Publié le 25 May 2012 - 21:02
PIT - ENJEUX DES LÉGISLATIVES

«Il s'agit de renforcer le pouvoir ou de l'affaiblir»

Le Parti de l'indépendance et du travail est tout alerte face aux capacités de nuisance dont disposent encore, selon lui, les «forces de la régression économique et sociale» détentrices de «ressources nationales amassées» pendant douze ans de régime Wade.

 

L'enjeu des élections législatives du 1er juillet est diversement apprécié. Entre donner les moyens de gouvernement au président élu le 25 mars et établir un équilibre des forces politiques dans la future Assemblée nationale, les analyses divergent. Mais pour le Parti de l'indépendance et du travail (Pit), la réalité politique issue de la présidentielle du 25 mars offre une autre lecture. Dans une déclaration parvenue hier à EnQuête, le Pit estime qu'il s'agit «de renforcer le camp du changement, en faisant obtenir une majorité qualifiée à la liste Benno Bokk Yaakaar à l’Assemblée nationale.» Sinon, avertit la note citée ci-dessus, il sera donné à des «élus du camp de la régression économique et morale» le pouvoir de «bloquer les institutions et les actions en cours.»

 

 

«Perspectives prometteuses»

 

Défendant leur perspective, Magatte Thiam et ses camarades estiment qu'«un vote éclaté autour des vingt quatre listes en compétition, n’est aucunement garant d’une Assemblée nationale au service des intérêts du peuple sénégalais.» A cet égard, ils appellent tous les militants la coalition Benno Siggil Senegaal et de Benno Bokk Yaakaar au rassemblement autour de cet impératif qu'est la «Nation sénégalaise». Celle-ci, poursuivent-ils, traverse «une période inédite» qui, «au-delà du fait qu’elle est la consécration de l’engagement populaire des Sénégalais» à sanctionner mal gouvernance, déni de justice et déficit d’éthique, «augure de perspectives prometteuses, au vu des actes posés par le nouveau régime.» Des actes en lien avec «l’option d’une gouvernance sobre et vertueuse» et d'un «choix d’une gestion de proximité», comme gages certains pour l’avènement d’un Sénégal de progrès partagés, en rupture totale avec l’ordre ancien.»

 

Pour autant, Le Pit n'occulte pas les multiples difficultés en chemin vers la «révolution culturelle». Pour l'essentiel, ce sont des «forces colossales dont on ne mesure pas toujours la consistance massive et le poids des intérêts» mais déterminées à «préserver avantages indus et mécanismes de spoliation». Citant l'exemple de l’ancien parti au pouvoir, le Pds, le Pit rappelle que «même défait, il conserve une capacité certaine de nuisance de par toutes les ressources nationales que plus d’une décennie de gouvernance débridée a permis, à certains de ses dirigeants et cadres, d’amasser».

 

M. DIENG & A. MBAYE

 

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