Publié le 11 Mar 2016 - 13:14
PROJET PASSERELLE

Trois femmes, un destin : la culture

 

‘’Doxandem Squad’’ a célébré à sa manière la journée du 8 Mars. La parole a été donnée à des femmes leaders dans les cultures urbaines. C’était au cours d’une table ronde au centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar.

 

‘’Petite, je rêvais d’être une avocate afin d’aider ceux qui étaient arbitrairement détenus dans les prisons. Donc, à la base, je ne voulais pas être artiste d’autant plus que je suis issue d’une famille Toucouleur torodo. Vous savez ce qu’ils pensent de la chanson. Mais j’ai grandi dans un environnement où il y avait beaucoup d’artistes et d’acteurs culturels. C’est ce qui m’a influencée je crois.’’ Ces propos sont de l’ancien membre de BMG 44, Fatim. Elle était l’une des invitées de Doxandem Squad. A travers le projet ‘’Passerelle’’, le graffeur Amadou Lamine Ngom et son équipe rendaient hommage aux femmes. Ils ont organisé en début de semaine une table ronde au centre culturel Blaise Senghor de Dakar sur ‘’le leadership féminin dans les cultures urbaines’’.

Ce hasard ou coup du destin noté chez Fatim paraît être la règle pour l’animatrice à Vibe Radio, Maïmouna Dembélé ‘’Back Again’’. Même si elle n’a pas grandi dans la même ambiance que la rappeuse, elle ne voulait pas au départ être animatrice encore moins celle d’émission hip-hop. Et pourtant c’est elle qui tient la matinale (7h à 9) sur la 102.3. Elle voulait être médecin. Mais étant partagée entre les USA et le Sénégal, elle a découvert le hip-hop sans trop prétendre en être l’une des promotrices dans les médias. ‘’J’avais un projet avec des Américains qui m’a menée au Mali où je devais faire un stage de 6 mois. Et j’étais dans une radio.

Quand je suis rentrée au Sénégal, l’ISSIC venait d’ouvrir et j’ai voulu m’inscrire pour voir si mon attirance pour la communication n’était pas que passagère. Je fais partie de la première promotion de l’ISSIC. Après une année, je me suis rendu compte que c’est ce je voulais réellement faire’’, raconte-t-elle. Ainsi, elle est devenue animatrice sur la 7 FM d’une émission hip-hop avant d’aller continuer ses études aux USA. Et dans son métier, elle a souvent été épaulée par les rappeurs qui n’ont pas tous été misogynes.

Commissaire d’expositions à la Galerie le Manège de l’institut culturel Léopold Sédar Senghor, Delphine Calmette ne voulait pas elle non plus être dans la culture. ‘’J’ai fait une formation en logistique et commerce. Etant issue d’une famille pas très riche, on m’a fait croire qu’il me fallait un métier qui puisse me permettre d’être riche. Après deux ans, je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais faire’’, a-t-elle expliqué.

Aujourd’hui, le talent de chacune de ces femmes est connu et reconnu dans le monde des cultures urbaines. Elles ont su s’imposer dans cet univers que l’on croit souvent exclusivement masculin.

BIGUE BOB

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