Publié le 3 Dec 2013 - 19:12
PROFIL…ADAMA SARR, ARTISTE-MUSICIEN

Soliste au nom du père et du fils

 

Depuis 1985, les notes de guitare d’Adama Sarr ‘’Ceebu jen’’ accompagnent la voix harmonieuse de Thione Ballago Seck au sein du Raam-daan. Aujourd’hui, la dextérité de ce musicien discret fait le charme de la musique de Wally Ballago Seck.

 

Sur la scène du Penc-mi, du grand théâtre et partout où Wally Ballago Seck se produit avec le Raam-daan, le doyen Adama Sarr est présent avec sa silhouette frêle. La plupart du temps coiffé d’une casquette et paré de sa paire de lunettes, le soliste, âgé de 54 ans, est souvent trahi par les notes que distille sa guitare. Musicalement impliqué dans tous les spectacles qui ont fait la promotion et le succès de ‘’Louné’’, le dernier opus de Wally Ballago Seck, il réaffirme sa loyauté à Thione Ballago Seck, après vingt-sept années de compagnonnage. D’une simplicité naturelle, Adama Sarr n’est pas pour autant un inconnu, dans le paysage musical sénégalais.

Recruté par Thione Ballago Seck, après le départ de Feu Daouda Gassama, un autre soliste de renommée et transfuge du Super étoile de Youssou Ndour, Adama Sarr enregistre ‘’Aïda souka’’, son premier album  avec le Raam daan, en 1985. ‘’Avec Adama Faye, nous avons réalisé de beaux arrangements», rappelle le soliste. En complicité avec  Secka à la basse, Baba Hamdy au clavier, Farba Sène à la percussion, Adama Sarr va contribuer à donner une audience à la musique de Thione Ballago Seck.

Pour son sobriquet Ceebu jen, l’artiste explique :’’Un jour, les musiciens du Raam daan étaient invités à un déjeuner chez Thione Seck. Comme j’étais le dernier à quitter la table, Feu Secka, notre bassiste, m’a rebaptisé Adama Sarr Ceebu jen, ce jour-là.’’  En 1991, Thione Ballago Seck, le leader du Raam daan présentait ce Foutanké d’origine peulh répondant à un patronyme sérère aux sénégalais sur l’intro de son tube Daaly, enregistré au studio Harrison de Paris et produit par le label Syllart production. La dextérité d’Adama Sarr s’est surtout révélée, telle une marque indélébile de la musique sénégalaise, avec le tube Mathiou.

Une constance musicale

Après six années d’études agricoles entre Yeumbeul et Cambrène, sanctionnées par un diplôme d’horticulture, Adama Sarr n’hésite pas à embrasser une carrière musicale dans son jeune âge. Il commence à chanter sur la musique Salsa et le Rythme and Blues, avec le MG expérience de Thiaroye, monté par ses oncles Samba et Mamadou Bâ. Séduit par les mélodies électriques des virtuoses de la guitare, tels que Jimmy Hendrix et Carlos Santana, Adama s’essaie à la guitare pour les imiter.

Boosté par son envie de devenir un grand musicien, il profite de/ l’éclatement du MG expérience pour apprendre le solfège. Musicien autodidacte, il rejoint le Thiossane orchestra du batteur Jo Sembene et du chanteur Ousseynou, en 1976. De son passage au sein de cette formation musicale, Adama Sarr garde ses notes de guitare qui ont donné le ton harmonieux et solennel de la chanson Thiossan qui était le générique de l’émission Télé variété présentée par le doyen Maguette Wade, sur l’Office de radiodiffusion et télévision du Sénégal (actuelle RTS1).

Quatre ans plus tard, le Thiossane disparaît à son tour  de la scène musicale. Par la suite, Paul Diakhaté, le promoteur culturel de Kaolack. recrute Adama Sarr, Zale Seck et Sidiki Kouyaté pour créer le Mayombé. L’éphémère existence du Mayombé oblige Adama Sarr à accepter de rejoindre enfin l’orchestra Baobab, en 1981 qui le sollicitait. Mais son chemin ne croisera pas celui de Thione Ballago Seck, sous l’ombre du géant baobab musical. ‘’Thione était parti en Europe et il avait laissé sa place à Mapenda Seck, son jeune frère. Au Baobab, il y avait la quasi-totalité des actuels membres.

On jouait régulièrement au Ngalam», rapporte le doyen du Raam daan. Motivé par l’ambition de devenir un grand musicien, Adama Sarr a su faire preuve d’une constance musicale. Le résultat  de ses nombreuses expériences est à chercher dans la musique du Raam daan.

Almami Camara

 

Section: 
LITTÉRATURE – AMOUR, TRANSPARENCE, CONFIANCE, CONTRÔLE… « L’Équilibre du cœur » suscite réflexion
20 ANS D’AFRICULTURBAN Le hip-hop sénégalais sur le piédestal
FESTIVAL REKK Le Sénégal s'enrichit d'un nouveau festival
RESTITUTION ARTISTIQUE AU GRAND-THÉÂTRE : Théâtre-forum et playback à l’honneur
TRANSPOSER L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE EN MILIEU PROFESSIONNEL... Sokhna Diaw développe le concept Teranga esprit
FEMMES INVISIBILISEES - RECITS OUBLIES : Le pari de PluriElles
16E EDITION DAK’ART : Enfin la date connue !
DISPARITION D’UNE ICONE : Seni Awa Camara, la sculptrice de la terre s’en est allée
TANIT D’OR JCC 2025 : Liti-Liti, une déclaration d’amour à l’humain
EXPOSITION ‘’TES VUES / MA VIE’’- FOLIE SUR LES RESEAUX SOCIAUX L’artiste Boubacar Diallo invite à l’introspection
COPIE PRIVÉE ET DROITS D’AUTEUR : L’État donne le signal, les artistes attendent les actes
CULTURE : Thiès accueille les trésors retrouvés du champ de bataille de Samba Sadio (1875)
Dalifort Hip Hop
50 ANS DE CARRIÈRE DE SOULEYMANE FAYE : Célébration d’un demi-siècle d’art et de sagesse sur scène
RENTRÉE SCOLAIRE 2025/2026 : L’U2PF mise sur l’égalité des chances
LIVRE – DJEMBERÉ, CELLE QUI CHANGE TOUT : Une résiliente face au chaos institutionnel et social
PROLIFÉRATION DES MÉDIAS ÉTRANGERS : Péril sur la souveraineté
ACCES 2025 : Le musique africaine rencontre le monde à Pretoria
TROISIEME EDITION FESTIVAL JOTAAY JI : Dakar a vibré aux voix du féminisme 
BARRIÈRES À L’AUTONOMISATION DES FEMMES : La plaidoirie de l’AJS