Publié le 28 Jan 2013 - 10:05
RIVALITÉS PS CONTRE APR À LOUGA

Les ego mis en avant, le Vert et le Marron en bandoulière

 

 

 

Malgré ses 120.000 habitants environ, cohabitant dans un périmètre de 18 kilomètres carrés, la commune de Louga reste un gros village qui ne dit pas son nom. Après presque une décennie de gestion libérale locale caractérisée par un sentiment de vide et de mépris bien marqués chez les ndiambour-ndiambour, l’équipe dirigeante du Conseil municipal était surtout attendue depuis 2009 sur le terrain de la restauration des repères brouillés. En lieu et place, c'est une mise en scène des ego du maire et de son deuxième adjoint qui est servie aux populations.

 

 

Le boom fulgurant de l’immobilier, portant l’empreinte des « modou-modou » pour l’essentiel, n’est pas pour masquer le déphasage qu’il y a entre la mentalité des responsables de la cité et la vision qu’ils devraient pratiquer de la chose commune. Comme si le fait d’être positionné au service des populations ne les liait pas, il leur arrive de s’autoriser certains écarts que le bon sens citoyen n’agrée pas. L’illustration par l’accent mis sur les détails au sein du Conseil municipal de Louga, qui tarde encore à refléter véritablement les attentes des populations qui l’ont mis en place. Non seulement les chamailleries entre le Parti socialiste (PS) et l’Alliance pour la République (APR) ne datent pas de maintenant, mais tout porte à croire qu’elles vont se perpétuer jusqu’aux prochaines élections. Ce qui risque de faire consigner dans les registres un mandat passé à côté de l’essentiel.

 

Si la classe politique dirigeante de la commune peut se permettre une telle récréation, il n’est pas sûr que les citoyens qui les ont choisis y assistent sans regret. Eux qui, entre différentes offres, avaient choisi celle de Benno Siggil Sénégal, une coalition aujourd’hui éclipsée par Benno Bokk Yaakaar devenue la mode avec l’élection de Macky Sall à la Présidence de la République. Qu’importe l’appellation, l’entité est restée la même au niveau local. Cependant, ce qui était censé être un facteur de renforcement sème le désordre. En effet, le maire de la ville et socialiste en chef Aminata Mbengue Ndiaye est devenue entre temps ministre de l’Elevage. Son deuxième adjoint au Conseil municipal et tête de file des «aperistes», Amadou Mberry Sylla, est secrétaire élu à l’Assemblée nationale. Si ces deux là avaient déjà habitué les Lougatois à leurs querelles, ils semblent aujourd’hui se frotter de plus belle. Comme si les nouvelles positions de pouvoir occupées les avaient dopés l’un contre l’autre.

 

Déjà, au niveau même des Conseils de quartier mis en place au nom de la démarche participative, les tiraillements entre leurs partisans sont monnaie courante. Et à la dernière réunion du Conseil municipal du 13 janvier dernier, l’ordre du jour a fini par être mis de côté. En lieu et place, Aminata Mbengue Ndiaye et Amadou Mberry Sylla ont soldé encore des comptes, en rapport cette fois avec l’accueil de Macky Sall à l’occasion de la tenue dans la capitale du Ndiambour du Conseil des ministres décentralisé du 19 décembre 2012. Pour nombre d'observateurs et de citoyens, il est dommage que ces deux responsables politiques ne mettent pas la synergie de leurs forces au service de la localité. Selon ces mêmes entités, l’appartenance à une même coalition politique au pouvoir et l'existence d'un supplément de moyens, devraient les inciter «à plus de raison». Au dernier virage de leur mandat, leurs préoccupations devraient consister à présenter aux populations le bilan de leurs actions locales.

 

A presque un an des prochaines élections locales, le temps presse pour une remise en ordre au sein de la coalition Benno Bokk Yaakaar de Louga. Entre autres formations qui la composent, le Ps et l’Apr ne s’entendent guère donc. Si le candidat Ousmane Tanor Dieng avait gagné la commune au premier tour de la dernière présidentielle, c’est Macky Sall qui l’avait emporté dans le département, avant de bénéficier de l’apport de tous les autres opposants à Wade au second tour. 2014 sera un autre contexte, mais rien ne semble indiquer que cette coalition ira indemne à cette échéance qui approche à grand pas...

 

 

Moustapha SECK

 

 

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