Publié le 29 Feb 2012 - 11:59
TENSION ÉLECTORALE

Les hôtels dakarois en mal de clientèle

Terrou-bi

La tension électorale rejaillit négativement sur le secteur hôtelier dakarois voire sénégalais. Les réceptifs accusent pour la plupart le coup depuis l'exacerbation des violences politiques le 23 juin 2011, quand le pouvoir avant tenté une modification de la Constitution devant permettre l'élection du président de la République avec 25% des suffrages exprimés. Et depuis, un mois, les pertes prennent de l'ampleur. Du moins pour les hôtels interrogés à ce propos par EnQuête.

 

C'est le cas à l’hôtel Faidherbe, au centre-ville de la capitale sénégalais. Mme Coly, agent, confirme la traversée du désert. Un peu hésitante, elle informe que des clients avaient annulé leurs réservations avant le scrutin de dimanche. Par contre, se réjouit-elle, la donne semble changer entre lundi et mardi à la faveur de la tenue du scrutin dans le calme dans l'ensemble. ''Nous sommes à 30% actuellement du taux de remplissage. Avant, c’était la dèche carrément, aujourd’hui, nous prions pour que les choses aillent mieux et qu’on puisse retrouver nos clients'', espère-t-elle. Non loin se trouve Le Ndiambour où s'étaient intensifiées les manifestations du M23 contre la candidature d'Abdoulaye Wade. M. Diallo, travailleur à l’hôtel, confie qu'''avant et durant la campagne électorale, c’était le vide''. Les clients potentiels craignaient les manifestations. Ils ont préféré pour la plupart plier bagages. ''Heureusement, il y a eu la mission de la CEDEAO avec près de 150 missionnaires qui sont descendus, ici, pour couvrir le centre-ville. Ils étaient partis à l’intérieur du pays, ils sont revenus lundi. C’est la seule clientèle que nous avons pour le moment'', fait savoir Diallo.

 

 

''Qu’on finisse ces élections en paix''

 

Hors du centre-ville dakarois, la situation ne se présente pas mieux. L’hôtel Océan à Yoff est dans la même tourmente, si ce n’est pire. Le responsable, M. Samb, révèle que le réceptif est vide depuis trois semaines. ''À part les réservations pour le début du mois de mars, nous prions vraiment que la situation s’améliore, qu’on finisse ces élections en paix et que le travail reprenne'', dit-il. Au ex-Méridien Président, c’est plus ou moins le même son de cloche, avec une moyenne d'un peu plus de 40% de fréquentation. ''On est impacté, on tourne à 45% depuis janvier. C’est en deçà de la moyenne annuelle qui est de 70%'', à en croire M. Demba, un responsable du désormais King Fahd Palace, pourtant situé dans le très sécurisé quartier des Almadies. ''Le lundi et le mardi, on était à 35%, pendant que Terroubi, Pullman et Novotel tournaient autour de 25%'', révèle M. Demba. Il relève cependant que seul le Radisson Blu s'en est plutôt bien tiré du fait des observateurs qui y sont logés.

 

Aujourd'hui, responsables et travailleurs ne souhaitent qu'une chose : que le pays en finisse vite avec l'élection. Car la situation est si préoccupante que ''certains envisagent ou commencent à mettre des agents en chômage technique'', selon une source hôtelière.

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