Publié le 6 Aug 2025 - 09:55
RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE

Le PM dénonce les privilèges

 

Le Premier ministre Ousmane Sonko a donné le ton pour une réforme profonde de l'Administration sénégalaise, un pilier central du Plan de redressement économique et social du gouvernement. Lors d'une rencontre sur la transformation structurelle de l'État, ce lundi au Cicad, il a pointé du doigt les dysfonctionnements et la corruption, tout en appelant à une nouvelle approche administrative axée sur le mérite et la transparence.

 

En invité vedette de la présentation de la réforme de la Fonction publique, le chef du gouvernement a fait partie d'une toute autre vision de celle-ci. En effet, pour Ousmane Sonko, la notion de service public ne se limite pas à l'Administration, mais englobe tout. Il a rappelé les priorités fondamentales comme l'accès à une alimentation suffisante, des soins de qualité, une école publique performante et des infrastructures fiables, soulignant que « l'accessibilité aux services, aux routes, aux hôpitaux, etc., relève du service public ».

Tout en reconnaissant certains acquis, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de se comparer aux nations les plus performantes, plutôt qu'à celles que le Sénégal a déjà dépassées. Il a affirmé que "tout n'est pas négatif dans notre Administration", mais a souligné l'urgence de rompre avec les réflexes de l'ère coloniale pour instaurer une culture basée sur l'éthique et l'efficacité.

Dans son discours, le PM a abordé sans détour la question de la corruption, qu'il juge comme un frein majeur au développement. S'il a que la majorité des agents sont intégrés, il a décrété ceux qui "choisissent la facilité", illustrant les conséquences dramatiques de ce phénomène : "Quand un chauffeur de véhicule donne quelque chose pour passer la visite technique, ce sont 20 morts qu'on déplore plus tard sur la route", a voulu démontrer le président de Pastef.

Il a, par ailleurs, pointé du doigt l'enrichissement illicite dans la Fonction publique. "On ne peut pas devenir milliardaire en étant fonctionnaire. Pourtant, ces dernières années, ce phénomène s'est banalisé", at-il martelé, avant de s'interroger sur le caractère ''corruptogène'' de la société sénégalaise. Un constat qu'il a étayé en soulignant l'écart salarial entre de hauts fonctionnaires et le chef de l'État, rappelant que "le président touche moins de cinq millions de francs CFA, le Premier ministre autour de quatre millions et les ministres un peu plus de trois millions".

Pour Sonko, la réforme doit aussi s'attaquer à la formation des agents et aux pratiques de recrutement. Il a sensiblement la tendance aux recrutements familiaux ou politiques. "Depuis les années 2000, nous vivons une frénésie de recrutement qui ne répond à aucun critère objectif. Les concours rares deviennent", at-il déclaré, appelant à une réforme systémique de la gestion des ressources humaines et à une lutte contre les surfacturations.

Boucal en guerre contre les textes désuets

De son côté, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, a jugé les textes actuels « obsolètes » un constat qui, il faut le rappeler, a mené à la rédaction de l'Agenda national de transformation du service public. "Nous avons pris le pouvoir dans un contexte assez difficile où nous avons trouvé une administration quelquefois décousue avec des textes archaïques", a expliqué Olivier Boucal. Il a insisté sur la nécessité d'un "diagnostic clair" avant de mettre en œuvre des solutions pour améliorer la formation des agents et la qualité des services. Le ministre a assuré que la mise en œuvre de cet agenda sera bientôt effective, après sa validation par les plus hautes autorités, avec la mise en place d'organes de pilotage pour engager l'ère de la réforme de la Fonction publique.

Mamadou Diop

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