La nounou Thérèse Gomis fracture le doigt de sa collègue
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Pour des broutilles, la nounou Thérèse Gomis a fracturé le doigt de sa collègue Mouskoye Coly. Les deux domestiques ont soldé hier leurs comptes à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.
Pour une banale histoire de doudou, Thérèse Gomis a fracturé le doigt de sa camarade Mouskoye Coly. Ce qui lui a valu sa comparution, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.
Selon l’économie des faits, la prévenue a été alertée par les pleurs de l’enfant de 2 ans dont elle assure la garde. En effet, le gamin, qui voulait prendre le doudou qu’il croyait être le sien, s’est heurté au refus de Mouskoye. Thérèse, attendrie par les cris du petit, a demandé à sa collègue de remettre le doudou à l’enfant, afin qu’il se calme. Mais cette dernière a refusé. Ainsi, la nounou a décidé de récupérer l’objet de force.
C’est sur ces entrefaites qu’elle a fracturé le doigt de sa collègue.
Devant la barre, la prévenue, Thérèse Gomis, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. ‘’Quand l’enfant s’est mis à pleurer à cause du jouet, c’était à moi d’intervenir, parce qu’il m’a été confié. Avec courtoisie, je lui ai demandé de lui donner le doudou. Elle a refusé en me disant que cela ne lui appartenait pas’’, explique-t-elle. A l’en croire, si elle a fracturé le doigt de sa collègue, c’est par inadvertance. Car, dit-elle, elle a essayé d’arracher la peluche afin que son protégé arrête de pleurer. ‘’Je lui ai maintes fois demandé pardon. On avait recommencé à se parler normalement. Elle a laissé paraître que ce problème était derrière nous’’, poursuit-elle. A l’en croire, elle est tombée des nues, quand Mouskoye lui a tendu la convocation.
La partie civile a, pour sa part, déploré à la barre l’indifférence de la prévenue sur son état. ‘’Si je l’ai poursuivie en justice, c’est parce que j’étais très remontée contre elle. Quinze jours après les faits, elle a refusé de me demander pardon. Même notre patronne lui a demandé de le faire, en vain. Le 4 décembre, je lui ai encore dit de me demander pardon ; elle a refusé. C’est pourquoi, le jour suivant, je lui ai apporté une plainte’’, se justifie-t-elle.
Sur sa version des faits, la dame raconte : ‘’Je tenais un doudou que le petit réclamait en pleurant. Je lui ai dit que ce n'était pas le sien. C’est ainsi que Thérèse est sortie de je ne sais où pour prendre le doudou de force. En prenant le jouet, on a entendu un craquement de doigt. Sais-tu que tu viens de fracturer mon doigt ?, lui ai-je demandé. Elle a répondu par l’affirmative.’’
Réitérant ses remords, Thérèse Gomis s’est agenouillée à la barre et a imploré le pardon de la plaignante, avant d’être invitée par l’un des assesseurs à relever. Ayant introduit une lettre de désistement dans le dossier, Mouskoye Coly n’a rien réclamé à la prévenue pour réparation du préjudice causé.
A la suite du représentant du ministère public qui a requis l’application de la loi, les conseils de la défense ont évoqué la théorie de l’accident domestique. ‘’C’est une blessure involontaire. Les pleurs de l'enfant ont provoqué la fibre maternelle de ma cliente’’, a relevé la robe noire.
Après avoir demandé la disqualification des faits en blessures involontaires, l’avocat a sollicité une application bienveillante de la loi.
Finalement, Thérèse Gomis s’en est tirée avec une peine de trois mois avec sursis, après avoir été reconnue coupable du chef de coups et blessures volontaires.
AMINATA DIALLO