philosophie du vivre-ensemble et couvre des domaines variés : politique, économie, société, environnement et éthique.

*Chers compatriotes,*

La justice ne doit jamais être instrumentalisée à des fins de persécution politique. Pourtant, nous assistons aujourd’hui à un spectacle inquiétant où l’arbitraire et la manipulation judiciaire deviennent monnaie courante. Un seuil critique est en train d’être franchi, illustrant une tactique bien connue : le *"lawfare"* – l’utilisation de la justice comme arme pour écarter des adversaires politiques.

Cette stratégie commence par des accusations sans fondement, relayées par des campagnes médiatiques incessantes visant à discréditer les cibles. S’ensuivent des procédures judiciaires interminables, des incarcérations et des condamnations pécuniaires. Le débat politique est ainsi confiné aux tribunaux, au détriment du pluralisme démocratique.

Les exemples sont nombreux. Le cas du député Mouhamadou Ngom est une aberration sans précédent : la levée de son immunité parlementaire a été décidée sans motif valable. D’autres figures politiques et médiatiques subissent le même sort : le maire de la ville de Dakar Barthélémy Dias, l’ancien ministre des Sports Lat Diop, l’ex-député et président du groupe parlementaire de Benno Moustapha Diakhaté, l’ancien ministre-conseiller Omar Sow, ainsi que plusieurs journalistes et chroniqueurs, simplement pour avoir exercé leur droit constitutionnel à la liberté d’expression.

Nous ne pouvons accepter qu’un État de droit soit ainsi fragilisé. Une démocratie véritable repose sur le respect des libertés fondamentales et sur une justice indépendante et impartiale. Comme le disait Michel Barnier :

"La fermeté de la politique pénale est indissociable du respect de l'État de droit, et dans ses principes d’indépendance et d’impartialité de la justice, que nous devons défendre avec vigueur et abnégation."

*Un gouvernement à la dérive*

Pendant ce temps, la gouvernance actuelle se distingue par un amateurisme alarmant. La lecture des comptes rendus du Conseil des ministres laisse perplexe : des décisions précipitées, des mesures incohérentes et une absence criante de vision stratégique. Autour du Premier ministre, un cercle restreint s’agite dans une spirale d’accusations, de promesses creuses et de décisions improvisées, ignorant totalement les réalités complexes d’un monde en mutation.

Le Premier ministre semble vouloir concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Peut-on sérieusement prétendre être compétent dans autant de domaines à la fois ? La récente note circulaire du ministre du Travail illustre cette dérive autoritaire, ouvrant la voie à une forme de néo-esclavagisme institutionnel encore plus pernicieuse que la précédente.

Loin de répondre aux préoccupations des citoyens, ce gouvernement se laisse dicter son agenda par les réseaux sociaux, cédant à la peur de décevoir une base militante qu’il croyait acquise. Cette vulnérabilité est rapidement exploitée par ses partisans les plus fanatiques, créant un climat où toute remise en question est perçue comme une trahison.

*L’histoire s’écrit chaque jour*

Un mandat présidentiel ne se juge pas à ses slogans de campagne, mais aux actes posés jour après jour. Ceux qui gouvernent aujourd’hui doivent se rappeler qu’ils seront, tôt ou tard, jugés par l’histoire.

Fait à New York,

Alioune Fall Diop dit Mohamed
Professeur de sciences
Dorisdiop@gmail.com

Section: 
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais