Publié le 5 Aug 2012 - 10:00
PRÉSIDENCE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE (2ère partie)

Un désordre évité de justesse à Benno Bok Yaakaar !

 

De quoi se mêle Iba Der Thiam?

Mais un Président de Groupe parlementaire de la majorité à l’Assemblée nationale, à la Doudou Wade nous semble révolu, à moins qu’on veuille ramener les députés de la majorité à l’état d’un troupeau de moutons, ce qui n’a était possible qu’à cause de la démocratie-façon, qui avait prévalu sous Diouf, puis sous Wade.

 

Et pourtant, en âme et conscience, M. Cissé Lô est conscient qu’à part les complaisants et l’Honorable député Iba Der Thiam, personne d’autre ne l’aurait soutenu, s’il s’était arc-bouté dans son bras de fer perdu d’avance, contre la volonté de la majorité présidentielle, de vouloir élire M. Moustapha Niasse, Président de l’Assemblée Nationale.  

De quoi se mêle le Pr. Thiam ? Est-il informé des conciliabules des leaders politiques entre les deux tours des présidentielles, à l’issue desquelles la coalition Benno Bok Yaakaar a vu le jour ? Tente t-il d’entraîner le tombeur de son mentor à faire du wakh-wakheet comme lui ? Si son but était de mouiller les ailes de Macky Sall au moment où il est en train de s’efforcer pour prendre son envol, il ne s’y prendrait pas autrement. S’il estime sérieusement, ne mettons pas de gants pour le dire, que le Président de la République doit obligatoirement pressentir un membre de son parti, Président de l’Assemblée Nationale, il n’aurait pas dû lui même occuper le poste de premier vice-président dans la législature qui vient de s’achever, car à y bien réfléchir, on en déduit qu’il ne serait pas plus légitime à ce poste que M. Niasse, à celui de Président de l’Assemblée nationale sous l’actuel régime. Qu’on ne me rétorque surtout pas qu’il était membre du PDS, donc du parti de Wade. Mettons entre parenthèses le phénomène de la transhumance et de « son cousin » la fusion-absorption entre parti au pouvoir et partis qu’on aurait oubliés si certains organes de presse ne leur tendaient pas leurs micros.

Pour le reste, no comment, par respect pour l’admiration que tant de Sénégalais de tous âges avaient pour le professeur Iba Der Thiam, avant son entrée en politique. On se souvient de ses qualificatifs à l’égard de la politique et des hommes politiques du temps où il n’en faisait pas partie.

 

Arrêtons-nous un peu sur le Président Macky Sall. D’aucun subodorent qu’il n’entend pas être un président Abdoulaye Wade prime, et déjà son comportement et certains de ses premiers faits et gestes poussent à le croire.

Les considérations respectives de ces deux hommes sur leurs rapports avec leurs alliés semblent en être une illustration. Pour Wade, les alliés ne méritaient d’attention que lorsqu’ils se bornaient à lui tenir l’étrier, bouche cousue, ou en chantonnant ses louanges à la Yandé Codou Sène, face à l’ancien Président Senghor.

 

Les députés de Wade

Wade n’avait que faire d’amis, de collaborateurs, ou d’alliés non soumis. Il lui a toujours fallu de simples sujets, toujours prompts à applaudir, au paroxysme de sa gloire. Qui n’a pas une fois entendu, non sans stupéfaction, un ancien « député du peuple », de surcroit professeur d’université, déclarer dans les ondes des radios qu’il « soutiendrait toujours toutes les décisions du gouvernement », y compris celle-là qui aurait fait basculer la République du Sénégal vers une monarchie, n’eût été l’inoubliable mouvement du 23 juin 2O12, qui retira de fait tous attributs au parlement, ne laissant aux députés que leurs indemnités parlementaires, du coup devenus constitutifs d’enrichissement sans cause !

Cette déclaration de soutien sans conditions n’était pas tombée dans l’oreille de sourds, qui ont su attendre au tournant, l’auteur d’une telle bévue et ses « frères » de parti, qui l’avaient applaudi à se rompre les phalanges, pour leur montrer que ce n’est pas ce que les électeurs attendent des députés, et leur faire leur fête bien bon, lors des dernières élections, présidentielles et législatives.

 

Quant à Macky Sall, des souvenirs qui me sont restés peuvent me donner l’espoir que les pratiques comportementales de Wade n’ont pas déteint sur lui, dans ses rapports personnels avec ses alliés.

A l’occasion de la formation d’une délégation de notre département de Fatick, pour une participation à des séances de facilitation du retour de la paix en Casamance, en tant que responsable politique PDS dudit département et ministre de La République, il m’avait fait informer, en ma qualité de responsable politique de la LD, que je devais faire partie de ladite délégation. Ayant rejoint le groupe des membres de la délégation à l’aéroport, j’avais remarqué une convergence de regards interrogateurs vers moi, qui signifiait en fait que je ne faisais plus partie de la délégation, mon nom ayant été barrée de la liste des délégués par je ne sais qui. Motif non avoué : je n’étais pas PDS.

 

Insouciance

Pendant la campagne électorale pour l’élection des députés à la dixième législature, de la coalition Sopi, j’entendis Macky Sall dire discrètement à mon colistier membre de son parti, qu’il ne faisait pas cas de moi, lors de ses interventions dans les secteurs de son terroir, alors que chaque fois que je prenais la parole, je ne manquais jamais de le présenter aux personnes venues à nos meetings dans certains autres secteurs où il n’était pas connu comme moi.

D’autres cas de figure auraient leurs places parmi les exemples que nous avons sélectionnés parmi d’autres, pour mettre l’accent sur la conception des rapports personnels de Macky Sall en matière d’alliance politique, à un niveau différent de celui où il se trouve actuellement.

 

Qu’il soit critiqué par certains, qui ont malheureusement une autre conception de la gestion de la victoire, qu’ils assimilent à un partage du gâteau, me semble relever d’une courte vue politique et d’une insouciance des conséquences qui affaibliraient la coalition Benno Bok Yaakaar, dans l’effort de sa direction de prouver qu’il est possible de gouverner notre pays autrement et mieux qu’il ne l’aurait jamais été. Ceci pousserait ceux qui en ont marre de la politique, qui soutiennent que les politiciens se fatiguent pour eux-mêmes, à moduler leur jugement.

 

(FIN)

Maître Wagane Faye

 

Section: 
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien