Publié le 20 Jun 2024 - 17:04
PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE AU SÉNÉGAL

Le plaidoyer de Pre Fatou Samba Ndiaye

 

Pour une meilleure prise en charge de la drépanocytose au Sénégal, la cheffe du Service d’hématologie clinique et de greffe de moelle osseuse à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye a fait, hier, un vibrant plaidoyer. Le souhait de la professeure Fatou Samba Ndiaye est de disposer gratuitement des kits et de mettre en place une banque de sang dans ledit établissement sanitaire, entre autres.

 

"Prise en charge de la drépanocytose au Sénégal : défis et perspectives". Tel était, hier, le thème de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Pour célébrer cette journée, l’Association sénégalaise de lutte contre la drépanocytose (ASLP) a fait face à la presse. Lors de cette rencontre, la cheffe du Service d’hématologie clinique et de greffe de moelle osseuse à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye a rappelé que cette unité est une chance pour les enfants souffrant de drépanocytose.

En effet, il a été constaté dans le monde que la greffe pourrait guérir 90 % d’enfants drépanocytaires. Ainsi, ce centre, qui avait comme objectif de traiter les cancers du sang, pourrait également traiter ces patients dans le futur. Actuellement, ils vont commencer par l'autogreffe pour les cancers, mais plus tard, ils envisagent l’allogreffe, une thérapie pouvant traiter et guérir les drépanocytaires.

Au Sénégal, d’après elle, 12 % de la population est atteinte de drépanocytose, dont 2 % de type SS. Ces derniers souffrent énormément. "Nous devons les intégrer dans le cadre de la loi sur la greffe de moelle pour permettre l’allogreffe et, pourquoi pas, la thérapie génique. Il serait également utile de disposer d’un arbre généalogique de tous les patients pour permettre des thérapies génétiques, autrement dit des remplacements de gènes. En tant qu’universitaire, nous pensons qu’il est crucial de mettre en place des centres de recherche pour mieux prendre en charge cette pathologie," a souhaité la Pre. Ndiaye.

Concernant le Service d’hématologie clinique et de greffe de moelle osseuse, ce ne sera pas seulement la greffe de moelle qui y sera pratiquée. Il y aura également les échanges érythrocytaires, une thérapie cellulaire pour diminuer au maximum les crises drépanocytaires chez les enfants et chez les adultes. Cela nécessite la mise en place d’une banque de sang dans cet établissement de la banlieue. "C’est un plaidoyer. Nous en avons besoin, car pour faire un échange érythrocytaire mensuel, il faut du sang. Or, il n’y a pas de banque de sang à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye. Pour ces échanges, nous avons également besoin de kits coûtant 150 000 F CFA, similaires aux kits de dialyse. Nous interpellons donc le MSAS pour qu'il nous fournisse ces kits gratuitement via la Couverture sanitaire universelle. Cela permettrait aux drépanocytaires de bénéficier d’échanges érythrocytaires mensuels, évitant ainsi les crises douloureuses. Bien que des efforts aient été faits pour la prise en charge des patients souffrant de cette maladie chronique, nous espérons que nos patients drépanocytaires pourront bénéficier de traitements gratuits, à l’instar des autres pathologies chroniques", a-t-elle plaidé.

"Nous voulons améliorer la qualité de vie de nos patients drépanocytaires pour qu'ils ne souffrent pas constamment. Cela passe par la prise en charge des médicaments et des kits gratuits, que le MSAS pourrait inclure dans le panier de soins".

Plus de 4 000 enfants et 3 000 adultes porteurs de drépanocytose sont suivis

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), à travers un communiqué, a indiqué que le Sénégal fait partie de la zone intertropicale d’Afrique, dont les populations sont à très haut risque d'atteinte de la maladie drépanocytaire. Le taux de prévalence du portage du gène est estimé à 10 % dans la population générale. Chaque année, 2 000 enfants porteurs de drépanocytose naissent dans le pays. Actuellement, plus de 4 000 enfants et 3 000 adultes porteurs de drépanocytose sont suivis dans les services organisés à cet effet (unité de soins ambulatoires pour enfants et adolescents drépanocytaires (USAD), CNTS, Dalal Jamm).

Parmi les signes de la drépanocytose, on retrouve l’anémie (fatigue, paresse, maux de tête, vertiges, essoufflement), les yeux jaunes, les urines foncées (couleur kinkéliba), les crises douloureuses (douleurs redoutables, cruelles, prolongées) se manifestant chez le bébé de 6 à 12 mois par un gonflement des mains et des pieds, chez le petit enfant par des maux de ventre et chez le grand enfant par des douleurs au niveau des os et des articulations.

"Les crises sont souvent déclenchées par le froid, la haute altitude, la fièvre, la déshydratation, l’infection, le stress et l’effort physique intense. La maladie peut se compliquer et entraîner une baisse de la vue, une insuffisance rénale, une insuffisance cardiaque, une limitation des mouvements, une boiterie, un AVC, des plaies chroniques", précise le document.

Les réalisations et les perspectives de l’État

Entre 2017 et 2023, plusieurs réalisations ont été faites pour lutter contre cette pathologie. L’État a notamment intégré la drépanocytose dans le Plan de lutte contre les maladies non transmissibles (2017-2020), construit et équipé l’USAD au centre hospitalier d’enfants Albert Royer en 2017 et vulgarisé le Guide sous-régional de prise en charge de la drépanocytose. "Ce guide a été élaboré pour harmoniser la prise en charge de la drépanocytose à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et améliorer la qualité des soins", explique le document.

L'enseignement de la drépanocytose a été intégré dans les modules de formation sur les maladies non transmissibles destinés à l’école élémentaire. Une grande partie des médicaments utilisés dans la prise en charge de la drépanocytose a été intégrée à la liste des médicaments essentiels. Un projet de renforcement de la prise en charge de la drépanocytose est également en cours de mise en œuvre.

Pour l'avenir, le MSAS prévoit de renforcer la sensibilisation de la population, des professionnels de la santé et des décideurs pour une meilleure compréhension de la maladie, mettre en place un réseau pluridisciplinaire de praticiens pour une prise en charge optimale, renforcer le dépistage néonatal dans les structures de référence pour identifier les enfants atteints dès les premiers jours et initier un suivi médical approprié, décentraliser la prise en charge de la drépanocytose à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et rendre accessibles les médicaments nécessaires.

CHEIKH THIAM

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