Publié le 15 Mar 2012 - 16:41
PRÉSIDENTIELLE - PROGRAMME DE BONNE GOUVERNANCE

Wade : Quand les maux emportent les mots

S’il est vrai que le vote sénégalais est plutôt ''affectif'', les électeurs exigent de plus en plus de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Président sortant, le candidat Abdoulaye Wade propose un Programme national de bonne gouvernance (PNBG) aujourd'hui à l'épreuve des pratiques. Pour le candidat de la coalition des Forces alliées 2012, l’heure est une sorte de changement dans la continuité.

 

Dans le document lu sur son site internet, Wade entend ''consolider le processus de démocratisation et renforcer l’État de droit ainsi que les capacités nationales de gestion du développement''. Cela passe par la création, à ''court et moyen termes'', des ''conditions propices à la croissance économique et au développement humain durable'' à travers plusieurs mesures. Il s'agit de la création d’un cadre institutionnel et administratif transparent, efficace et efficient ; de la consolidation du processus de décentralisation ; d’un partenariat effectif entre l’Etat et les organisations du secteur privé et de la société civile. En outre, pour booster l’investissement privé, Me Wade promet de créer un ''environnement judiciaire sécurisant, serein et favorable au développement de l’initiative privée'' et qui repose sur ''des ressources humaines bien formées, motivées et imprégnées des principes de bonne gouvernance''.

 

Mais à en juger par les actes posés durant ces 12 années de magistère, les mesures pour une bonne gestion publique ont été noyées dans le tumulte des cas de mal gouvernance toujours plus retentissants. Plusieurs dossiers épinglant des hautes autorités du pays sont restés sans suite.

 

 

Le cas Awa Ndiaye

 

Emblématique, le cas du rapport de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) épinglant, en 2008, l’ex-ministre de la Femme et de la Famille dans une affaire de ''surfacturation'' (entre autres, achat de clés USB de 2 gigas à 97 500 francs Cfa l'unité, de tapis de prière à 15 850 F Cfa l'unité, de cuillères à 37 500 F Cfa l'unité). Me El Amadou Sall, porte-parole du candidat Abdoulaye Wade, porte sa toge et défend. ''Ce n’est pas parce que l’ARMP vous a relevé des manquements dans votre gestion que vous faites l'objet d’une poursuite judiciaire. L’ARMP ne poursuit personne mais fait des recommandations''. Ont-elles étaient suivies ? L’ancien garde des sceaux de répondre : ''Tous ces dossiers sont passés entre mes mains, la plupart des dossiers ont été transmis au procureur et c’est à lui d’enclencher des poursuites ou de les classer sans suite''.

 

Quid du récent décret soustrayant l'approvisionnement en combustible de tout contrôle du Code des marchés publics ? Me Amadou Sall retourne la question : ''Comment voulez-vous que le marché de combustible ou de sécurité fasse l’objet d’appel d’offres ? C’est une manière pour notre pays d’être sous la coupe réglée des puissances étrangères''. Mais Me Sall reconnaît qu’il y a des ''choses à améliorer''. Quoi qu’il en soit, il estime que le bilan de son ''client'' n’est pas si mauvais que cela. ''Wade a déjà démontré sa capacité à orienter les gens vers des valeurs de bonne gouvernance''. Il en veut pour preuve la création de la Commission nationale de lutte contre la corruption et la concussion (CNLCC) qui ''publie annuellement son rapport'', la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dont la mission est de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Son ''frère'', Dr Malick Dieng, pense que ''tout ne peut pas être parfait dans une démocratie''. Le contexte de 2000 étant différente de celui de 2012, le conseiller spécial de Me Wade est d’avis qu’il faut ''améliorer le fonctionnement des institutions''.

 

En attendant, les scandales liés à la mal gestion et à l'opacité se succèdent. Comme en témoigne l’Indice de perception de la corruption 2011 de Transparency international, classant le Sénégal à la 112e place sur 182 pays, et 22 points de perdu en 2 ans. De mal en pis donc, en dépit des instruments mis en place.

 

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