Publié le 15 Jul 2013 - 23:43
PRIX DES MÉDICAMENTS

 Coûts amers, santé en péril

 

Incontournables pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en santé en 2015, les médicaments ne sont souvent pas à la portée des petites bourses. Et pourtant, le gouvernement ne fait pas montre du même empressement pour la baisse des coûts des médicaments, au moment où il annonce une probable réduction des prix d'une quinzaine de produits de consommation. La santé peut attendre.

C'est à croire que les médicaments ne font pas partie du coût de la vie que le gouvernement cherche à alléger, cela à travers d'autres produits de consommation. Pourtant, dans son Plan national de développement sanitaire (PNSD) 2009-2018, le Sénégal place l’amélioration de la qualité et de la disponibilité des médicaments au cœur du dispositif. L'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement en 2015 oblige. Or, si les médicaments sont disponibles en quantité voire en qualité, l'accessibilité pose problème pour beaucoup de produits.

''Chers, parfois même trop'', s'écrie ainsi Fatoumata Sylla, rencontrée, juste à sa sortie d'une pharmacie à Biscuiterie. D’après cette quinquagénaire, les prix des médicaments sont chers comparés au pouvoir d’achat du Sénégalais lambda.

Pour la dame Fatoumata Sylla, les charges deviennent plus lourdes s’il faut prendre en compte les frais à payer dans les hôpitaux ou autres structures sanitaires. Conséquence, Mme Sylla préfère acheter du paracétamol quand elle a des maux de tête, plutôt que d’aller se faire prescrire une ordonnance. De même, Aïssata Diop se plaint des coûts des médicaments. Depuis deux ans, confie-t-elle, elle vit avec une sœur malade. Au jour de la rencontre, elle venait juste de sortir d'une pharmacie. ''Chaque jour, je paie des ordonnances et c’est trop cher’’, dit-elle. De l'avis d'Amadou Ndongo, si certains ont peur d’aller à l’hôpital pour se faire consulter, c’est à cause de la cherté de l’ordonnance. Car, avance-t-il, certains patients n’arrivent pas à se  payer une ordonnance. ''Après la réduction des prix des denrées de première nécessité, l’Etat doit commencer une nouvelle politique de réduction des prix des médicaments. Les populations n’arrivent pas à acheter des médicaments, car ils sont chers'', plaide Amadou Ndongo. D'ailleurs, relève-t-il, si les remèdes de la rue et de la pharmacopée traditionnelle prennent de l’ampleur au Sénégal, c’est surtout dû à la ‘’cherté des médicaments essentiels’’.

127 fois plus cher que la référence internationale

En effet, d’après une enquête réalisée en 2005 sur les prix des médicaments au Sénégal, ces prix sont très élevés, jusqu'à... 127,3 fois plus par rapport aux prix de référence internationaux (PRI). ‘’Au Sénégal, 26,3% de la population vit avec moins de 1 dollar US par jour. Et les prix des médicaments élevés rendent les médicaments essentiels inaccessibles encore pour beaucoup de populations’’, note l’enquête réalisée par la Société de formation et d’assistance en gestion industrielle et pharmaceutique (SOFAGIP), en se basant sur une méthodologie développée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Health Action International (HAI). Une autre étude similaire, faite en mars 2006 par le professeur Mamadou Ngom, autour des questions : ‘’Quel est le prix des médicaments au Sénégal ? Quel est la disponibilité de ces médicaments ? Quel est le niveau des différentes marges qui contribuent aux prix de détail des médicaments ?'', montre, que 33 médicaments génériques inclus dans l’analyse sont achetés 1,62 fois plus cher que les prix de référence internationaux (PRI).

De fait, l’enquête réalisée par la SOFAGIP sur le coût des médicaments montre que la cherté des prix a comme conséquence : ‘’le recours à des filières d’approvisionnement non contrôlées, de qualités douteuses et non recommandables (marchés illicites, tradipraticiens)’’.

‘’Beaucoup sont à la portée des clients’’

Du côté des pharmaciens, l'on relativise cette cherté des médicaments. ''Beaucoup sont à la portée des clients'', soutient M. Badiane, gérant de la pharmacie Djadji Abdou Diodio. ''Les médicaments sont complexes. Mais tout dépend de l’état de santé des clients. Si c’est une maladie très grave, c’est des fois coûteux, mais si elle est moins grave, l’ordonnance coûte moins cher’’, explique-t-il.

A en croire Alia Thiam, gérant de la pharmacie Ben Tally, à longueur de journée, des gens se présentent avec leurs ordonnances. Mais il suffit de leur faire l'addition des prescriptions pour les voir écarquiller les yeux. ‘’Ils nous demandent de leur vendre le plus souvent des génériques. Mais s’il s’agit de spécialités, on ne peut pas le vendre en générique'', explique Dr Thiam.

Selon ces pharmaciens, la vente de médicaments relève d’une question de santé publique. En outre, ajoute M. Diagne, le plus jeune, ‘’l’ensemble des médicaments que nous vendons le sont par prescription ou par conseil. Parfois, il arrive que des malades viennent directement à la pharmacie pour demander des conseils. Et selon la gravité de la maladie et des moyens, nous leur vendons directement des médicaments’’, informe-t-il.

‘’Tu vois ces trois produits (et il les pose sur la table), Laridox coûte 515 F, Maloxine 590 F et Fansidar 1139 F. Il y a une grande différence dans les prix, pourtant c’est la même chose. Si un client n’a pas les moyens, on lui vend le moins cher. C’est la même chose entre le paracétamol et l’Efferalgan’’, dit Abdou Razak Sall, gérant de la Pharmacie du Grand-Dakar.

Des produits déjà en baisse

A en croire le Dr Alia Thiam, il y aurait déjà une réduction des prix sur plusieurs médicaments. Il cite, par exemple, le Staphypen, qui de  4000 FCfa auparavant serait passé depuis presque deux mois à 3151 FCFa. Idem pour le Célestine 2mg, passé de 4387 à 3088 FCfa. Abdou Razak Sall ajoute que le Binoclar qui était vendu à 15000 coûterait aujourd’hui 11000 FCfa, soit une baisse de 26%, alors que l’Amobilin coûte aujourd’hui 3498 contre 10406 FCfa.

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