Publié le 28 Sep 2015 - 20:31
FRACTURES DANS LA COMMUNAUTE MUSULMANE

Le Président Sall invité à tenter le coup du Burkina au Sénégal 

 

Dans son sermon de la fête de l’Aïd al Kabir, Imam Mouhammad Habib Ly, de la mosquée de Liberté 6 Extension, a appelé le président de la République à s’investir dans la résolution des divergences inter-musulmanes relatives aux fêtes de Korité et de Tabaski, comme il vient de le faire dans la crise politico-militaire au Burkina Faso.

 

Si le président de la République a pu conduire une médiation entre les protagonistes de la crise politico-militaire survenue récemment au Burkina Faso, il doit pouvoir en faire de même dans son propre pays, au Sénégal, au sujet des divisions permanentes qui minent la communauté musulmane à propos des jours de célébration de Korité et Tabaski et ce, depuis plusieurs années. En substance, c’est l’espoir exprimé par l’imam Mouhammad Habib Ly dans son sermon prononcé jeudi dernier à la mosquée « Salam » de Liberté 6 Extension. Pourquoi le président de la République ? Parce qu’il a non seulement les moyens de le faire au regard de son statut élevé, mais aussi parce qu’il en a le devoir en tant que musulman, a expliqué l’imam devant une foule de fidèles hommes, femmes et enfants. « Cet acte (d’aider à réunifier les rangs des musulmans) fait partie de la foi en Dieu », a-t-il ajouté.

« Jour de Tabaski dans le monde entier, en Afrique, dans la sous-région ouest-africaine… Le mal sénégalais est unique et profond », s’est désolé l’imam qui n’a pas manqué de faire le constat suivant : « Il y a problème dans les deux seules grandes fêtes que reconnaît l’Islam : la Korité et la Tabaski. Mais il n’y a jamais de problème quand il s’agit de célébrer d’autres fêtes… » que l’islam n’a pas établies.

Comme il l’avait indiqué dans des sermons précédents, l’imam de Liberté 6 Extension a exhorté, outre le chef de l’Etat et le gouvernement sénégalais, les savants, chefs religieux et toutes bonnes volontés à prendre en charge cette question, mais pas de n’importe quelle manière. « Puisque la question des jours de prières de Korité et de Tabaski est une question strictement islamique, toute démarche visant à organiser les retrouvailles entre musulmans doit prendre en référence les textes islamiques reconnus comme authentiques », a prévenu l’imam Ly.

Une précision qui lui a permis ensuite de fustiger les « savants » médiatiques qui, à court d’arguments, finissent par invoquer la loi du nombre pour appeler « les autres » à les rejoindre. Considérant cette posture comme « absurde », il a expliqué qu’une majorité de personnes n’a pas toujours forcément raison sur une minorité, comme cela existe en démocratie.

Dans la deuxième partie de son discours de Tabaski, imam Habib Ly a revisité les éléments essentiels du sermon d’adieu du Prophète Mouhammad (PSL) sur la station du mont Arafat. Occasion pour lui de rappeler l’inviolabilité de la vie, du sang et des biens du musulman, et le devoir pour tous les humains de ne pas retourner à l’obscurantisme des périodes pré-islamiques. 

GASTON COLY

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