Publié le 1 Mar 2022 - 22:44
SAINT-LOUIS - DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE

Le Waqf, une solution pour sortir de la pauvreté

 

La pauvreté et la précarité dans les familles sénégalaises ont connu des proportions inquiétantes dans un pays à écrasante majorité musulmane. Pourtant, des instruments de solidarité pour apporter des solutions à cette disparité existent. C’est dans ce contexte que la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal a initié des ateliers régionaux pour sensibiliser et partager sur le Waqf (donation de biens) pour une meilleure compréhension de ce mécanisme et son appropriation par les populations.

 

 

Pour mieux lutter contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations, le Sénégal s’est approprié un instrument social de solidarité dans l’économie islamique. Il s’agit du Waqf (dotation de biens). Un mécanisme qui a contribué durablement à l’essor de la civilisation islamique et au développement socio-économique des populations musulmanes. Les ressources du Waqf ont servi à la prise en charge des couches vulnérables et de projets ambitieux de développement dans les sociétés musulmanes.

A en croire le secrétaire général de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal, le Waqf est l’immobilisation d’un bien dont la jouissance est donnée soit à un destinataire public (Waqf public), soit à des membres spécifiques de la famille du donateur ou à des tiers (Waqf de famille), soit aux deux catégories de bénéficiaires (Waqf mixte).

‘’Ce mécanisme islamique de soutien et de solidarité est fortement recommandé par le prophète aux musulmans qui ont les moyens. Car il a un impact direct sur le développement économique, le bien-être des populations bénéficiaires dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l’emploi ou de l’agriculture, entre autres", explique l’imam Dame Ndiaye. 

Pour sa formalisation, l’Etat du Sénégal a d’abord institué la loi n°2015-11, ensuite le décret n°2016-449 portant organisation et fonctionnement du Waqf et suivi par la création de la Haute autorité du Waqf (Haw). Malheureusement, ces instruments juridiques ne sont pas promus et sont ignorés par beaucoup de Sénégalais. Des raisons suffisantes pour que les responsables de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal descendent à la base et rencontrent les religieux, imams et prédicateurs de la région de Saint-Louis pour la promotion de cet instrument islamique.

  Les imams et prédicateurs pour porter le plaidoyer

A en croire le directeur général de la Haute autorité du Waqf (Haw), le choix de la capitale du Nord n’est pas fortuit. ‘’Saint-Louis a marqué son empreinte dans la voie de l’islam au Sénégal, depuis des siècles. Déjà, en 1907, Serigne Gora Diop, un grand érudit doublé d'un homme d'affaires, avait érigé une mosquée et un internat en guise de Waqf. Dans ce même ordre, devant un notaire, il a également construit un immeuble dont les recettes de location devraient servir à régler des problèmes de fonctionnement de l'institut et de la mosquée (paiement factures d'eau et d'électricité) ou de personnes se trouvant dans des conditions de vie très difficiles.  D’ailleurs, la délégation a visité ces structures", a déclaré le DG de Haw. 

Dans un pays comme le Sénégal, à écrasante majorité musulmane, le Waqf constitue une arme efficace pour lutter contre le sous-développement et la pauvreté. Mais pour y arriver, les responsables de la Haute autorité du Waqf misent sur les imams et prédicateurs du Sénégal, afin d’amener les populations à une prise de conscience de cette opportunité qui leur est offerte d’alléger leurs souffrances. 

"Il n'y a pas de voix plus autorisée que celle des imams pour sensibiliser les populations et accompagner les autorités pour rendre plus efficace le mécanisme’’, déclare l’imam Dame Ndiaye.

Ibrahima Bocar SENE (Saint-Louis)

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