Publié le 21 Feb 2013 - 23:05

Opération de déguerpissement ou coup d’épée dans l’eau ?

 

 

Le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall et ses collaborateurs viennent d’initier récemment une opération de déguerpissement de tous les occupants, de manière anarchique, des artères publiques de la ville ; en ligne de mire, mettre en exergue la beauté splendide de la capitale. Cette opération est saluée par tous les Dakarois sauf les acteurs de l’occupation anarchique des artères. Et il faut d’ores et déjà le dire, ça commence à porter ses fruits.

 

On peut désormais circuler, marcher voire même déambuler sur les artères sans se préoccuper de l’arrivée imprudente et chaotique d’un véhicule ou autres engins de la circulation. Plus d’un Sénégalais, dans les bus, les gargotes, au tour du thé, ont apprécié et félicité l’initiateur de cette «Opération de déguerpissement». C’est très difficile, pour nos mères, sœurs et frères qui ne faisaient que chercher de quoi joindre les deux bouts. Mais, comme on le dit toujours : pour faire des omelettes, il faut impérativement casser des œufs. Pour que notre cité ne ressemble pas à un poulailler ou un fourre-tout, il fallait oser le faire. Et ce, sans aucune considération politico-religieuse.

 

Est-ce encore un coup d’épée dans l’eau ?

 

La période pré-électorale a toujours été un moment au cours duquel les bonnes et douces paroles, les fausses promesses, la solution clé en main, des projets aveuglant et aveuglés fleurissent. Cette fois-ci, à l’approche des élections locales (2014), l’édile de la ville de Dakar a pris le risque de mener à bon port cette opération de déguerpissement avec l’appui de ses pairs de la capitale. Mais, une seule question ne cesse de brûler les lèvres de plus d’un.

 

Cette opération de déguerpissement aura-t-elle un suivi ? L’un des freins de notre développement, à l’instar de tous les pays africains, reste et demeure le manque de suivi dans les différents projets et initiatives. Ne nous éloignons pas trop de ce dossier. Par endroit, les artères ont été merveilleusement désengorgées. Le malheur de ce beau travail est que, juste après le passage du bulldozer sous l’œil de lynx de nos forces de l’ordre, ces occupants ont repris de plus belle leur place. Ils jouent même au cache-cache avec les forces de l’ordre sur certaines artères transformées en marché.

 

Au niveau de certaines artères, c’est comme s’il n’y avait pas eu d’«opération de déguerpissement». Avec cette allure de faire fi aux principes les plus élémentaires du civisme, on se demande souvent si nous-mêmes nous songeons à l’amélioration de notre bien-être à fortiori celui d’autrui. La notion de discipline, de nos jours, n’est utilisée et appliquée peut-être que dans nos armées. Si seulement si elles sont et restent républicaines. Quand allons-nous commencer à respecter les décisions prises par nos autorités ? Loin d’être un donneur de leçon ou un moralisateur, il est temps et grand temps de reconnaître que nous refusons catégoriquement ce qu’on peut appeler le progrès. Allons-nous rester éternellement assistés ? Vingt pas en avant et cinquante pas en arrière. Surtout, que personne n’accuse son prochain. Le progrès ou le développement, c’est juste une question de volonté personnelle au prima bord et de volonté collégiale et politique au secundo.

 

Osons oser, chers concitoyens, dans l’intérêt supérieur de la génération future. Car la nôtre est d’ores et déjà hypothéquée.

 

 

Gata Doré

Citoyen panafricain

gatalebon@gmail.com

 

 

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