Publié le 2 Feb 2026 - 15:31
PIB, CROISSANCE, DEFICIT BUDGETAIRE, MASSE MONETAIRE…

EN 2026  Les chiffres de la DPEE

 

La situation monétaire sera marquée, en 2026, par une hausse des avoirs extérieurs nets (+299,4 milliards), une progression des créances intérieures (+1 456,1 milliards) conduisant à une expansion de la masse monétaire (+15,3 %), selon un rapport de la Direction de la Prévision et des Études Économiques (DPEE). La croissance du PIB réel est projetée à 5,0 %.

 

L’année 2025 a notamment été marquée par le déclenchement de la guerre commerciale par l’administration Trump et l’enlisement de la crise au Proche-Orient. Selon les perspectives économiques mondiales de juillet 2025, la croissance mondiale devrait atteindre 3,0 % en 2025 et 3,1 % en 2026, légèrement en dessous de 2024.

Les pays avancés, selon un rapport de la Direction de la Prévision et des Études Économiques (DPEE), progresseraient modestement (1,5 % - 1,6 %), tandis que les émergents maintiendraient une croissance autour de 4,0 %. L'Afrique subsaharienne afficherait une amélioration progressive, passant de 4,0 % en 2025 à 4,3 % en 2026, avec une zone UEMOA particulièrement dynamique (6,3 % en 2025 puis 5,7 % en 2026).

Au plan interne, l'année 2025 marque le début de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND 2025-2029), avec le démarrage de l'exploitation du gaz, la production de pétrole en année pleine et l'ouverture d'une quatrième cimenterie.

Au titre des finances publiques, pour réduire le déficit budgétaire, le Gouvernement mise sur le renforcement de la mobilisation des ressources internes et une meilleure maîtrise des dépenses publiques. Dans le domaine du financement de l’économie, la baisse de 25 points de base des taux directeurs de la Banque centrale devrait faciliter l'accès au crédit, selon le document.

Réformes majeures des finances publiques

L'année 2026, selon la DPEE, sera marquée par la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES) et des réformes majeures des finances publiques visant à corriger les déséquilibres structurels. Ainsi, la Loi de Finances initiale 2026 privilégie une politique budgétaire prudente et l'assainissement des finances publiques, tout en promouvant le Partenariat Public-Privé pour soutenir la demande intérieure.

L'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2026) stimulera les secteurs de l'hébergement, de la restauration, du transport et de l'agroalimentaire. Ainsi, la croissance du PIB réel est projetée à 5,0 % (contre 7,8 % en 2025), soutenue par le primaire (+6,1 %), le tertiaire (+5,4 %) et le secondaire (+2,9 %). La croissance hors agriculture et hydrocarbures devrait atteindre 5,5 %, contre 3,7 % en 2025.

S’agissant de la gestion budgétaire, l'adoption de la Loi de Finances Rectificative (LFR 2025) intervient dans un contexte international difficile marqué par la révision à la baisse de la croissance mondiale, la montée des tensions commerciales, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et les conflits au Moyen-Orient.

Sur le plan interne, la situation budgétaire est caractérisée par la publication en février 2025 des résultats d'audit de la Cour des Comptes et d'un cabinet international sur les finances publiques, suivie de l'accélération du processus de consolidation budgétaire et d'assainissement des finances publiques. Dans ce sillage, le déficit budgétaire est attendu à 7,8 % du PIB selon le scénario de la LFR 2025.

Le déficit budgétaire est projeté à 5,37 % du PIB

La Loi de Finances Initiale 2026 s'inscrit dans la continuité de l'assainissement des finances publiques et marque la première année de mise en œuvre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), après l'adoption par l'Assemblée nationale du Code Général des Impôts modifié en 2025. Ce PRES prévoit la mobilisation exceptionnelle de 762,6 milliards de recettes additionnelles (3,3 % du PIB), grâce notamment à l'élargissement de l'assiette fiscale.

La mise en place des Comités de maturation et de sélection des projets ainsi que l'opérationnalisation du Comité national sur la dette publique devraient, entre autres, améliorer l'efficacité des investissements publics. Le déficit budgétaire est projeté à 5,37 % du PIB, soit une réduction substantielle de 2,4 points de pourcentage par rapport à 2025.

Pour ce qui est des échanges avec le reste du monde, ils devraient se traduire par une atténuation du déficit du compte courant de 1 216,1 milliards en 2025, passant de 2 477,7 milliards (12,5 % du PIB) en 2024 à 1 187,0 milliards (5,5 % du PIB).

Par ailleurs, renseigne le document, le solde du compte capital devrait passer de 177,4 milliards en 2024 à 294,6 milliards en 2025. Quant au solde du compte financier, en 2025, comparé à 2024, il serait marqué par une baisse des engagements nets de 1 048,3 milliards pour se situer à 1 115,7 milliards. Par conséquent, l’excédent du solde global de la balance des paiements serait estimé à 354,7 milliards en 2025 contre 77,2 milliards en 2024.

S’agissant de la situation monétaire, en 2025, comparée à 2024, elle devrait être marquée par une hausse des avoirs extérieurs nets (+354,7 milliards), un accroissement des créances intérieures (+884,7 milliards) entraînant une expansion de la masse monétaire (+12,2 %).

En 2026, selon la même source, la situation des échanges avec le reste du monde se traduirait par une dégradation du déficit du compte courant de 61,7 milliards, passant de 1 187,0 milliards (5,5 % du PIB) en 2025 à 1 248,7 milliards (5,4 % du PIB). Cependant, le compte de capital se renforcerait de 21,9 milliards pour s’établir à 316,5 milliards en 2026, comparativement à 2025. Par ailleurs, le solde du compte financier se caractériserait par une hausse des engagements nets de 15,6 milliards pour se situer à 1 231,6 milliards.

En définitive, l’excédent du solde global de la balance des paiements passerait de 354,7 milliards à 299,4 milliards, entre 2025 et 2026.

La situation monétaire serait marquée, en 2026, par une hausse des avoirs extérieurs nets (+299,4 milliards), une progression des créances intérieures (+1 456,1 milliards) conduisant à une expansion de la masse monétaire (+15,3 %).

Croissance mondiale

Le déclenchement de la guerre commerciale par l’administration Trump et l’enlisement de la crise au Proche-Orient préfiguraient des risques de ralentissement du commerce international, une fragmentation des chaînes de valeur et une recrudescence des tensions financières. Cependant, les estimations du FMI publiées en juillet 2025 font ressortir des prévisions pour 2025 et 2026 révisées à la hausse par rapport à l’édition d’avril, à la faveur de l’amélioration des conditions financières mondiales, malgré la persistance des tensions commerciales accrues et des incertitudes liées aux politiques publiques.

Ainsi, la croissance de l’économie mondiale est attendue à 3,0 % en 2025 et 3,1 % en 2026, soit légèrement en dessous du niveau de 2024 (3,3 %). Dans les pays avancés, la croissance devrait atteindre 1,5 % en 2025 et 1,6 % en 2026. Aux États-Unis, elle serait influencée par la baisse des droits de douane, un assouplissement des conditions financières et un ralentissement de la demande privée, dans un contexte de recul de l’immigration. La croissance américaine est attendue à 1,9 % en 2025 et 2,0 % en 2026. Dans la zone euro, elle devrait s’établir à 1,0 % en 2025 et 1,2 % en 2026, soutenue par la forte hausse des exportations irlandaises de produits pharmaceutiques vers les États-Unis, conjuguée à la relance des dépenses dans le secteur de la défense.

Dans les pays émergents et en développement, l’activité économique devrait être soutenue par la croissance en Chine, révisée à la hausse en raison de la baisse des droits de douane avec les États-Unis. En Inde, la situation beaucoup plus favorable renforcerait également la croissance. Au total, elle est attendue à 4,1 % en 2025 et 4,0 % en 2026.

En Afrique subsaharienne, la croissance devrait atteindre 4,0 % en 2025 et 4,3 % en 2026. Au Nigéria, elle est projetée à 3,4 % en 2025 et 3,2 % en 2026, tandis qu’en Afrique du Sud, elle atteindrait 1,0 % en 2025, puis 1,3 % en 2026. Dans la zone UEMOA, le PIB progresserait de 6,3 % en 2025 et 5,7 % en 2026.

Ralentissement de l’inflation mondiale

S’agissant du commerce international, il resterait marqué par les incertitudes sur la politique commerciale, malgré des flux anticipés destinés à se prémunir contre un durcissement des restrictions. Ainsi, la croissance des échanges mondiaux passerait de 2,6 % en 2025 à 1,9 % en 2026.

L’inflation mondiale devrait poursuivre son ralentissement sur la période 2025-2026. Toutefois, aux États-Unis, l’impact des droits de douane sur l’offre et la dépréciation du dollar, qui renchérit les prix à la consommation dans certains secteurs sensibles aux importations, devrait maintenir l’inflation à un niveau élevé en 2025. La hausse des prix devrait y rester supérieure à 2,0 % en 2026.

Dans la zone euro, le rythme de progression des prix devrait être plus modéré, sous l’effet de l’appréciation des monnaies et de mesures budgétaires ponctuelles. En Chine, l’inflation devrait rester globalement stable entre 2025 et 2026.

Au niveau de la Zone UEMOA, l’inflation devrait s’établir à 2,9 % en 2025, grâce à la détente des cours mondiaux des produits alimentaires et pétroliers importés, ainsi qu’aux résultats de la campagne agricole 2024/2025.

S’agissant des cours du baril, le conflit entre la République Islamique d’Iran et l’État d’Israël a entraîné une hausse des prix, alimentée par l’augmentation des primes de risque, bien que l’offre mondiale de pétrole n’ait pas été perturbée. Les cours du gaz naturel sont restés relativement stables, dans un contexte d’anticipation d’une baisse de la demande énergétique liée aux incertitudes commerciales. Les hypothèses retenues font état d’un prix du baril à 68,2 dollars en 2025 et 64,3 dollars en 2026.

CHEIKH THIAM

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