Publié le 4 Feb 2026 - 21:43
REDEVANCE CRSE

Les pétroliers menacent de paralyser le pays

 

En riposte contre des mises en demeure envoyées par la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), les menacent de paralyser le pays.

 

Les pétroliers ne sont pas du tout contents des dernières mesures prises par l’État. Le président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP), Ameth Guissé, l’a fait savoir hier dans un communiqué reçu à EnQuête. A l’en croire, la pression exercée sur les sociétés pétrolières traduit une volonté manifeste d’asphyxier toute une industrie.

Fustigeant les mises en demeure envoyées par l’État à toutes les sociétés pétrolières, assorties de menaces de bloquer les comptes bancaires des distributeurs qui refuseraient de payer la nouvelle redevance, le pétrolier met en garde : “Nous alertons les autorités : une telle décision risque de paralyser le pays. Nous espérions que les nouvelles autorités réexamineraient le cadre régissant la CRSE en tenant compte de la réalité économique du secteur, plutôt que de reproduire un modèle inadapté…”

Pour Ameth Guissé et Cie, il y a de sérieux problèmes dans les missions et le fonctionnement de la CRSE. Les problèmes des entreprises, selon la note, se sont multipliés depuis que la structure a été mise en place, avec notamment des retards considérables dans les remboursements de la caisse de péréquation de transport des produits pétroliers et des pertes commerciales en raison de sa lourdeur administrative !

Cette levée de boucliers s’explique par l’institution d’une redevance de 0,2 F par litre importé, raffiné, stocké, distribué ou transporté. Face à la réticence des entreprises de s’acquitter de cette redevance, la CRSE leur a servi des redevances et menacé d’ATD. “Les sociétés pétrolières, responsables, ont pris acte du décret imposant ce prélèvement, initié sous l’ancien régime. Toutefois, nous avons demandé que cette charge supplémentaire soit intégrée dans la structure des prix, parallèlement à une revalorisation de la marge”, plaide le président de l’association.

Mieux, font-ils savoir, ils proposent que cette redevance soit intégrée au PPI (Prix Parité Importation), au même titre que le FSIPP (Fonds de Sécurisation des Importations de Produits Pétroliers) ou la redevance FSE (Fonds spécial de Soutien au Secteur de l'Energie). Les pétroliers se disent prêts à s’acquitter de cette redevance, à condition qu’elle soit intégrée dans la structure des prix. “Nous avions, à l’époque, appelé à la mise en place d’une véritable commission de régulation du secteur et en avions clairement défini le champ d’action”, souligne le directeur général de MAACK PETROLEUM.

Depuis 2016, rappellent les pétroliers, les acteurs avaient insisté sur la nécessité de préciser que le renforcement de la régulation s'entend aux fins de promouvoir les mécanismes de marché et de concurrence effective ; d’établir le constat de la prise de position dominante d'un opérateur comme un facteur déterminant du dysfonctionnement du marché pétrolier sénégalais…. Ils avaient aussi demandé d’intégrer dans la raison d’être de la CRSE, la problématique de l'intégration électricité/hydrocarbures. Entre autres mesures.

“C’est sur cette base que nous attendions l’action de la CRSE, et non la création d’une agence rattachée à la Présidence de la République, qui devrait normalement être financée par le budget de l’État. Il est d’ailleurs paradoxal qu’une Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie ne soit pas rattachée au ministère de l’Énergie”, regrette le président de l’Association sénégalais des pétroliers. Aujourd’hui, note-t-il, les acteurs demandent “la revalorisation de la marge” des pétroliers, comme cela a été requis par l’étude du cabinet Mazars.

MOR AMAR

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