Publié le 5 Sep 2013 - 17:41
RÉTROVISEUR.

Demba Dia, le Cheikh qui retourne casaque...

 

 

Hier seulement pourfendeur violent du président de la République et de ses «incapacités manifestes» à répondre aux préoccupations des populations sénégalaises, l'artiste-politicien Demba Dia a retourné sa veste pour être aux côtés de son «frère» Macky Sall pour «relever les grands défis» de notre pays... 

 

L’image était presque surréaliste. En écoutant Demba Dia, à sa sortie d’audience avec le président Macky Sall, annoncer sa décision de «soutenir» ce denier, ils étaient certainement nombreux les Sénégalais à rester bouche bée, même s'ils sont habitués à ce genre de reniement. «Je suis venu voir un ami, un parent. Il (Macky Sall) est vraiment engagé à travailler», a déclaré le leader du  Mouvement pour l’Action et la Citoyenneté (MAC), flanqué du député Farba Ngom, l’«agent recruteur» principal du camp présidentiel.

L’auteur de «Boum boum» a donc tourné casaque au détriment de son «père» Abdoulaye Wade pour qui il avait pourtant juré fidélité. S’il est vrai que la transhumance sous nos tropiques relève maintenant de l’épiphénomène, celle de Demba Dia intrigue tant l’homme s’était montré zélé vis-à-vis du pape du Sopi. «Entre Wade et moi, c’est une longue histoire depuis qu’il était dans l’opposition», avait déclaré Demba Dia pour justifier son choix en faveur du candidat Abdoulaye Wade à la présidentielle de  2012. L’idylle entre le «Cheikh» et l’ex-président de la République était si poussée que le premier s’était constitué bouclier pour contrecarrer le «wër ndombo» lancé par le leader du mouvement «Fekke ma ci boole», Youssou Ndour, durant le second tour de la présidentielle. La réplique s'appelait alors «Door mu daanu». A cette occasion, le leader du Mac s’en était vertement pris à l’ex-ministre du Tourisme. «N’est-ce pas Youssou Ndour qui chantait les louanges de Abdoulaye Wade en 2004 avec son fameux refrain Goor gi doynga ñu ? Pourquoi alors venir aujourd’hui décrier Wade ?», s’était-il interrogé.

Ironie de l’histoire, ces questions lui sont retournées aujourd’hui. Car, Demba Dia, jadis critique contre Macky Sall à la limite de la violence verbale, tresse des lauriers à son «frère» dont le «bilan (est) nul à tous points de vue», il y a juste quelques jours. Et plutôt que de s’attaquer «à la demande sociale», Macky Sall, ajoutait le politicien musicien, «s’acharne» contre Karim Wade dont le «seul tort est d’être le fils du président Abdoulaye Wade et un redoutable challenger en 2017». 

Par ailleurs, Demba Dia affirmait que le président de la République «a tout fait sauf dire la vérité aux sénégalais» dans la traque des biens mal acquis. De là, émanent des  certitudes «sur ses incapacités manifestes à (...) trouver des solutions pour satisfaire (les) préoccupations» des sénégalais.

Apparemment, ces doutes se sont brusquement dissipés depuis avant-hier, car l'artiste politicien «s’est engagé à contribuer au relèvement des grands défis» qui attendent Macky Sall. Ainsi va la politique au Sénégal...

 

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