Publié le 18 Dec 2016 - 13:37
VERNISSAGE À LA GALERIE NATIONALE

Ibou Diouf étale son art

 

Une exposition comme ‘’Du sommeil au rêve’’, la Galerie nationale n’en reçoit pas tous les jours. L’artiste auteur de cette exhibition est l’un des meilleurs de sa génération. Auteur de la première affiche du Festival mondial des arts de nègres de 1966, Ibou Diouf n’a plus rien à prouver si ce n’est de partager son expérience avec les jeunes.

 

L’artiste Ibou Diouf expose certaines de ses œuvres à la Galerie nationale jusqu’au 24 décembre. Des tableaux en petits et en grands formats. Certains d’entre eux en rouge et jaune donnent l’impression que c’est de la peinture abstraite qu’il propose alors qu’avec un regard artistique, il y a en toile de fond des personnages qui surgissent. D’où le titre ‘’du sommeil au rêve’’. L’artiste Ibou Diouf met en valeur le côté très dépouillé de la peinture.

Dans son exposition, on sent une bonne maîtrise de son crayon avec des traits précis, très fins. Il met en relief des personnages. Le traitement d’Ibou Diouf a vraiment intéressé et impressionné le public. L’auteur insiste sur les toiles et fait allusion au cosmique. ‘’Le cosmique, c’est un travail et des interrogations sur l’être humain, les métamorphoses de l’être entre le végétal, l’animal et l’être humain. C’est pourquoi j’ai voulu poser la 1ère question, l’éthique d’une vie’’, explique-t-il.  Pour  lui, l’essence de son exposition  se définit  ‘’du sommeil au rêve’’. Aussi, poursuit-il, elle caractérise l’ensemble de l’exposition.

Dans tous ses 47 tableaux, on a l’impression de voir tantôt des oiseaux, tantôt des femmes ou même des hommes. Mais tout tourne autour d’un être humain qui se cache derrière chaque oiseau. L’architecture est impressionnante pour certains. Mais, selon l’auteur, c’est tout simplement un choix. ‘’Nous sommes plus ou moins des êtres humains masqués. Nous avons tous un masque. Pour être concret, j’ai choisi l’oiseau. Ce n’est pas laid, c’est mythique, mais au fond, derrière, c’est l’être humain. Le centre de gravité ce n’est pas un oiseau, ça peut être des femmes, des hommes mais toujours il y a ce côté féminin qui se détache. Ce ne sont pas de gens virulents ni des repus, mais des œuvres très posées’’, explique-t-il.  

Venu présider le vernissage, le ministre de la Culture et de la Communication Mbagnick Ndiaye a magnifié le travail de l’artiste. ‘’Ibou Diouf a non seulement été des Manufactures des arts décoratifs mais a été celui qui a gagné la première affiche du Premier festival mondial des arts nègres. C’est un grand artiste parce que, faire une affiche que le Président Léopold Sédar Senghor choisit parmi tant d’autres, c’est être génie, un génie de l’art. C’est pourquoi quand il s’est retiré, le ministère a été obligé d’aller le récupérer de sa retraite et l’obliger de faire cette belle exposition‘’, témoigne le ministre. 

Artiste décorateur, illustrateur, dessinateur, Ibou Diouf est reconnu comme un des meilleurs peintres de sa génération. Il est l’auteur de plusieurs décors, costumes de pièces de théâtre et de films comme ‘’Hyènes’’ de Djibril Diop Mambety, ‘’Mossane’’ de Safy Faye et bien d’autres œuvres. Il a été affecté à sa sortie de l’École des arts comme chef décorateur au Théâtre National Daniel Sorano. Il a participé à plusieurs grandes expositions à Montréal en 1967, à Mexico en 1968,  à Sao Paolo au Brésil en 1969, à Alger la même année et à Paris en 1974.

 HABIBATOU WAGNE

 

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