Publié le 10 Oct 2013 - 12:22
OPPOSITION AU POUVOIR

 Un combat de leadership non déclaré

 

 

Derrière les absences cumulées de Pape Diop, Idrissa Seck, Abdoulaye Baldé à la marche du Pds de mardi, pointe en filigrane une lutte de positionnement dont la finalité serait le contrôle du leadership de l'opposition au pouvoir, estiment les universitaires Ibou Sané et Ousmane Bâ.

 

''L'absence avant-hier à la marche du Pds de leaders d'opposition comme Idrissa Seck, Pape Diop ou encore Abdoulaye Baldé, exprime un certain refus de se faire diriger par les libéraux''. Selon le Dr Ousmane Bâ, analyste politique, ''cette marche du Parti démocratique sénégalais constitue un test pour soupeser son poids politique et électoral, nouer des partenariats avec les autres partis qui gravitent autour de l'opposition''. Mais c'est aussi «une manière de gêner les autres partis d'opposition à savoir Rewmi, Convergence Bokk gis gis (BGG), l'Union des centristes du Sénégal (Ucs) entre autres». Or, ces partis d'opposition au régime de Macky Sall aspirent aujourd'hui à s'affirmer et à se positionner en vue de la conquête du pouvoir». 

Si la manifestation de mardi n'a pas drainé le monde escompté pour ses initiateurs, elle était une occasion pour les libéraux de s'insurger contre la cherté de la vie. Mais l'ultime credo de cette marche de protestation demeurait-elle la libération de Karim Wade ? Serait-ce la revendication de trop qui a poussé Idrissa Seck, Pape Diop et Abdoulaye Baldé à fausser compagnie à leurs anciens «frères» de partis ? «Oui», affirme le Pr Ibou Sané pour qui ces différents leaders se disputent aujourd'hui de manière indirecte le leadership de l'opposition au pouvoir. ''Je vois très mal le président Idrissa Seck aller ensemble avec le Pds manifester pour la libération de Karim Wade'', analyse ce sociologue des universités de Saint-Louis et Dakar.

 

«Locomotive»

''Idrissa Seck est du genre à toujours vouloir être la locomotive qui doit tirer tout le monde. Lui son problème numéro 1, c'est d'éviter que les autres le tirent. Il est jusqu'ici cohérent dans sa démarche, il est dans une logique de conquête du pouvoir qui ne permet aucune erreur politique. Il ne sera jamais embrigadé dans un mouvement où le seul thème de contestation resterait la libération de Karim Wade'', estime-t-il. D'autant plus que, ajoute Ousmane Bâ, «participer à la marche du Pds serait une manière de se noyer et de noyer son propre parti». 

Dans un contexte national marqué par une accumulation de difficultés économiques et sociales, le Pds s'est affirmé comme le principal parti de l'opposition. Mais selon Ousmane Bâ, «la donne semble changer depuis que Idrissa Seck a quitté la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY). C'est un nouveau paramètre qui favorise une bataille de positionnement au niveau de l'opposition». En plus d'éclaircir un peu plus le jeu politique et de déterminer les rapports de forces entre BBY et la coalition qui va fédérer l'opposition.

 

 

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